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Le fabuleux destin de Bob Tokar, l’homme qui défia un milliard de musulmans

Chapitre 1 : La révélation
dimanche 4 février 2007 par Sindibad

Petite nouvelle dédiée à Robert Redeker, promu, par le gouvernement français, chercheur au CNRS, pour avoir accoucher d’un texte raciste et islamophobe.

Le fabuleux destin de Bob Tokar, l’homme qui défia un milliard de musulmans

Chapitre 1 : la révélation

Paris, 31 juillet 2007. La Capitale somnole dans une chaleur moite. Dans son atelier de peinture, Bob Tokar scrute le ciel étoilé à la recherche d’une idée. Cette chaleur l’empêche de réfléchir. Il faut qu’il trouve une solution. Cela fait plusieurs années qu’il est en panne d’inspiration. Ses toiles ne se vendent plus. Il a de plus en plus de mal à payer ses dettes. Son ex-compagne le harcèle pour qu’il lui règle un arriéré de pension alimentaire. Cette fois, c’est sûr, elle a fait appel à un huissier de justice qui compte bien saisir les quelques toiles qui restent chez lui. Ses enfants, chauffés à blanc par leur mère, ne lui adressent plus la parole. Mais de tout ça, Tokar s’en fout, car ce qui l’inquiète, le plus, c’est son atelier de peinture où il avait élu domicile depuis qu’il s’est séparé avec Clémentine. Un avis d’expulsion a été rendu, il y a un an, par le Tribunal d’Instance. Il a pu bénéficier de la trêve hivernale comme tous les expulsés de la Capitale. Tokar sait qu’il peut être expulsé à tout moment. Si-Azouz, le propriétaire de l’atelier, ne veut plus attendre. Tokar admet qu’il a été très compréhensif à son égard pendant plusieurs mois, aujourd’hui, il ne lui réclame même plus ses arriérés de loyer, tout ce qu’il veut c’est qu’il parte et quitte définitivement l’atelier.

Tokar n’est pas dupe, il sait que Si Azouz a trouvé un acquéreur pour le rachat de son atelier. Une association musulmane, peut être même des intégristes. Ils sont déjà venus visiter les lieux. Ils étaient trois, portaient tous la barbe. Ils ne lui ont même pas serré la main, ni adressé la parole. Cet atelier de peinture, symbole du renouveau culturel dans les années 80, se transformera peut être en salle de prière d’une association salafisite. C’est triste comme fin, pense Tokar.

Aujourd’hui, Tokar est acculé, il ne sait plus comment s’en sortir. Ses amis écolos de la Mairie de Paris ont bien réussi à lui avoir quelques subventions qui lui ont permis de tenir quelques mois, mais aujourd’hui, il n’a plus rien. Les cours de dessein qu’il donne à des élèves lui suffisent à peine pour acheter de quoi manger.

Pourtant, il y a quelques mois, Tokar s’était pris à espérer. Un changement de gouvernement lui aurait ouvert quelques portes, mais la victoire d’Antoine Darkozy aux élections présidentielles a fini par lui ôter tout espoir de sauver son atelier.

Cette victoire de la droite, Bob Tokar n’arrive toujours pas à la digérer, et dire que ce sont les arabes qui ont permis à Antoine Darkozy de devenir Président de la République Française, lui qui pendant toutes les années passées au ministère de l’intérieur n’a cessé de stigmatiser les jeunes issus de l’immigration et de pourchasser les enfants clandestins et leurs parents afin de remplir ces charters en partance vers l’Afrique.

Bob Tokar se sent trahi par les arabes. Il ne comprend pas. Il a été de toutes les luttes pour la défense des droits des immigrés. Il a participé à la marche des beurs et à toutes les manifestations de soutien aux sans papiers. Il a même hébergé dans son atelier des familles de maliens sans logement.

Il ne comprend vraiment pas ce qui est arrivé. Bob Tokar s’était beaucoup investi dans la campagne présidentielle de Marjolaine Loyal, la candidate de la gauche plurielle. Le bon score du premier tour et les divisions de la droite, suscitées par le refus du Président sortant à appeler à voter pour le candidat de sa majorité, laissaient présager une victoire de Marjolaine. Les sondages, entre les deux tours, la donnaient d’ailleurs gagnante. On allait assister à une première en France : Marjolaine, la première femme élue Présidente de la République. Tous les espoirs étaient permis pour Bob Tokar. Son ami Jack Tang, ne lui avait-il pas laissé entrevoir la possibilité d’un poste d’attaché culturel dans une ambassade en Afrique ? L’horizon commençait, enfin, à s’éclaircir pour Tokar.

Tout allait bien, quand à quelques jours du second tour, Darkozy qui était devancé de peu par Marjolaine dans les sondages fait une annonce qui fera l’effet d’une bombe dans le paysage politique français. Au cours d’un déplacement dans une mosquée de la banlieue parisienne, Darkozy fait une déclaration importante à l’attention des musulmans de France. Il leur promet qu’en cas de victoire, il réformera la loi pour que les Mairies puissent financer les lieux de cultes musulmans dans toutes les communes de plus de 10 000 habitants. Il s’engageait aussi, en reconnaissant son caractère discriminatoire, à supprimer la loi contre les signes religieux à l’école.

Les déclarations du candidat Darkozy ont pris de surprise tout le monde. La gauche cria à la trahison. Plusieurs intellectuels publient dans Le Monde une pétition "Non au Munich de la République". Jean Marie La Pine appelle ses partisans au boycott des élections, tandis que l’OIF, l’organisation islamique française prend acte des promesses de Darkozy et appelle les musulmans de France à voter pour lui.

Le jour des élections du second tour, des cars affrétés par l’UMP sont venus chercher sous le regard des télévisions françaises et internationales des centaines de musulmans rassemblés devant les mosquées de la banlieue parisienne, pour les déposer ensuite devant les bureaux de vote. De mémoire de gaulois, on n’avait jamais vu autant de djellabas dans les isoloirs de la République.

Le soir, à vingt heures, les français découvrent le visage de leur nouveau Président. Le score très serré, 50,2 % contre 49,8% ne laisse guerre de doute. Ce sont bien les musulmans français qui ont fait basculer cette élection.

Le sujet sera au centre des débats de la soirée électorale. Les hommes politiques, les journalistes et les commentateurs s’accordaient pour faire le constat d’une inquiétante communautarisation de la société française. Certains iront jusqu’à réclamer que le droit de vote soit retiré aux français de confession musulmane.

Le Canard Enchaîné révélera quelques semaines plus tard le compte rendu d’une réunion secrète, entre Brice Portefeux, un lieutenant de Darkozy et Farid Alami le Président de l’OIF. Selon un accord conclu entre les deux parties, l’OIF prendra la présidence de la représentation de l’Islam en France, en échange, l’organisation de Alami soutiendra la candidature de Darkozy.

Bob Tokar pousse un long soupir, il est fatigué mais n’arrive pas à trouver le sommeil. Demain, Si-Azouz le propriétaire de l’atelier viendra l’expulser. Il sera peut être accompagné de policiers et d’un huissier de justice. Jamais, il n’aurait imaginé qu’il se retrouverait dans une situation pareille. Il ne lui reste que quelques heures pour trouver une solution.

Il est deux heures du matin, Bob Tokar, pris d’une envie pressante se rend dans son cabinet de toilette. Assis sur la cuvette des W-C, il scrute la pile de vieux journaux qui s’entassent à côté, il y a Télérama, Libé et Charlie Hebdo Minute. Il sourit en revoyant quelques caricatures, sacré Charlie. Il contemple cette fameuse une qui a fait couler beaucoup d’encre : « Dur d’être aimé par des cons », quand tout d’un seul coup, une idée l’envahit. Il éclate d’un rire nerveux en répétant plusieurs fois : « Ca va être aussi dur de se faire expulser par des cons ! »

Bob Tokar tire la chasse d’eau. Demain sera un autre jour.

A suivre bientôt sur

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