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Modeste proposition pour relancer le processus de paix au Proche-Orient et cetera

La création du Palestinian National Park
lundi 22 janvier 2007 par Sindibad

...J’appelle, donc, tous les citoyens, les organisations et les mouvements de solidarité avec la Palestine à être plus modestes, mais plus efficaces en exigeant la reconnaissance pour le Palestinien d’un statut d’animal à part entière et solliciter, à ce titre, une protection par Israël de son espèce.

Modeste proposition pour relancer le processus de paix au Proche-Orient et cetera :

La création du Palestinian National Park

Grande victoire pour les opposants au Mur de séparation qu’Israël est entrain de construire sur les terres palestiniennes ? C’est ce qu’on pourrait croire à la lecture d’un article du journal Le Monde publié le 10 janvier 2007, sous le titre « Israël suspend la construction d’une partie du "mur" pour préserver l’environnement ».

Israël vient, en effet, de suspendre la construction du mur de séparation sur une trentaine de kilomètres entre deux colonies israéliennes en territoire palestinien : Metsudat Yehuda et Nahal Hever.

Dans un premier temps, on se dit « Tiens, Israël se conforme, enfin, au droit international ». La Cour internationale de justice et l’Assemblée générale des Nations unies avaient jugé, en effet, la construction du "mur de séparation" entre Israël et les territoires palestiniens illégale et ordonné son démantèlement.

Bizarre, tout de même, le gouvernement israélien serait-il devenu, par miracle, sensible à la douleur et à l’injustice faite aux palestiniens, dépossédés de leur terre par le tracé d’un mur qui leur empoisonne la vie au quotidien ?

Est-ce, sous l’effet, de la pression douce et tendre de la communauté internationale que le gouvernement israélien est enfin devenu raisonnable ? Où est-ce l’effet "Royal" qui se fait ressentir ? La candidate socialiste à la présidentielle française n’avait-elle pas soutenu la construction du mur à condition que celle-ci se fasse dans une "entente cordiale" ?

Quelque chose m’intrigue. D’habitude les décisions israéliennes, destinées à rendre aux Palestiniens la vie moins dure, sont toujours saluées par la presse par la formule habituelle : "encore un geste du gouvernement israélien envers les Palestiniens". Quelques exemples de ces gestes : rendre une partie de l’argent volé aux Palestiniens, lever quelques barrages de l’armée permettant aux habitants de faire un trajet de deux kilomètres en deux heures au lieu de six heures, libérer quelques prisonniers pour arrêter des dizaines de militants quelques jours après, permettre à quelques pensionnaires de la Prison de Gaza d’aller travailler en Israël ou de franchir le terminal de Rafah, pour aller passer quelques jours de liberté conditionnelle en Egypte.

Curieux, ensuite, de constater le silence des capitales européennes. Avec une décision pareille, on pouvait s’attendre à une avalanche de communiqués de satisfaction des chancelleries occidentales (du type : Oyé, Oyé, le processus de paix relancé au Proche-Orient). Or, rien de tout ça ne se produit.

De plus en plus inquiet, je me dépêche de finir de lire la suite de l’article, pour apprendre que c’est sous la pression des défenseurs de la cause animale que le ministre israélien de la défense, a pris cette décision. La clôture portait, en effet, atteinte à la flore et à la faune, empêchant les déplacements naturels des animaux. Israël, d’habitude sourde aux appels de la communauté internationale pour le respect des droits des palestiniens, se montre très sensible et très respectueuse des droits des animaux.

A la lecture de cette nouvelle, une idée jaillit dans mon petit cerveau. Comme une décharge électrique, elle provoque en moi des frissons et des tremblements. Je viens de trouver l’idée la plus géniale du siècle. Une idée qui, si elle est appliquée, apportera la paix dans le monde. Et dire que personne n’y a pensé avant. Enfin, c’est ce que je croyais.

Mon idée est simple : Pour retrouver leurs dignité bafouée par des années d’occupation et de répression, les palestiniens n’ont qu’à demander à la communauté internationale de reconnaître leurs droits, non pas humains car c’est trop compliqué, mais en tant que bêtes sauvages menacées par la guerre, le progrès et la civilisation.

Finie l’Intifada, finie la résistance, et la corvée des attentas suicides, les palestiniens n’ont qu’à exiger pour eux le statut réservé à la flore et à la faune de l’état hébreux.

Géniale mon idée, je me vois déjà à Stockholm entrain de recevoir mon Prix Nobel de la Paix. Il ne faut pas perdre de temps, je commence à faire des recherches sur le sujet (sur Internet, bien sur, c’est plus facile), et là, j’apprends qu’en matière de protection de l’environnement et de respect de la faune et de la flore, c’est justement en Israël, qu’on trouve ce qui se fait de mieux dans ce domaine. Encouragé par ces premiers résultats, je décide de continuer mes recherches sur la faisabilité du projet, et là, grande déception, je découvre que mon idée a déjà été proposée par un certain Jean Olivier Héron. Dans sa « Modeste proposition pour garantir la sécurité d’Israël et le bien-être des palestiniens, en attendant la paix qui s’en suivra peut être ».

Ce Héron mérite sans doute mieux que moi le Prix Nobel de la Paix. Son livre, sorti dans l’indifférence générale, est un vrai petit bijou dont je ne peux m’empêcher de vous faire part :

« Aussi, puisqu’il vaut mieux être une fleur, une mangouste, un chien ou un poulet en Israël ou dans les Territoires, plutôt qu’un habitant de Gaza, d’Hébron, de Ramallah, de Naplouse ou de Bethléem, puisque l’eau que reçoivent les légumes et les animaux domestiques des implantations de la bande de Gaza est dix fois moins salée que celles que doivent boire les petits Palestiniens des camps voisins, je propose que ces derniers et leur parents revendiquent pour leur survie et pour leur dignité le droit des animaux reconnu de facto par leur occupant.

Telle est, dans sa candeur, ma modeste proposition »

De façon impeccable, Jean Olivier Héron, fait la démonstration, dans son livre, que sa proposition est loin d’être farfelue. Elle peut, même être réalisée rapidement, il suffit d’un peu de volonté, puisqu’une partie du travail a déjà été faite. Pour les Palestiniens, pas de problème, ils ont « déjà fait, à leur corps défendant, plus de la moitié du chemin ».

Pour les Israéliens, la proposition de Héron a l’avantage de leur apporter la paix sans ses inconvénients. Ne croyez surtout pas que c’est de l’utopie « Déjà, le mur d’enceinte autour des Territoires s’avance inexorablement. On boucle les Réserves sous le regard approbateur du frère américain qui sait bien qu’il n’est pas meilleure méthode pour sauver ses Indiens.

Enfin quel superbe défi lancé aux militaires changés en soldats de la paix que la sauvegarde des espèces indigènes. « Evenou Shalom alehem ! » dit une chanson qui tient quasiment lieu de second hymne national en Israël : « Nous vous annonçons la paix ! »

L’objectif pour les Palestiniens sera d’avoir, non pas un état viable, selon la formule des diplomates, mais un PNP (Il faut prononcer pi-ane-pi), c’est-à-dire un Palestinian National Park où sera assurée « la protection sanitaire de l’espèce et mise en place des moyens propres à lui garantir le déploiement de ses activités dans tous les domaines : culturel, industriel, économique et politique.. »

Après la lecture de ce livre et à défaut d’en avoir été l’auteur, j’ai décidé de lancer une campagne pour la création du PNP, le Palestinian National Park afin que les Palestiniens soient protégés en tant qu’animaux sauvages vivant en toute harmonie à coté de leurs voisins les hommes.

J’appelle, donc, tous les citoyens, les organisations et les mouvements de solidarité avec la Palestine à être plus modestes, mais plus efficaces en exigeant la reconnaissance pour le Palestinien d’un statut d’animal à part entière et solliciter, à ce titre, une protection par Israël de son espèce.

Pour vous convaincre de la pertinence de cette idée, j’exposerai, ultérieurement sur ce site, de larges extraits du livre de Héron « Modeste proposition pour garantir la sécurité d’Israël et le bien-être des Palestiniens ».

Modeste proposition de Jean Olivier Héron. Éditions : La Découverte. 2002.

Jean Olivier Héron qui fut, avec Pierre Marchand, cofondateur de Gallimard jeunesse, a été le conseiller éditorial du Guide Gallimard de Terre sainte, ce qui lui a permis de nouer un riche réseau d’amitiés tant du côté palestinien qu’israélien. Il est également romancier (dernier ouvrage paru Arrête de faire des miracles !, Grasset) et auteur de livres pour enfants (il a été en 2001 lauréat du prix Alphonse-Daudet, décerné par l’académie Concourt).


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