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Libérez Sami Al Haj : L'insupportable silence de RSF - [Le site de Sindibad]
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Libérez Sami Al Haj : L’insupportable silence de RSF

mercredi 10 janvier 2007

Vous avez tous entendu parler de ce photographe péruvien enlevé, à Gaza, par un groupe armé palestinien qui l’a retenu quelques jours avant de le libérer. A peine la nouvelle connue que Reporters Sans Frontières et son intrépide responsable Robert Ménard appellent et mobilisent la presse pour l’obtention de sa libération, allant jusqu’à organiser un rassemblement de solidarité avec le reporter péruvien.

Vous n’avez jamais entendu parler de Sami Al Haj. Normal, c’est un journaliste arabe, en plus il a eu le tort de travailler pour Aljazeera, bête noire des américains amis de Robert Ménard et financeurs de son organisation. C’est donc, tout naturellement que Sami vient, dans l’indifférence générale, de fêter sa cinquième année de détention au goulag de Guantanamo.

Vous avez tous entendu parler de ce photographe péruvien enlevé, à Gaza, par un groupe armé palestinien qui l’a retenu quelques jours avant de le libérer. A peine la nouvelle connue que Reporters Sans Frontières et son intrépide responsable Robert Ménard appellent et mobilisent la presse pour l’obtention de sa libération, allant jusqu’à organiser un rassemblement de solidarité avec le reporter péruvien.

Vous n’avez jamais entendu parler de Sami Al Haj. Normal, c’est un journaliste arabe, en plus il a eu le tort de travailler pour Aljazeera, bête noire des américains, grands amis de Robert Ménard et financeurs de son organisation. C’est donc, tout naturellement que Sami vient, dans l’indifférence générale, de fêter sa cinquième année de détention au goulag de Gwantanamo.

Voici le récit de son arrestation et de sa détention. (Texte traduit par Leila et publié sur pris sur

http://www.oulala.net/Portail/artic...

La chaîne Aljazeera envoya en octobre 2001 son cameraman Sami Al Haj avec une équipe de journalistes en Afghanistan pour couvrir la guerre de Bush contre ce pays.

Après un transit obligatoire au Pakistan, l’équipe obtint un visa d’entrée en Afghanistan et put rejoindre Kandahar vers la fin d’octobre 2001. Lorsque la guerre éclata, ils se réfugièrent un moment à Qoueta au Pakistan le temps que les hostilités finissent. Dès la victoire des forces nordistes appuyées par les Américains et la prise du pouvoir par ces troupes, l’équipe des journalistes d’Aljazeera tenta de retourner à Kandahar après avoir prorogé leur visa d’entrée en Afghanistan.

Au moment de leur passage de la frontière à la mi-décembre 2001, les forces armées pakistanaises sur ordre des américains arrêtèrent Sami Al Haj et le leur remirent immédiatement. Et c’est à partir de ce moment que commença le cauchemar de Sami ; après l’avoir dépouillé de ses affaires, dénudé, couvert la tête, enchaîné les pieds et les mains, les américains jetèrent Sami dans un avion direction la prison américaine de Bagram en Afghanistan puis le transférèrent par la suite vers la base de Guantanamo (Cuba) le 13 juin 2002 où il reste incarcéré sans chef d’inculpation et sans aucune charge précise retenu contre lui jusqu’au jour d’aujourd’hui.

Son avocat, Clive Stafford Smith, précise que l’incarcération illégale de Sami par les américains ainsi que la condamnation de Tayssir Allouni, journaliste vedette de la chaîne Aljazeera, par la justice espagnole à sept ans de prison ferme font partie des diverses pressions américaines exercées sur cette chaîne. D’après ce même avocat, les Américains ont offert la liberté à Sami en contrepartie de sa collaboration avec leur service secret ; il devait leur fournir des informations sur les journalistes de la chaîne arabe ainsi que leurs tendances politiques, chose que Sami a toujours refusée. Le quotidien britannique The Guardian, a, lui aussi, révélé le 26 septembre 2005, que Sami Al Haj aurait reçu des autorités américaines la promesse d’une libération et l’octroi d’un passeport américain s’il consentait à espionner sa propre chaîne pour le compte de Washington.

Aujourd’hui, Sami Al Haj entame sa cinquième année de détention dans cette zone de non droit, soumise au bon vouloir des autorités américaines ; il souffre d’un cancer et ne reçoit aucun traitement. Son état s’est considérablement dégradé et son avocat affirme qu’il ne l’a jamais vu dans un tel état de désespoir, d’accablement et de douleur profonde. « Sami Al Haj est très déprimé. Pour la première fois, devant moi, il a même parlé de suicide. De plus, il doit toujours suivre un traitement pour son cancer de la gorge que les autorités américaines refusent de lui donner. Il souffre également du genou. » Rapporte Clive Stafford Smith, le 11 avril 2006.

Sami Al Haj, prisonnier numéro 345, n’a eu aucun contact ni avec son fils Mohammed ni avec sa famille depuis son incarcération et les tortures et les traitements cruels qu’il subit dépassent l’imaginable.

Quand la torture devient un « art »

Les moyens de torture contre les prisonniers de ce bagne sont sans limites et leurs geôliers s’ingénient à innover et varier leurs méthodes de supplice.

Les experts en torture de Guantanamo œuvrent en collaboration étroite avec le groupe appelé The Behavorial Science Consultation Team (Équipe de consultation de la science du comportement), surnommé "Biscuit".

Sami Al Haj rapporte certaines exactions répétées qui sont devenues presque routinières : outre les châtiments corporels cruels, les détenus sont soumis à des privations de sommeil et à des tortures psychologiques.

Les sévices à caractère sexuel infligés aux prisonniers sont une des formes de torture privilégiée : des chiens sont mis à proximité des parties génitales de suppliciés afin de les terroriser, les geôlières s’adonnent à des attouchements des organes sexuels des détenus ou encore les enquêteurs pratiquent les rapports sexuels devant leurs captifs, les aspergent par du sang menstruel, par l’urine ou par une purée de piments forts, des prisonniers sont obligés à uriner ou à déféquer sur eux-mêmes.

Sami ajoute qu’il est souvent mis pendant de longues périodes dans des positions douloureuses mains et pieds entravés par de chaînes qui lui raclent la peau ; de même, il est fréquemment privé d’eau et de nourriture ; il a aussi rapporté qu’on l’exposait à des températures extrêmes et à des sons ultra violents, il cite aussi les nombreuses fois où il a été confiné dans des lieues surchauffés puis exposé brutalement à des températures très basses.

Sami décrit ces journées glaciales où il restait debout accroché à un grillage et lorsque, grelottant de froid, il urinait sur lui-même, les soldats éclataient de rire et se moquaient de lui.

Il parle aussi de ces longues semaines passées sur un lit de fer sans matelas ni couvertures. Le malheureux ne compte plus le nombre de jours où après lui avoir arroser les yeux d’un produit chimique brûlant, les sadiques le rossaient, l’enchaînaient, le dénudaient puis l’obligeaient à rester assis des journées entières sans bouger.

L’imagination des tortionnaires est sans limite et est à la hauteur de leur quotient intellectuel, ils obligent les prisonniers à se mettre à quatre pattes afin de les chevaucher jouant ainsi aux cow-boys. Les détenus sont souvent placés en isolement prolongé sous des projecteurs de forte puissance puis soumis à des interrogatoires musclés et si par malheur, la personne interrogée venait à vomir, les geôliers s’acharnaient sur le malheureux supplicié pour lui faire ravaler son vomi. Sans compter les profanations répétées du Coran et l’emmaillotement des prisonniers dans le drapeau israélien.

Sami raconte le cas du saoudien Al Kahtani qui a été interrogé pendant 50 jours consécutifs ; privé de sommeil, lorsqu’il s’endormait, les enquêteurs versaient de l’eau glacée sur lui et lui faisaient écouter une musique très forte. Ils le mirent nu, l’obligèrent à aboyer et ont accroché des photos de femmes nues autour de son coup. Epuisé, il demanda à se suicider puis a finalement proposé aux Américains de devenir leur espion en contrepartie de sa libération.

Sami rapporte que les détenus de couleur subissent, de plus, des discriminations raciales de la part des geôliers blancs. Ainsi, l’ougandais Jamel Kyiumba, l’enfant tchadien Youssef, le britannique d’origine caribéenne Jamel Bilmar et lui-même (Sami étant soudanais) sont victimes d’insultes racistes et leur temps de récréation est inférieur à celui des autres détenus blancs.

Les médecins de l’horreur

Les prisonniers de ce goulag du 21ème siècle sont privés de soins dignes de ce nom.

Les médecins du camp de détention ne sont qu’un alibi et entrent dans le dispositif de torture mis en place par les Etats-Unis. Leur rôle est de seconder les geôliers pour soutirer d’hypothétiques informations aux prisonniers.

Dans chaque cellule, on entend les gémissements plaintifs des prisonniers malades, Najib le Marocain, se plaint toujours de son bras cassé depuis 2001 lors de la répression sanglante de la mutinerie de prisonniers au fort de Qala-e-Jangi, près de Mazâr-e charif en Afghanistan.

Abou Ahmed le Libyen souffre d’une pathologie du foie, mais n’a toujours pas reçu de traitement, Abd Al Hadi le Syrien traîne une maladie cardiaque non soignée et Abd Al Aziz l’égyptien est devenu handicapé suite à des coups violents portés par une équipe d’intervention dans sa cellule.

Quant à ceux qui ont eu le privilège de bénéficier d’une opération chirurgicale, tous ont vu leur état se dégrader, d’où la certitude chez les prisonniers que les opérations chirurgicales sont volontairement bâclées pour aggraver l’état des patients ; il y a le cas de Salah Mohammed Ali le yéménite, de Mishaal Al Harbi devenu paraplégique suite à une intervention chirurgicale, d’Omran Attaifi, qui a subi pas moins de 16 opérations sur sa jambe et à chaque opération son état s’empirait et bien d’autres.

Privés de tout moyen d’hygiène dentaire, les prisonniers souffrent de maux de dents chroniques.

Lorsque les geôliers décident, dans leur grande mansuétude, d’emmener le malade chez le dentiste en échange, bien entendu, de sa coopération, le supposé chirurgien-dentiste pratique à la « perfection » son travail : il extrait les dents saines pour laisser les dents malades ; c’est le cas de Habib à qui l’on a enlevé quatre dents saines et on lui a laissé intactes les dents malades.

L’invention sublime des médecins de ce goulag moderne est la thérapie par l’eau. Oui, vous avez bien lu, l’eau est administrée comme traitement à tous les maux, à tel point que lorsqu’un prisonnier demande d’aller aux urgences, le gardien se substitue volontairement au médecin et y va de son conseil : prends une gorgée d’eau et ça ira mieux.

Lorsque le jeune germano-turc Morat Kournaz repoussa les avances d’une enquêteuse, les médecins lui injectèrent un produit mystérieux, depuis ce jour il est devenu impotent.

Mohammed Al Afghani et Mohammed Alam ont contracté un cancer dans ce camp d’internement. Ils ne reçurent aucun soin et dès qu’ils atteignirent la phase finale, ils furent renvoyés dans leurs pays d’origine pour y mourir.

Dans ces conditions, il devient presque ridicule d’évoquer le cas d’Alla l’Égyptien qui souffre d’une très forte myopie, mais reste sans lunettes de correction.

Sami parle de ces médicaments et vaccins étranges administrés de force aux prisonniers : il s’agit d’injection de substances inconnues. Les prisonniers se demandent s’il s’agit d’expérimentations de la part de leurs bourreaux ou d’une intention délibérée de provoquer des maladies telles le cancer, les déficiences immunitaires et autres pathologies pour les tuer à petit feu.

« Pourquoi suis-je dans ce lieu, qu’ai-je fait pour vivre cet enfer ? » écrivait Sami dans sa dernière lettre adressée à son avocat, « Les dépositaires de la « défense » des droits de l’homme peuvent-ils répondre à ces questions qui me taraudent jour et nuit ? » conclut-il sa lettre.

Ce texte est une synthèse d’un dossier sur Sami Al Haj publié sur le site arabophone d’Aljazeera

Réalisation et traduction de l’arabe par Leila Salem

Adresse pour envoyer des lettres de solidarité avec Sami :

freesami@aljazeera.net

Et adresses pour écrire à son avocat, Monsieur Clive Stafford Smith :

info@reprieve.org.uk ou clivess@mac.com

Leila


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