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Etre ou ne pas être « otage français »… - [Le site de Sindibad]
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Salah Hamouri, l’otage ignoré par l’Etat français

Etre ou ne pas être « otage français »…

Il y a des français plus égaux que d’autres !!
dimanche 16 octobre 2011

Etre ou ne pas être « otage français »…

Par Shajar Al-Durr, pour l’Agence Média Palestine

Vous l’avez sans doute remarqué si vous écoutez RFI (Radio France Internationale) : la chaîne n’a de cesse de rappeler au souvenir de ses auditeurs, à chaque journal, les « neuf otages français détenus à travers le monde ». Une initiative louable qui doit sans doute, ne serait-ce qu’en partie, au témoignage et à la reconnaissance des deux journalistes français ex-otages en Afghanistan Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier. Ces derniers ont en effet souligné le soutien moral que ces rappels leur apportaient durant leur période de détention, RFI étant quasiment le seul lien qu’ils avaient avec le monde extérieur. Un hommage dont la chaîne peut tirer une fierté légitime.

Seulement, voilà qu’aux yeux de la rédaction de la chaîne, tous les otages français ne se valent visiblement pas. Ainsi, à chaque rappel, les neuf individus dont il est question sont répartis entre le Sahel, la Somalie, le Yémen et la bande de Gaza (recensement adopté également par le site Otages du Monde . Bien que les journalistes ne citent pas de nom, on devine bien qu’il s’agit pour ce dernier cas de Gilad Shalit, soldat franco-israélien qui a été enlevé par un commando palestinien le 25 juin 2006 et qui est depuis détenu dans la bande de Gaza. On est d’abord en droit de se demander par quel glissement de sens un militaire enlevé pendant le service dans un pays qui est officiellement –et ce depuis sa création- en état de guerre devient un « otage » et non un prisonnier de guerre.

Et puis, sitôt ce premier constat établi, une autre question, plus essentielle, surgit : quid de Salah Hamouri ? Pourquoi ne figure-t-il pas dans la liste des neuf otages cités par RFI ? Le jeune homme de 26 ans est en effet injustement détenu en Israël depuis 2005 pour « avoir projeté de tuer le rabbin Ovadia Yossef » au motif qu’il était passé en voiture devant la maison de ce dernier et pour « appartenance au Front populaire de libération de la Palestine ». Il purge actuellement une peine de sept ans prononcée par le tribunal militaire israélien. Cette arrestation n’est pas la première dont est victime Salah Hamouri, sans parler de ses conditions de détention (cellule d’isolement, etc).

Résumons donc les faits : d’un côté, un militaire franco-israélien considéré comme otage français et non prisonnier de guerre. De l’autre, un civil franco-palestinien arbitrairement condamné par l’appareil militaire israélien et dont la France ne réclame nullement la libération. La famille Hamouri n’a jamais vu une affiche à l’effigie de son fils sur la devanture de la mairie du XVIe arrondissement à Paris et n’a jamais eu droit non plus non plus au soutien infaillible des plus hauts responsables de la classe politique française . Le bi-nationalisme revendiqué dans le cas de Gilad Shalit est soigneusement omis dans celui de Salah Hamouri. Quoi de plus surprenant quand on sait que l’un des détracteurs les plus virulents de la question du bi-nationalisme en France n’est autre que Claude Goasguen, président du groupe parlementaire d’amitié France-Israël et maire du XVIe arrondissement depuis mars 2008. Voudrait-on pousser la bonne foi jusqu’à parler de justice et non de prise d’otage dans le cas d’Hamouri, pourquoi sa détention ne suscite-t-elle pas le tollé provoqué par la condamnation de Florence Cassez au Mexique et qui a conduit jusqu’à l’annulation de l’organisation de l’année du Mexique en France ? Un militantisme à géométrie variable dont RFI se fait malheureusement l’écho.

Shajar Al-Durr – Agence Média Palestine


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