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Finkielkraut, l’homme qui sait compter les nègres - [Le site de Sindibad]
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La Position du penseur couché. Répliques à Alain Finkielkraut

Finkielkraut, l’homme qui sait compter les nègres

mercredi 21 février 2007

Finkielkraut, l’homme qui sait compter les nègres

La Position du penseur couché. Répliques à Alain Finkielkraut

Ce livre de Sébastien Fontenelle est une démonstration implacable de l’imposture d’un des intellectuels les plus médiatiques de France. Un coup de sang et de colère contre l’impunité totale dont bénéficie Finkielkraut dans les médias, jamais sanctionné pour ses propos haineux et ses déclarations immondes. Un pamphlet à savourer, un régal. Un livre à lire absolument.

Les "dérapages" d’Alain Finkielkraut sont tellement nombreux qu’il faut être naïf pour penser qu’il ne s’agit que d’un ensemble de « propos sortis de leur contexte ». Finkielkraut est un raciste qu’il faut dénoncer sans aucune complaisance. Jugez-en par vous-même :

• En novembre 2005, Finkielkraut avait estimé que la crise des banlieues était "une révolte à caractère ethnico religieux"."En France, on voudrait bien réduire les émeutes à leur niveau social. Voir en elles une révolte de jeunes de banlieues contre leur situation, la discrimination dont ils souffrent et contre le chômage. Le problème est que la plupart de ces jeunes sont noirs ou arabes et s’identifient à l’islam", avait-il ajouté.

• A propos de l’équipe de football française : "On nous dit que l’équipe de France est adorée par tous parce qu’elle est black blanc beur, en fait aujourd’hui elle est black, black, black ce qui fait ricaner toute l’Europe", avait-il encore dit.

• Finkielkraut s’en prenait ainsi le 6 mars 2005 aux Antillais sur Radio RCJ en parlant des " victimes antillaises de l’esclavage qui vivent aujourd’hui de l’assistance de la Métropole".

• Le même jour, entre 18h30 et 19h30, sur Radio Shalom, M. FINKIELKRAUT s’en prenait à la " créolité " : "J’ai peur néanmoins que la créolité puisse aussi servir à entretenir, outre la haine de la France coloniale, la haine d’Israël, Etat juif si vous voulez, c’est-à-dire Etat non créole, non métissé."

• Une semaine plus tard sur RCJ, parlant des manifestations lycéennes contre la Loi Fillon, et après avoir signé un tract odieux accusant les jeunes de banlieues de se livrer à " des ratonnades de blancs" , il réitère : "Les casseurs dans les manifestations autrefois c’était les anarchistes, ceux qui en voulaient, dont les revendications étaient plus radicales que les autres, ensuite ils se servaient des... manifestations comme d’un bouclier pour piller les vitrines, maintenant, ils cassent du lycéen et en général, du lycéen français de souche aussi."

C’est avec une extrême constance que A.F. se fait le pourfendeur du « métissage » et de la « société multiraciale », l’apôtre de la "pureté". Impossibilité proclamée de la coexistence entre groupes humains différents dans un même Etat, sont des propos qui reviennent depuis des années dans la bouche et sous la plume de Finkielkraut. Des concepts qui rappellent certaines idéologies qui font froid dans le dos. Prenons ses propos sur Israël. Pour Alain Finkielkraut, ce n’est pas l’occupation qui rend l’Etat d’Israël détestable, on en veut aux juifs de ne pas se "mélanger", explique-t-il : « Pour être les contemporains de leur temps, Palestiniens et Israéliens devraient, à l’image des Européens, se mélanger les uns aux autres. Et voilà ces juifs qui veulent rester juifs et former un Etat juif » (Le Point du 3 /10/2003)

« Le métissage est la valeur suprême de l’antiracisme contemporain, son maître mot, sa réponse à la préférence nationale et à l’universalisme conquérant (...). Sous le nom de métissage, l’Occidental éclairé s’adonne à toutes les expériences, à toutes les aventures, à toutes les hybridations ». (AF Les Battements du monde, op. cité, p. 48).

Au début des années 90, Alain Finkielkraut tenait déjà un raisonnement tout à fait analogue à propos des Croates : « Anachroniques Croates ! » s’exclamait- il. « Ils ne sont politically correct ni pour les citoyens de la biosphère ni pour ceux de la vidéosphère. Ils se déyougoslavisent au moment où l’humanité voit dans la Yougoslavie la forme de sa maturité et l’image de son avenir. Leur crime impardonnable, autrement dit, est de ne pas être de bons contemporains ». Car, expliquait-il, « Ce que reprochent aujourd’hui les tenants de la démocratie postnationale aux peuples de la mosaïque yougoslave...c’est de vouloir être slovènes ou croates quand nous sommes tous blacks - blancs - beurs ; c’est de succomber au virus de la fragmentation alors qu’il n’y a plus qu’une seule communauté de destin sur la terre : celle qui unit tous les membres de l’espèce humaine entre eux ». « Si je n’avais pas été juif moi-même, peut-être n’aurais pas mis autant d’ardeur et d’insistance à défendre la Croatie. Mais comme le dit admirablement Péguy dans Notre jeunesse : plus nous avons du passé derrière nous, plus justement il faut le défendre, le garder pur, il m’a paru indispensable de refuser la bénédiction de la mémoire juive à la Serbie conquérante". (Alain Finkielkraut, Comment peut-on être croate ? Gallimard, Paris, 1992.)

"Le refus du métissage au nom d’un passé mythique qu’il faudrait conserver amène Alain Finkielkraut à refuser d’envisager la possibilité d’une coexistence pacifique entre Serbes et Croates au sein d’un même Etat unifié, la Yougoslavie, de la même façon qu’il lui permet aujourd’hui d’écarter la possibilité d’une coexistence entre Arabes et Juifs dans un même Etat en raison de l’altérité supposée irréductible des Arabes", analyse Marc-Antoine Coppo qui souligne cette autre phrase abominable de Finkielkraut : "Ma judéité m’a réveillé du grand sommeil de l’antinazisme ». ("Les battements du monde" op.cité. pp 240-241).

Le livre de Fontenelle est nécessaire et fait honneur à ce journaliste dont il faut saluer le courage, car il n’est jamais facile de s’en prendre à un « nos intellectuels médiatiques ».

Pour le plaisir, voici un extrait de ce livre que je vous recommande et dont je vous fais partager quelques extraits.

« Le racisme n’est pas uniforme, dans ses manifestations. Tous les xénophobes n’expriment pas leurs détestations de la même façon, uniment. Il y a des racistes rustiques, et d’autres, mieux élevés, qui lèvent le petit doigt, au moment de cracher leur fiel.

Ceux qui n’aiment pas les Noirs, par exemple, ou qui à tout le moins n’aiment pas que les Noirs soient trop nombreux au sein d’une société (même réduite), ne parlent pas d’une seule et même voix. Ils disent tous la même chose, mais il y’en a qui hurlent, et d’autres qui, par contraste, semblent chuchoter.

Vous avez ceux qui dans les tribunes, pendant un match de football, vont se montrer bruyamment haineux. Comme cette « fraction » du public parisien qui « se vautre explicitement dans le crétinisme et la xénophobie » en poussant « des cris de singes » sitôt qu’un joueur noir évolue sur le terrain- soit « une soixantaine d’abrutis », qui ont même brandi un jour « une banderole "Allez les Blancs" » .

Gros niveau…Quel message nous transmettent ces distingués supporters ? Il y a trop de Noirs sur le terrain. Trop de Noirs, dans les équipes de foot.

Puis vous avez ce philosophe, qui dit, au fond, exactement la même chose, mais posément, mais sans crier, comme il sied aux penseurs. Alain Finkielkraut raisonne exactement comme ces hooligans du PSG, lorsqu’il déclare : « On nous dit que l’équipe de France est admirée parce qu’elle est black – blanc – beur. En fait, aujourd’hui, elle est black – black – black, ce qui fait ricaner toute l’Europe. »

Notre philosophe a l’ouïe fine. Notre philosophe, et lui seul, perçoit le « ricanement » de « toute l’Europe ». L’Europe ricane. L’Europe se moque de nous, français. Parce qu’il y a tellement de Noirs, dans notre équipe nationale de football. C’est un philosophe qui nous le dit. Un homme dont le métier n’est pas, en théorie, de raconter n’importe quoi.

L’Europe, nous dit-il, se moque de nous parce que nous sommes ridicules. Et pourquoi sommes-nous ridicules ? Pace que l’équipe de France est « black – black - black ».Toute noire. Pleine – trop pleine – de Nègres. Notre philosophe le sait. Notre philosophe les a comptés. Alain Finkielkraut a compté les Nègres, sur le terrain, la dernière fois que l’équipe de France a disputé un match amical. Son verdict – implacable ? Trop de Noirs. Tellement trop de Noirs, que c’est est ridicule. La preuve ? Ça fait ricaner « toute l’Europe », soit au bas mot, 200 millions d’individus. Ou si vous référez : 200 millions de racistes. Car il faut l’être, assez profondément pour compter lez Noirs (comme ‘autres, nous le verrons, comptent les juifs), et pour les trouver trop nombreux en certains endroits.

Alain Finkielkraut les compte, lui, sur les terrains de foot. Alain Finkielkraut ne compte pas les joueurs blancs de l’équipe de France de Handball, ni se désole (donc) du côté ridicule de cette équipe de hand « blanche – blanche – blanche ». Alain Finkielkraut compte les « Bleus » noirs, et les trouve trop nombreux.

En cela, il rejoint, au moment de formuler son affreux diagnostic, les soixante « abrutis » qui, au parc des Princes, aimeraient voir beaucoup plus de blanc, dans toute cette noirceur, lorsque leur équipe joue.

La jeunesse qui, dans les stades, « se vautre explicitement dans le crétinisme et la xénophobie » ne s’y trompe d’ailleurs pas : Finkielkraut est devenu, par la seule grâce de ses propos sur l’équipe de France « black – black – black », un maître à penser de la « fraction » raciste des supportes du PSG, comme le prouvent les commentaires qu’ils échangent sur le Net, après la saillie du philosophe.

« Il y a des trucs vraiment bien là-dedans », écrit l’un.

« Ce type est vraiment bien », répond l’autre.

Ces louanges voisinent, sur le site où je les ai relevées, avec des propos moins directement nuancés (« au four, sieg, white power »), des blagues un peu épaisses (« Ein Volk, Ein Reich, Heineken ») et des communiqués du bloc Identitaire, groupuscule d’extrême droite : les nouveaux admirateurs d’Alain Finkielkraut sont un peu rugueux, dans leur approche de la philosophie émancipatrice…

Nicolas Sarkozy, plus sobre, formule de son côté cet émouvant hommage :

« Monsieur Finkielkraut est un intellectuel qui fait honneur à l’intelligence française et s’il y a tant de personnes qui le critiquent, c’est peut-être parce qu’il dit des choses justes. Lui ne se croit pas obligé de défendre cette pensée unique qui n’a eu comme seul résultat que de porter le Front national à 24 %. Voilà le seul résultat de tous ces bien-pensants qui vivent dans un salon entre Le Café de Flore et le boulevard Saint-Germain, et qui s’étonnent que la France leur ressemble si peu » …

(Noter, ici, la minuscule manipulation qui stigmatise comme « bien-pensants » les nigauds qui ne partageraient pas les (« justes ») points de vue du philosophe désinhibé sur les Noirs, les banlieues et l’antiracisme : le procédé, pour affligeant qu’il puisse paraître, sera maintes fois réutilisé par ceux-là mêmes qui n’ont finalement, pour défendre l’indéfendable, plus que le misérable prétexte de leur prétendu iconoclasme…)


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