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Islamophobie : Musulmans de France, trop, c’est trop. - [Le site de Sindibad]
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Islamophobie : Musulmans de France, trop, c’est trop.

Exigeons le respect
lundi 26 février 2007 par Sindibad

Les élections à venir, présidentielles et législatives, nous offre la possibilité de ce sursaut. Le bulletin de vote est notre seule et unique arme, capable de faire comprendre aux différents candidats que trop, c’est trop. En votant contre les candidats soutenant les thèses islamophobes et qui tiennent des discours incitant à la haine anti-musulmans , nous ferons conscience à nos hommes politiques et aux médias qu’il y a urgence à considérer, enfin, les musulmans avec respect, c’est-à-dire des citoyens comme les autres, qui n’en déplaise à certains, font déjà partie de la République. .

Islamophobie :

Musulmans de France, trop, c’est trop.

Exigeons le respect

[Pendant la seconde guerre mondiale, les juifs étaient accusés par les antisémites d’être les responsables de la guerre. Au début du 21ème siècle, les musulmans sont désignés comme une menace pour la paix. Cependant, attention, la caricature de droite est un odieux dessin antisémite, celle de gauche est une belle illustration de la liberté d’expression en Europe.]

Le 15 mars prochain, un tribunal parisien rendra son verdict dans le procès qui oppose la mosquée de Paris et l’UOIF à Charlie Hebdo. Il n’ y a guerre de doute sur la nature du jugement qui sera rendu. Ce procès était perdu d’avance et il prouve, encore une fois, l’incompétence de ceux qui se proclament défenseurs de l’Islam en France. Le piège tendu par Charlie et ses amis a fonctionné à merveille : Insulter et se faire passer, ensuite, pour une victime de la liberté d’expression, tout en faisant passer les victimes de l’injure pour des ennemis de la démocratie et de la République. Charlie voulait ce procès, car il savait que quelque soit la nature du jugement, il sera intronisé héros de la liberté de presse. En engageant une action judiciaire contre Charlie Hebdo, les responsables de l’Islam de France ont rendu un grand service à tous les islamophobes de France.

En demandant la relaxe, la justice française s’apprête donc à légaliser une forme de racisme anti-musulman. Rappelons de quoi il s’agit précisément : Si on peut bien admettre que le dessin de Cabu montrant un Prophète « débordé par les intégristes » et qui se lamente « C’est dur d’être aimé par des cons » n’est pas une caricature raciste car elle ne viserait pas tous les musulmans (Après tout il existe bien des musulmans cons, des juifs cons et des chrétiens cons) ; la caricature, par contre, montrant le Prophète avec un turban en forme de bombe n’a rien d’un dessin innocent. Son message est clair : l’Islam est par essence terroriste ! (C’est la même thèse défendue par Robert Redeker qui lui valu d’être promu chercheur au CNRS). Il s’agit tout simplement d’une incitation à la haine anti-musulmane qui tombe sous le coup de la loi qui sanctionne, « lorsqu’elles s’expriment publiquement par voie de presse ou tout autre moyen : la provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence (art.24, al.6), à la diffamation (art.32 al. 2), l’injure (art.33, al.3), envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou non –appartenance à une ethnie, une nation, une race, une religion… »

La relaxe voudrait donc dire que n’importe qui peut aujourd’hui, sans risquer d’être poursuivi en justice, proclamer que la religion musulmane est par nature violente et que ses adeptes par conséquent le sont aussi.

N’ayons pas peur des mots, cette décision constituera un pas de plus franchi par la société française vers une criminalisation de la religion musulmane et l’institutionnalisation d’un apartheid anti-musulman.

Cet apartheid fait déjà des victimes au sein de la population musulmane. Pratiquant ou pas, tout individu portant, aujourd’hui, un nom à consonance arabo-musulmane est par définition suspect et devra à ce titre se justifier et présenter les preuves de sa bonne foi républicaine. La loi anti-voile est sans doute le premier signe de cet apartheid d’État qui ne dit pas son nom. Au prétexte fallacieux de défendre les fondements laïcs de la République qui serait menacée par quelques filles arborant un voile à l’école, des dizaines d’élèves musulmanes se sont retrouvés exclues du droit à l’éducation.

[Le nez, ça ne vous rappelle rien ?]

Il y a quelques mois, au nom du « principe de précaution », des dizaines d’employés musulmans des aéroports de Roissy (agents de sécurité, bagagistes, personnels d’entretien ou de nettoyage, à la traction sur les pistes ou dans les hangars des sociétés de messagerie, serveurs...) se sont vu retirer leur badge de travail, les condamnant au chômage et à la misère.

Sarkozy, le ministre candidat à la présidence de la République, n’avait-il pas déclaré : « Je ne peux pas accepter que des gens qui ont une pratique radicale travaillent sur une plate-forme aéroportuaire. Je préfère qu’on ait le risque d’un contentieux parce qu’on a été trop sévère, plutôt qu’on se retrouve avec un drame parce qu’on n’a pas été assez sévère ».

Pour l’État français, tout musulman est « potentiellement un terroriste ». Il est où le principe de la présomption d’innocence ? Y’aurait-il deux justices ! Une pour les citoyens non musulmans et une autre pour des sous citoyens présumés coupables et sommés d’apporter la preuve de leur innocence ? Si ce n’est pas vraiment de l’apartheid, ça lui ressemble !

Mais, nous ne méprenons pas. Ne sont pas suspects seulement les musulmans qui ont « une pratique radicale » (Qu’est ce qu’une pratique radicale, en fait ?), car, souvenez vous du bagagiste de Roissy. N’a-t-on pas dit et répété qu’il était le profil même du parfait terroriste, car non pratiquant et donc non suspect, ce qui lui laissait tout le loisir d’échafauder des plans terroristes contre la République. Méfiez-vous, vous qui ne fréquentez pas les mosquées, vous qui buvez de l’alcool, qui draguez les filles dans les boites de nuit (quand on vous laisse y pénétrer), vous êtes des dangereux terroristes potentiels. Alquaïda vous fait les yeux doux et la DST vous surveille avec ses grandes oreilles.

Alors que faire ? Face à ce racisme anti-musulman qui se banalise et se généralise, face à la complicité des médias responsables en grande partie de la construction de l’islamophobie en France (1), face au consensus de la classe politique qui non seulement ferme les yeux, mais participe et apporte son soutien aux déclarations islamophobes au nom de la liberté d’expression (Il n’y a qu’à voir, pour s’en convaincre, le défilé des personnalités politiques, de Sarkozy à Bayrou en passant par Hollande, venant apporter leur soutien à Charlie lors du procès des caricatures), face à l’incompétence des représentants de l’Islam français, nous n’avons pas le choix, un sursaut s’impose.

Nous devons nous battre pour nos droits en tant que citoyens. Il ne s’agit pas de défendre ni l’Islam, ni une communauté. Il s’agit de défendre des hommes et des femmes quotidiennement humiliés, méprisés et diffamés. Il s’agit simplement d’exiger le respect de nos concitoyens de confession musulmane. Nous le ferons de la même façon si d’autres citoyens, quelques soient leurs confessions, se retrouvent discriminés.

Les élections à venir, présidentielles et législatives, nous offre la possibilité de ce sursaut. Le bulletin de vote est notre seule et unique arme, capable de faire comprendre aux différents candidats que trop, c’est trop. En votant contre les candidats soutenant les thèses islamophobes et qui tiennent des discours (2) incitant à la haine anti-musulmans , nous ferons prendre conscience à nos hommes politiques et aux médias qu’il y a urgence à considérer, enfin, les musulmans avec respect, c’est-à-dire des citoyens comme les autres qui, n’en déplaise à certains, font déjà partie de la République.

Sindibad

(1) Thomas Deltombe. L’islam imaginaire : La construction médiatique de l’islamophobie en France, 1975-2005 (Broché)

(2) « Je souhaite qu’on ne puisse pas vivre en France sans respecter sa culture et ses valeurs. Je souhaite qu’on ne puisse pas s’installer durablement en France sans se donner la peine d’écrire et de parler le Français. Et à ceux qui veulent soumettre leur femme, à ceux qui veulent pratiquer la polygamie, l’excision ou le mariage forcé, à ceux qui veulent imposer à leurs sœurs la loi des grands frères, à ceux qui ne veulent pas que leur femme s’habille comme elle le souhaite je dis qu’ils ne sont pas les bienvenus sur le territoire de la République française. A ceux qui haïssent la France et son histoire, à ceux qui n’éprouvent envers elle que de la rancœur et du mépris, je dis aussi qu’ils ne sont pas les bienvenus » (N. Sarkozy, Toulon. 7 février 2007)


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