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Une boussole dans la tempête. - [Le site de Sindibad]
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Découvert sur le site de Périphéries

Une boussole dans la tempête.

Par Mona Cholet
mardi 16 janvier 2007

Son engagement, Michel Warschawski le fonde sur une réflexion solide et sur une finesse d’analyse qui ajoutent encore à la valeur de son témoignage. Cela donne notamment un chapitre d’anthologie sur le « sioniste de gauche » empêtré dans ses contradictions : car il y a bien, dans le sionisme, une « contradiction interne entre projet socialiste ou du moins humaniste et un projet colonialiste qui, dans le noble but de bâtir un refuge pour les juifs persécutés, nie non seulement les droits les plus élémentaires, mais l’existence même d’une communauté indigène.

Sur la frontière, de Michel Warschawski

Une boussole dans la tempête

Fils du grand rabbin de Strasbourg, élevé dans une famille qui considérait que « l’identification avec les opprimés, les faibles et les humiliés faisait partie de son identité juive », et où « le soutien à l’indépendance algérienne était aussi évident que l’interdiction d’allumer la lumière le samedi », Michel Warschawski est parti à l’âge de seize ans poursuivre des études talmudiques à Jérusalem. « Jérusalem, pas Israël, précise-t-il d’emblée. Car j’avais bien senti qu’en Israël il y avait le centre israélien et la périphérie juive. Le centre, c’était Tel-Aviv : une ville moderne, laïque, occidentale. » Cette ville l’intimide tant, lors de sa première visite, que son cousin, qui y est né, le sermonne : « Cesse donc de te comporter comme un petit youpin, tu n’es pas à Strasbourg. » Ce qui lui fait dire : « C’est à Tel-Aviv que j’ai entendu pour la première fois une remarque antisémite. »

Jérusalem, en revanche, lui apparaît comme « le négatif d’Israël, un microcosme de la diaspora, un ghetto juif à la frontière entre Israël et le monde arabe ». Au fond, affirme-t-il, les dirigeants travaillistes méprisent la capitale : « Avec ses synagogues, ses quartiers ghettos et son marché oriental, ses juifs en caftan et en chapeau de fourrure, elle leur rappelait trop la diaspora qu’ils haïssaient. Mais moi, c’est précisément ce que les pères fondateurs d’Israël méprisaient qui m’attirait dans cette ville. » Cette situation, cependant, ne durera pas : « Le 6 juin 1967, les parachutistes du colonel Mota Gour allaient mettre fin à cette spécificité. (...) La conquête de Jérusalem-Est allait aussi signifier la normalisation de Jérusalem, sa “naturalisation” israélienne. »

Pour lui, la guerre des Six Jours est le grand tournant. L’épisode qui va déterminer son engagement futur se déroule à Hébron, où il séjourne avec des amis strasbourgeois en visite, peu après la victoire israélienne : « Tout fier d’être israélien, je promène ce groupe d’Alsaciens dans les rues d’une ville étrangère où je me sens non seulement chez moi, mais véritablement propriétaire des lieux. Et c’est à ce moment que je vois le regard soumis et humilié du commerçant arabe, à qui j’essaie de marchander une peau de mouton avec l’arrogance de tous les colons du monde. Comme un coup de poing en pleine figure, je prends conscience que cette fois l’opprimé c’est lui et que, moi, je me trouve de l’autre côté de la frontière, celui où se trouvent les forts, où se trouve le pouvoir. Et cette place je refuse de l’assumer, immédiatement, spontanément. Cette réaction n’avait rien d’idéologique ou de politique ; je continuais à croire que les Arabes étaient responsables de la guerre et les Israéliens dans leur bon droit. Mais de là à accepter d’être un occupant, je n’étais pas prêt à faire le pas : ma compassion allait, tout naturellement, vers l’occupé. J’ai eu la chance, dès ce soir-là, de trouver un soutien auprès de mon père, qui me dit : “Toute occupation est mauvaise et corrompt moralement ceux qui y prennent part, prions le ciel pour que celle-ci se termine le plus vite possible.” »

« Nous découvrions ce que la culture israélienne faisait tout pour nous cacher : notre environnement arabe, sa réalité, ses espoirs, ses contradictions »

Il adhère alors à Matzpen (« La Boussole »), un groupuscule d’extrême gauche qui développe une critique radicale du sionisme et qui noue des contacts « de l’autre côté », notamment à l’université de Bir Zeit, avec des Palestiniens qui partagent son désir de coopération : Michel Warschawski se liera ainsi bientôt d’amitié avec Hanane Ashrawi, Leïla Shahid ou Fayçal Husseini. « Nous découvrions ce que la culture israélienne faisait tout pour nous cacher : notre environnement arabe, sa réalité, ses espoirs, ses contradictions. Les Arabes que nous rencontrions commençaient, eux, à percevoir un autre Israël, plus compliqué que l’image unidimensionnelle qu’ils en avaient, plus prometteur aussi. » Il fait aussi la connaissance de celle qui va devenir sa compagne, Léa Tsemel, l’une des deux seules avocates israéliennes à défendre les combattants palestiniens. Pendant des années, ils vont vivre dans une extrême marginalité. Le jeune fils du couple entend régulièrement sa mère se faire traiter de « pute d’Arafat » ; dans la rue, on la prend à partie : elle rend les coups comme les insultes, et ses répliques, assure son mari, sont « d’une grossièreté à faire rougir plus d’un adjudant ».

Parallèlement à leur coopération avec des Palestiniens, les militants de Matzpen s’attachent à exacerber les contradictions internes à la société israélienne, afin d’accélérer leur éclatement inéluctable : contradictions « entre politique de colonisation et désir d’en finir avec la situation de guerre permanente, entre sionisme et laïcité, entre Etat juif et Etat démocratique, entre riches et pauvres, entre velléités de melting-pot culturel et permanence des diversités identitaires »... Leur isolement se rompt au moment de la guerre du Liban, en 1982, quand ils sont rejoints par la gauche modérée - qui les a longtemps désavoués avec virulence -, et que naît le premier grand mouvement des objecteurs de conscience, baptisé Yesh Gvoul, ce qui signifie à la fois « il y a une frontière » - la frontière entre le Liban et Israël - et « il y a une limite » - autrement dit : « ça suffit ». En 1984, Michel Warschawski fonde le Centre d’information alternative (AIC), qui emploie des collaborateurs tant palestiniens qu’israéliens, et qui produit de l’information en arabe sur Israël, et en hébreu sur les territoires palestiniens, afin d’améliorer la connaissance que les deux communautés ont l’une de l’autre.

Les brèches ouvertes par les pionniers de la gauche radicale, après s’être élargies à partir de la guerre du Liban, qui marque la fin du consensus national, et davantage encore avec l’éclatement de la première Intifada, en 1987, se sont aujourd’hui pratiquement refermées. Mais quelles que soient les fluctuations de l’opinion et de la psychologie israéliennes, dont il livre une description passionnante, Michel Warschawski reste fidèle, quant à lui, à la ligne de conduite qu’il s’est fixée. « Je n’ai jamais cru en une paix qui ne serait qu’une espèce d’absence de guerre, du genre : “Vous chez vous et nous chez nous, et foutez-nous la paix”, écrit-il. La paix israélo-palestinienne sera une paix de coopération, de coexistence, ou ne sera pas. Et cette coexistence, il faut commencer à la construire dès maintenant, par le dialogue, la coopération et la solidarité. Ces objectifs-là, on ne peut les réaliser au cœur du consensus, bien en sécurité au centre de notre société, voire de notre gauche bien-pensante. La coopération israélo-palestinienne se construit sur la frontière, et uniquement sur la frontière. Dès 1968, j’ai choisi de m’y placer ; de ce côté-ci, dans ma société à moi, mais aussi près que possible de l’autre société. »

Les pièges du tribalisme : « Deux ou trois guerres faites ensemble, cela pèse plus lourd que les divergences idéologiques »

Jamais il ne songe à rejoindre les rangs des combattants palestiniens, comme le font certains de ses camarades. Il se sent profondément israélien, et éprouve à l’égard de son groupe un fort sentiment de responsabilité. Il relève ce fait significatif : « Malgré de nombreuses années d’étude de la langue arabe, je n’ai jamais réussi à la parler, comme si, dans mes relations avec des Palestiniens, je voulais toujours marquer clairement qui j’étais, et surtout qui je n’étais pas et ne tentais pas d’être. Mais peut-être n’est-ce là qu’une mauvaise excuse à ce qui n’est qu’une impardonnable paresse intellectuelle... » En 1985, il est arrêté pour « liens et services rendus à une organisation terroriste » - le Front populaire de libération de la Palestine de George Habache ; l’AIC est fermé. Son procès, qui s’ouvre en 1987, dure deux ans. Comme son avocat a obtenu sa libération sous caution, il comparaît libre. Effectuant à la même époque ses périodes de réserve - il refuse simplement de servir dans les territoires occupés, « sauf sur la frontière » -, il lui arrive plusieurs fois de se rendre au tribunal en uniforme... Il définit ainsi sa stratégie et sa conception des choses : « Ne pas traverser la frontière, mais se situer à la lisière de la loi, entre le droit et l’interdit. Dans une démocratie, ce qui n’est pas explicitement interdit est légal. Se battre pour la démocratie interdit d’en rester à ce qui est ouvertement autorisé, il est impératif de tester la loi, d’occuper tout espace de liberté non explicitement interdit, et parfois aussi de mettre au défi la loi pour imposer de nouvelles libertés. Dans le domaine des libertés, tout espace délaissé est occupé par le pouvoir et ses interdits. »

Mais le plus difficile, dans ce choix de rester ancré dans la société israélienne, est de résister à la force du consensus qui y règne. L’armée est bien sûr essentielle dans la formation d’une « solidarité tribale » : « La fraternité entre jeunes qui ont passé ensemble trois années très intenses et qui ont souvent risqué leur vie l’un pour l’autre se prolonge par celle qui les unit, pendant plus de vingt-cinq ans, dans une unité de réserve. Deux ou trois guerres faites ensemble, sans parler des nuits de patrouille ou d’embuscade sur la frontière - cela pèse plus lourd que les divergences idéologiques. » Lors de son arrestation, et du mois qu’il passe en prison, il est interrogé par les services généraux de sécurité, le Shin Beit. Comme il est israélien, il échappe à la torture ; les interrogatoires ressemblent à des « conversations de salon ». Visiblement cultivés, tenant un discours « de gauche », ses interlocuteurs discutent avec lui de théorie politique, ou encore des mérites de la pédagogie Freinet. Un jour, l’interrogatoire est interrompu par la sonnerie du téléphone : la fille de l’un des agents, qui est lycéenne, doit rédiger un mémoire sur les commissions parlementaires. Son père demande au prisonnier s’il ne pourrait pas l’aider... Celui-ci, qui, le reste du temps, souffre de l’isolement au point de parfois se sentir devenir fou, doit fournir les plus grands efforts pour ne pas tomber dans le piège, et saisir la main apparemment secourable que lui tend sa tribu par l’intermédiaire des agents du Shin Beit. « La frontière implique un questionnement permanent sur ce qui “nous” définit, et qui est l’autre, celui qui se trouve au-delà de la frontière, écrit-il. Notre réalité sociologique étant plurielle, nous sommes tous entourés de multiples frontières. Encore faut-il en prendre conscience, et pour ce faire, combattre la tentation permanente de réduire son identité à une réalité unidimensionnelle. Car ils sont nombreux ceux qui veulent à tout prix nous pousser à nous définir uniquement en fonction d’un drapeau, d’une seule appartenance, et couper ainsi le monde entre un “nous” ethnique ou national et tous les autres. »

Le sioniste de gauche : « Ses intentions étant pures et les valeurs qu’il défend nobles, il ne peut jamais être tenu pour responsable des crimes qu’il a commis »

En 1999, trois membres de l’AIC meurent accidentellement lors d’une randonnée dans le désert. L’un est un ancien prisonnier politique palestinien, l’autre une ancienne kibboutznik israélienne, et le troisième un Juif new-yorkais pratiquant. La découverte que trois individus que tout semble séparer aient pu se promener paisiblement ensemble suscite une forte émotion dans les médias israéliens. Dans la Revue d’études palestiniennes, Simon Bitton écrit : « Ce n’était pas tant une curiosité en face de l’inhabituel qui a fasciné les médias locaux et fait rêver des milliers d’Israéliens et de Palestiniens, mais ce qu’ils ont senti comme une promesse d’un autre possible, infiniment plus sécurisant que la muraille la plus haute, que le plus puissant des ghettos. »

C’est bien un « possible », pas moins, mais pas plus, qu’incarnent les membres de l’AIC : Michel Warschawski se fait peu d’illusions sur les liens qui peuvent se nouer entre les membres de deux communautés en guerre, n’hésitant pas à affirmer qu’il est abusif, même s’il l’a parfois fait lui-même, de parler d’amitié : « Non que l’amitié ne soit pas possible entre des hommes et des femmes appartenant à des communautés en guerre ; mais dans le contexte spécifique des relations israélo-palestiniennes, cette forme d’intimité qui abolit, dans la relation personnelle, l’appartenance ethnique ou confessionnelle, et que l’on appelle amitié, est quasiment impossible. » Il raconte l’effarement des militantes palestiniennes qui, exceptionnellement présentes à une réception chez une députée de la gauche israélienne, entendaient leur hôtesse raconter sa dispute avec le député d’extrême droite Rehavam Zeevi - qui prônait le transfert des populations arabes, et qui a été assassiné en octobre 2001 -, qu’elle appelait familièrement par son surnom, sans se rendre compte du malaise de ses invitées... Si une véritable amitié s’est cependant nouée entre Léa Tsemel et Hanane Ashrawi, note-t-il, c’est uniquement parce que, fait rarissime, elles ont partagé leur quotidien : la maison de la famille Ashrawi étant située juste en face du tribunal militaire de Ramallah, l’avocate israélienne venait souvent s’y restaurer ou s’y reposer.

Son engagement, Michel Warschawski le fonde sur une réflexion solide et sur une finesse d’analyse qui ajoutent encore à la valeur de son témoignage. Cela donne notamment un chapitre d’anthologie sur le « sioniste de gauche » empêtré dans ses contradictions : car il y a bien, dans le sionisme, une « contradiction interne entre projet socialiste ou du moins humaniste et un projet colonialiste qui, dans le noble but de bâtir un refuge pour les juifs persécutés, nie non seulement les droits les plus élémentaires, mais l’existence même d’une communauté indigène. Afin de vivre cette contradiction, le sioniste de gauche est obligé de nier la réalité, de littéralement l’effacer de sa mémoire ». D’où ce grand écart permanent : « Le sioniste de gauche est attaché à l’Occident, lui dont les pères ont pourtant fait le choix de résoudre la question juive en Orient. L’Europe est sa véritable métropole et New York sa Mecque. D’où un autre paradoxe du sioniste de gauche : il est profondément pro-américain et voit dans la politique des Etats-Unis la seule garantie du maintien de la civilisation. Le soutien apporté par son gouvernement aux dictatures latino-américaines et africaines ne lui pose guère de problème majeur. Mais il ne comprend pas pourquoi il est traité de réactionnaire et de pro-impérialiste par les intellectuels de gauche européens dont il revendique l’amitié et le respect. Pour résoudre cette contradiction, le sioniste de gauche a, une fois de plus, recours à l’antisémitisme : derrière chaque critique d’Israël se cache un antisémite plus ou moins conscient. (...) Ses intentions étant pures et les valeurs qu’il défend nobles, il ne peut jamais être tenu pour responsable des crimes qu’il a commis. »

« Empêcher la transformation d’un conflit national et anticolonial en guerre ethnique »

Lorsque Michel Warschawski a entrepris la rédaction de ce livre, les accords d’Oslo tenaient encore. Malgré les mises en garde de Léa Tsemel, bien moins optimiste que lui, il pensait écrire un témoignage d’ancien combattant. Puis la deuxième Intifada a éclaté. Après avoir analysé en détail l’échec des accords d’Oslo, il cite ces mots du co-président palestinien de l’AIC commentant la situation actuelle : « Maintenant, notre unique objectif doit être d’empêcher la transformation d’un conflit national et anticolonial en guerre ethnique. Si nous échouons dans cette tâche, ce sera terrible. Non seulement en termes de violences, de destruction et de victimes innocentes, mais surtout pour l’avenir de nos sociétés respectives. Les guerres ethniques engendrent des sociétés ethniques, refermées sur elles-mêmes, répressives, stériles et dégénérées. Il n’y a jamais de gagnant dans une guerre ethnique. » Il note aussi : « L’identification de plus en plus totale et inconditionnelle avec Israël des porte-parole autoproclamés des juifs de la diaspora, qu’ils soient notables ou intellectuels communautaires, ne risque-t-elle pas d’entraîner le judaïsme de la diaspora dans la catastrophe vers laquelle nous mènent nos dirigeants, dont la vue à court terme n’a d’égale que leur absence totale de référence à l’histoire ? Leur philosophie est celle du “maintenant”, qui ignore avec une suffisance pathétique et hier et après-demain ; leur politique n’est motivée ni par le souvenir de la souffrance des pères, ni par la promesse de lendemains radieux, mais par une volonté de puissance qui ne connaît plus de limites et qui risque de ne s’arrêter que lorsqu’elle percutera de plein fouet le mur de la haine suscitée ou entretenue par des décennies d’arrogance. »

Quant à lui, il affirme encore une fois son attachement aux valeurs de la diaspora. Racontant les débuts de Matzpen, il écrit : « Nous éprouvions tous le besoin de nous enraciner dans une histoire et de défendre une autre identité que celle qu’imposait l’appartenance à la tribu israélienne. Nous avions besoin d’un récit qui nous fournisse le substrat d’une collectivité différente de celle que le sionisme voulait bâtir sur les ruines de la Palestine et de la diaspora juive. » A ses yeux - et en cela, ses vues rejoignent celles, notamment, des historiens Esther Benbassa et Jean-Christophe Attias -, ce n’est qu’en renouant avec ces valeurs qu’Israël trouvera son salut : « Le projet sioniste a cru que la rédemption de l’existence juive ne serait possible qu’en rompant avec notre passé juif et en tournant le dos à notre environnement arabe. Au contraire, ce n’est qu’en retrouvant ses racines juives et en s’ouvrant à la dimension arabe de son identité et de son environnement que la société israélienne pourra enfin construire sa vie dans la normalité et projeter l’avenir de ses enfants avec sérénité. »

Mona Chollet

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