Le site de Sindibad http://sindibad.fr/ fr SPIP - www.spip.net Le site de Sindibad http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L144xH93/siteon0-9d8dd.jpg http://sindibad.fr/ 93 144 Rien qu'une autre année http://sindibad.fr/spip.php?article55 http://sindibad.fr/spip.php?article55 2009-12-25T14:48:00Z text/html fr Sindibad souhaite à tous les résistants de la terre et en particulier à la résistance Palestinienne une nouvelle année pleine d'espoir et de luttes. Vive la Palestine Libre. Mes amis les survivants d'entre vous me suffisent Pour que je vive encore une année Il me suffit d'une année Rien qu'une autre année Pour que j'aime vingt femmes Et trente villes Une année suffit pour que l'idée se pare Des plus beaux atours du lis Pour qu'une terre inconnue hante quelque fille Avec laquelle je partirai vers (...) - <a href="http://sindibad.fr/spip.php?rubrique10" rel="directory">La terre nous est étroite</a> <img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L150xH147/arton55-b1fd0.jpg" alt="" align="right" width='150' height='147' class='spip_logos' style='height:147px;width:150px;' /> <div class='rss_chapo'><p>Sindibad souhaite à tous les résistants de la terre et en particulier à la résistance Palestinienne une nouvelle année pleine d'espoir et de luttes. Vive la Palestine Libre.</p></div> <div class='rss_texte'><p><strong> Mes amis les survivants d'entre vous me suffisent</p> <p>Pour que je vive encore une année</p> <p>Il me suffit d'une année</p> <p>Rien qu'une autre année</p> <p>Pour que j'aime vingt femmes</p> <p>Et trente villes</p> <p>Une année suffit pour que l'idée se pare</p> <p>Des plus beaux atours du lis</p> <p>Pour qu'une terre inconnue hante quelque fille</p> <p>Avec laquelle je partirai vers quelque mer</p> <p>Où elle me livrera sur ses genoux</p> <p>La clé de tous les champs</p> <p>Il me suffit d'une année</p> <p>Rien qu'une autre année</p> <p>Pour que je vive toute ma vie</p> <p>D'une seule traite</p> <p>En un seul baiser</p> <p>En un seul coup de feu</p> <p>Qui abolira mes questions</p> <p>Et l'énigme de la confusion des temps</p> <p>Mes amis, ne mourez pas comme vous avez pris l'habitude de mourir</p> <p>Je vous en conjure, ne mourez pas</p> <p>Accordez-moi une année</p> <p>Rien qu'une autre année</p> <p>Peut-être pourrions-nous terminer une discussion entamée</p> <p>Un voyage entamé</p> <p>Peut-être pourrions-nous changer les idées en allant faire quelques pas dans la rue</p> <p>Sans contrainte de temps ou de drapeaux</p> <p>Avons-nous trahi quelqu'un</p> <p>Pour devoir appeler pays, chaque oiseau</p> <p>Ecume, chaque terre hors de la blessure</p> <p>Pour que des arpèges nous fassent peur ?</p> <p>Peut-être pourrions-nous faire éviter à la langue</p> <p>Un sens qui n'était pas dans nos intentions</p> <p>Un chant que nous ne destinions guère</p> <p>Aux devins</p> <p>(…)</p> <p>Il me suffit d'une année</p> <p>Rien qu'une autre année</p> <p>Pour que j'aime vingt femmes</p> <p>Et trente villes</p> <p>Pour que j'aille vers ma mère éplorée</p> <p>Et que je lui crie : Enfante-moi de nouveau</p> <p>Pour que je voie la rose depuis son commencement</p> <p>Et que j'aime l'amour depuis son commencement</p> <p>Jusqu'au terme du chant</p> <p>Il me suffit d'une année</p> <p>Rien qu'une autre année</p> <p>Pour que je vive toute ma vie</p> <p>D'une seule traite</p> <p>En un seul baiser</p> <p>En un seul coup de feu</p> <p>Qui abolira mes questions</p> <p>Une autre année</p> <p>Rien qu'une autre année</p> <p>Une année ! </strong></p> <p><strong>Mahmoud Darwich. 1982</strong></p></div> Ils m'aiment mort http://sindibad.fr/spip.php?article65 http://sindibad.fr/spip.php?article65 2008-08-10T12:55:08Z text/html fr Sindibad Ils m'aiment mort Ils m'aiment mort pour pouvoir dire : il fut des nôtres, et il fut à nous. J'ai entendu les mêmes pas. Vingt ans qu'ils résonnent sur le mur de la nuit. Qu'ils viennent, mais ne poussent pas la porte. Ils sont entrés, cette fois. Boirez-vous du vin ? J'ai dit. Et ils ont répondu : Nous boirons ! Quand ferez-vous feu sur moi ? J'ai demandé. Et ils ont répondu : Patiente. Et ils ont alignés les coupes, puis se sont mis à glorifier le peuple. J'ai demandé : Quand commencerez-vous mon (...) - <a href="http://sindibad.fr/spip.php?rubrique10" rel="directory">La terre nous est étroite</a> <img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L150xH120/arton65-4c85d.jpg" alt="" align="right" width='150' height='120' class='spip_logos' style='height:120px;width:150px;' /> <div class='rss_texte'><p><strong>Ils m'aiment mort</p> <p>Ils m'aiment mort pour pouvoir dire : il fut des nôtres, et il fut à nous.</p> <p>J'ai entendu les mêmes pas. Vingt ans qu'ils résonnent sur le mur de la nuit. Qu'ils viennent, mais ne poussent pas la porte. Ils sont entrés, cette fois. Boirez-vous du vin ? J'ai dit. Et ils ont répondu : Nous boirons ! Quand ferez-vous feu sur moi ? J'ai demandé. Et ils ont répondu : Patiente. Et ils ont alignés les coupes, puis se sont mis à glorifier le peuple. J'ai demandé : Quand commencerez-vous mon assassinat ? Ils ont dit : Nous avons commencé…Pourquoi as-tu envoyé des chaussures à l'âme ? Pour qu'elle puisse aller sur la terre ferme, j'ai dit. Pourquoi as-tu composé un poème blanc alors que la terre est noire ? J'ai dit : Parce que trente mers se déversent dans mon cœur. Ils ont alors dit : Pourquoi aimes-tu le vin de France ? J'ai dit : Parce que je suis digne de la plus belle des femmes. Comment souhaites-tu ta mort ? Bleue comme des étoiles qui coulent dans des plafonds. Boirez-vous encore un peu de vin ? Ils ont dit : Nous boirons. J'ai dit : Je vous demanderai d'être lents, de me tuer petit à petit pour que je compose un dernier poème à l'élue de mon cœur. Mais ils ont ri et, dans la maison, n'ont dérobé que les mots que je dirai à l'élue de mon cœur…</p> <p>Mahmoud Darwich. 1986 </strong></p></div> DEUX ENFANTS MORTS A VILLIERS-LE-BEL http://sindibad.fr/spip.php?article172 http://sindibad.fr/spip.php?article172 2007-11-27T06:19:35Z text/html fr <p>Tu Sens Monter La Rage, Parce Que Tu Ne Supportes Plus Que Tous Les Deux Ans Des Gamins Crèvent Dans Des Rencontres Accidentelles Avec Des Flics...</p> - <a href="http://sindibad.fr/spip.php?rubrique10" rel="directory">La terre nous est étroite</a> <img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L150xH105/arton172-fc029.jpg" alt="" align="right" width='150' height='105' class='spip_logos' style='height:105px;width:150px;' /> <div class='rss_texte'><p>Tu Sens Monter La Rage, Parce Que Tu Ne Supportes Plus Que Tous Les Deux Ans Des Gamins Crèvent Dans Des Rencontres Accidentelles Avec Des Flics...</p> <p>(Ecrit sous le coup d'un gigantesque dégoût, à une heure et demie du matin.)</p> <p>Ca s'est passé hier, à Villiers-le-Bel, dans le Val-d'Oise.</p> <p>Deux gamins roulaient à moto.</p> <p>Deux gamins de 15 et 16 ans.</p> <p>"Peu après 17 heures", les deux gamins sont morts.</p> <p>Voilà ce que dit "la version policière" : une "voiture de police" patrouillait "(dans) la circonscription de Sarcelles", et "roulait à vitesse réglementaire et sans gyrophare", quand "traversant (un) carrefour, elle a été heurtée par la moto sur l'aile gauche, et les deux jeunes sont décédés sur place".</p> <p>C'était un "accident".</p> <p>D'après l'AFP, la moto, une "mini-motocross", est "restée (...) étonnamment intacte".</p> <p>D'après l'AFP, "la voiture au pare-brise éclaté, porte pour sa part des traces d'un violent choc frontal".</p> <p>Tu lis ça et, naturellement, la première idée qui te vient est que c'est quand même une étonnante coïncidence, que la voiture qui "a été heurtée par la moto" ait justement été une "voiture de police".</p> <p>Tu lis ça et, naturellement, la deuxième idée qui te vient est que si la moto, "restée intacte", a percuté "l'aile gauche" de cette "voiture de police", comme le dit "la version policière", c'est quand même étrange que l'AFP relève sur cette bagnole "des traces d'un violent choc frontal".</p> <p>(Une moto heurte une voiture "sur l'aile gauche" : ça peut faire un violent choc sur l'aile gauche - mais un "violent choc frontal" ?)</p> <p>Tu lis ça et ça te prend juste là, tu sens monter comme une espèce de rage - parce que tu ne supportes plus que tous les deux ans, à l'automne, des gamins crèvent dans des rencontres accidentelles avec des flics.</p> <p>Tu lis ça et tu repenses à tous les commentaires dégueulasses que tu as lus après la mort de Zyed et Bouna en 2005, à tous les inhumains salopards qui t'ont expliqué, rappelle-toi (mais rappelle-toi, c'est le moment) que ces gamins des "cités" (cette racaille, rappelle-toi) ne méritaient pas trop de ta compassion, et que leurs "capuches" et leur "accent" les disqualifiaient...</p> <p>Tu lis ça et tu repenses à tous les fiers défenseurs de l'ordre et de ses forces qui sont venus te dire, ça suffit, la "culture de l'excuse"...</p> <p>Tu lis ça et tu repenses à tout ce qui a crié : haro, sur les "banlieues".</p> <p>Et de nouveau deux gamins sont morts, et en effet : ça va devenir difficile d'excuser que tant et tant d'innommable(s) saloperie(s) s'abatte(nt) sans fin sur les mêmes endroits, sur les mêmes "quartiers" - comme ils disent.</p> <p>Oh oui, bordel : ça va devenir très difficile.</p> <p> Anonyme</p></div> L'enfant http://sindibad.fr/spip.php?article170 http://sindibad.fr/spip.php?article170 2007-11-22T17:39:07Z text/html fr <p>Bernard Langlois dresse un portrait savoureaux du chef de la junte néoconservatrice installée au pouvoir en France depuis mai 2007</p> - <a href="http://sindibad.fr/spip.php?rubrique10" rel="directory">La terre nous est étroite</a> <img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L128xH150/arton170-2aff0.jpg" alt="" align="right" width='128' height='150' class='spip_logos' style='height:150px;width:128px;' /> <div class='rss_texte'><p><strong>L'enfant</strong></p> <p>Par Bernard Langlois</p> <p><strong>La France est ce royaume dont le prince est un enfant.</strong></p> <p>Un sale gosse. Un capricieux, gâté pourri. Et vicieux, avec ça. Manipulateur, menteur, dissimulateur, hâbleur, une vraie tête à claques (au cas où ça vous aurait échappé, c'est bien le portrait qui ressort, en creux, du petit livre à sa gloire pondu par Yasmina Reza : juste quelques lignes par-ci par-là, noyées dans un grand bol de sirop, mais bien présentes quand même, et ça n'a pas dû lui plaire, au président bling-bling...), qui ne supporte pas qu'on lui tienne tête et trépigne à la moindre contrariété. Faut pas croire : il y a sûrement des compensations ­ ne serait-ce que ces petits séjours surprises (et secrets) au Maroc, en charmante compagnie, entre deux voyages officiels ­, mais ça ne doit pas être marrant tous les jours d'être admis dans le cercle des intimes, demandez à Martinon, le pauvret ! Au moindre écart, la baffe, imbécile !</p> <p><strong>Dur, dur, la vie de courtisan.</strong></p> <p>L'enfant que la France s'est donné comme président a toujours rêvé d'être une star.</p> <p>C'était ça, sa vraie vocation : comédien célèbre, comme son pote Clavier, tour à tour Astérix et Napoléon, ah, le pied ! Ou mieux encore, rocker, comme Johnny, retiens la nuit, ah que c'est bon ! À la rigueur, Jacques Martin, sous vos applaudissements... Mais, bon, pas vraiment de talent, ni pour la chansonnette ni pour la comédie. Restait nain de jardin ou politicien : il a choisi la politique, où il a taillé sa route avec, faut reconnaître, une habileté diabolique, un culot d'acier et un art consommé du léchage (quand c'est utile) et de la trahison (quand c'est nécessaire) ­ ces deux ressorts de la réussite.</p> <p>Il a réussi, il est au sommet et peut chanter, dans les troisièmes mi-temps avec ses copains : « C'est ma fête, je fais ce qui me plaît, ouais, ce qui me plaît, hé. » Yé-yé attitude.</p> <p><strong>Ruptures</strong></p> <p>Six mois de règne, déjà, sans partage. Sans opposition. Six mois d'une occupation permanente de tous les écrans, d'une agitation frénétique de tous les instants. Six mois qui autorisent un premier bilan.</p> <p>Notons d'abord que le rêve a passé d'imposer l'image glamour d'une famille « à la Kennedy », fracassé sur la révolte d'une épouse qui visiblement n'en pouvait plus. Sarkozy promettait la rupture, il l'a eue ­ même si ce n'est pas sur celle-là qu'il misait. Il faut lui en reconnaître une autre, de rupture, celle du style de gouvernement : après « le président en charentaises » des règnes précédents, il nous fait « l'homme aux semelles de vent ». Ça en jette. La Cour applaudit chaque sortie, chaque saillie, chaque rodomontade de cour de récré : la dernière en date (« Descends, viens, viens le dire ici ! ») lancée en direction d'un pêcheur breton en pétard est saluée avec ravissement ; voilà-t-y-pas un président courageux, qui n'a pas peur d'aller au contact (courage relatif, si l'on considère l'équipe de gros bras protecteurs qui l'entoure...) ? Mais ce style direct, déjà en vigueur au cours de la campagne, plaît encore à une majorité de Français qui n'en saisissent pas le côté factice. Comme ils ne réalisent pas non plus ce que peut avoir de coûteux, en termes diplomatiques, l'implication sans retenue du chef de l'État dans des affaires comme celle du Tchad, (comme, avant, dans celle des infirmières bulgares) et le crédit qu'elle donne à des dirigeants aussi peu recommandables que Kadhafi ou Idriss Deby. Plaisent aussi, apparemment ­ et toujours sans qu'on en mesure les possibles développements ­, les déclarations d'amour au Congrès américain (dignes d'un collégien acnéique) et les standing ovations qu'elles valent à leur auteur : à l'heure où même le fidèle allié britannique prend franchement ses distances d'avec un Bush discrédité jusqu'à l'os, l'homme qui dirige la France et se veut l'héritier de de Gaulle postule au rôle de caniche laissé vacant par la retraite de Tony Blair.</p> <p>Il y a bien rupture, en effet, dans tous les compartiments du jeu. Et pas pour le meilleur.</p> <p><strong>Épreuve de force</strong></p> <p>Mais voici qu'on aborde novembre dans un climat plutôt lourd d'incertitude.</p> <p>De nombreux sujets de mécontentement s'accumulent, touchant des catégories diverses : comme ce monde judiciaire (mais aussi nombre d'élus locaux) pris à rebrousse-poil par la réforme de la carte initiée par dame Dati, la chouchoute du chef ; comme ce ras-le-képi qu'on sent monter au sein des forces de l'ordre, harcelées, sommées de « faire du crâne » (en priorité dans la chasse à l'immigré) ; comme sur les campus, où le projet de réforme universitaire provoque une prévisible agitation ; ou dans les services publics, confrontés à l'attaque frontale annoncée et attendue sur les régimes de retraite, qui ne pouvait avoir (malgré des syndicats plutôt mous du genou) d'autre réponse que la grève : nous y sommes, en plein, et vous savez déjà ce que j'ignore encore, à quel degré sur l'échelle de la mobilisation se situe l'épreuve de force et si elle s'installe ou non dans la durée.</p> <p>Tout se passe en tout cas comme si l'affrontement avait été voulu en haut lieu, dans une posture à la Thatcher et dans l'assurance d'un soutien de l'opinion que garantiraient les sondages.</p> <p><strong>Perplexité</strong></p> <p>Et c'est là qu'on bascule dans une lourde perplexité : est-il possible, malgré le zèle des médias domestiques à discréditer les mouvements de grève, que le président bling-bling continue d'être soutenu par une majorité de nos concitoyens ?</p> <p>Car s'il est un terrain où l'échec est patent, c'est sur l'amélioration du pouvoir d'achat et les conditions de vie de la majorité des Français : si beaucoup ont adhéré au slogan-vedette de la campagne, force est de constater que seule la première partie (« travailler plus... ») est au programme, au détriment de la seconde (« ... pour gagner plus »). Il est une catégorie qui a beaucoup reçu depuis l'avènement de Neuilly-Bocsa : les riches, qui ont pompé sous forme de cadeaux fiscaux l'essentiel des ressources disponibles. Sauf à mettre la France « en faillite », comme dit Fillon, il ne reste plus rien à distribuer alors même que le prix de la vie explose et que, selon les sondages, la question du pouvoir d'achat est devenue la toute première priorité dans les préoccupations des Français. Passe que le pouvoir puisse encore faire illusion sur des tas de choses (de la fumisterie du « Grenelle de l'écologie » à la prétendue « ouverture », qui n'est que débauchage minable d'individus aux convictions avariées, en passant par l'activisme débridé du Prince et son prétendu courage) ; passe que l'on ne mesure pas encore avec assez de force ­ la mobilisation commence à peine, il convient d'en pousser les feux [1] ­ l'ampleur de la forfaiture qui consiste à faire adopter par le Parlement, sous une forme à peine différente, un projet de traité précédemment repoussé par le peuple au scrutin direct (référendum), avec du reste l'indigne complicité d'un Parti socialiste décidément perdu d'honneur ; passe qu'on puisse faire croire aux braves gens que la réforme des retraites est une urgence, la franchise médicale une nécessité, la fermeture des tribunaux de proximité un progrès, la traque de l'immigré une mesure de salut public, le matraquage des mal-logés une triste obligation (sur tous ces points, un seul cri, celui de Josiane Balasko, rue de la Banque : « Mais que foutent les mecs du PS ? ») : mais que le pouvoir d'achat stagne ou régresse quand les prix augmentent, que de plus en plus de gens aient du mal à boucler les fins de mois, alors même que prospèrent les revenus du capital, que truandent les patrons et que le Président lui-même s'octroie un triplement de ses émoluments ­ quand déjà il vit aux frais de la princesse ! ­, ça devrait suffire à lier la sauce qui fait les beaux embrasements sociaux, non ?</p> <p>Non, même pas ? Dans huit jours tout est fini, on replie les banderoles, on roule les calicots et on se prépare à la trêve des confiseurs ? Alors là, oui, vraiment, ce pays est cuit ­ dans ce qui fit sa force d'attraction, son originalité, sa vitalité. Les ralliés à Sarko ont raison : à la soupe !</p> <p>Ce royaume où le prince est un sale gosse ne mérite même plus qu'on s'intéresse à son sort.</p> <p>Notes</p> <p>[1] Pétition à signer pour exiger un référendum :</p> <p><a href='http://www.collectifdu29mai.org/App...' class='spip_out' rel='nofollow'>http://www.collectifdu29mai.org/App...</a>.</p> <p>[2] Pétition à signer pour exiger un référendum :</p> <p><a href='http://www.collectifdu29mai.org/App...' class='spip_out' rel='nofollow'>http://www.collectifdu29mai.org/App...</a>.</p></div> Hommage au groupe Manouchian http://sindibad.fr/spip.php?article98 http://sindibad.fr/spip.php?article98 2007-02-21T20:09:19Z text/html fr Communiqué de l'Union Juive Française pour la Paix Hommage au groupe Manouchian Il y a 63 ans, le 21 février 1944, 23 combattants de la MOI (Main d'œuvre Immigrée) étaient fusillés par les Nazis au Mont-Valérien. Olga Bancic fut décapitée peu après en Allemagne. L'occupant avait essayé de dresser la population contre eux avec la célèbre « Affiche Rouge ». Ces résistant(e)s étaient tou(te)s étranger(e)s et communistes. La plupart avaient fait la guerre d'Espagne dans les Brigades Internationales. Parmi eux, (...) - <a href="http://sindibad.fr/spip.php?rubrique10" rel="directory">La terre nous est étroite</a> <img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L105xH150/arton98-6b2b2.jpg" alt="" align="right" width='105' height='150' class='spip_logos' style='height:150px;width:105px;' /> <div class='rss_texte'><p>Communiqué de <a href='http://www.ujfp.org/' class='spip_out'>l'Union Juive Française pour la Paix</a></p> <p><strong>Hommage au groupe Manouchian</strong></p> <p>Il y a 63 ans, le 21 février 1944, 23 combattants de la MOI (Main d'œuvre Immigrée) étaient fusillés par les Nazis au Mont-Valérien. Olga Bancic fut décapitée peu après en Allemagne. L'occupant avait essayé de dresser la population contre eux avec la célèbre « Affiche Rouge ».</p> <p><span class='spip_document_69 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:269px;'> <img src='http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L269xH425/Memorial_affiche_manouchian-cc6d3.jpg' width='269' height='425' alt="" style='height:425px;width:269px;' /></span> Ces résistant(e)s étaient tou(te)s étranger(e)s et communistes. La plupart avaient fait la guerre d'Espagne dans les Brigades Internationales. Parmi eux, il y avait des Arméniens (Manouchian) , des Espagnols (Alfonso), des Italiens (Fontanot), des Juifs (Boczov, Elek, Rayman, Wajsbrot …). Ils ont été arrêtés par la police de Vichy et livrés à l'occupant. Ils sont tombés en combattant à un moment où les résistant(e)s étaient bien rares.</p> <p>À l'heure où en France, les étranger(e)s sont à nouveau suspect(e)s, l'UJFP rappelle le rôle majeur que les étranger(e)s ont joué dans la Résistance Française. Certes, la situation faite aujourd'hui aux étranger(e)s en France n'est pas comparable à celle des années noires de l'occupation. Mais il y a des points communs : faire des étranger(e)s des boucs émissaires, les mettre dans l'illégalité et utiliser tous les moyens de l'État pour les traquer.</p> <p>L'UJFP dénonce la criminalisation des Sans Papiers et la politique gouvernementale à leur égard. Elle réclame la régularisation de tou(te)s les Sans Papiers. Elle déplore que les seules « institutions » religieuses ou communautaires qui n'aient pas protesté contre « l'immigration jetable » soient les institutions juives (CRIF et Consistoire) .</p> <p><span class='spip_document_70 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:125px;'> <img src='http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L125xH180/affiche_rouge-aef07.jpg' width='125' height='180' alt="" style='height:180px;width:125px;' /></span>Les morts de l'Affiche Rouge se battaient au nom de principes universels : le refus de la barbarie Nazie, l'émancipation de l'humanité, le refus de tous les racismes et de toutes les discriminations. Aujourd'hui un seul camp prétend parler au nom du génocide et de ses victimes : c'est le camp de ceux qui défendent inconditionnellemen t la politique criminelle du gouvernement israélien à l'égard du peuple palestinien. C'est le camp de ceux qui essaient de faire passer les Palestiniens pour les successeurs des Nazis.</p> <p>Les combattant(e) s de la MOI de toutes origines n'avaient rien à voir avec cette histoire. L'UJFP se réclame des valeurs qui les ont inspiré(e)s. C'est au nom de ces principes qu'elle demande inlassablement la fin de l'occupation de la Palestine et une paix entre Palestiniens et Israéliens fondée sur l'égalité des droits et la justice.</p> <p>21/02/07</p> <p>UJFP, 21 ter rue Voltaire, 75011 PARIS</p> <p>Tél. national : 06 33 95 29 97</p> <p>Tél. Ile-de-France : 01 42 02 59 76</p> <p>ujfp@filnet. fr</p></div> Sur cette terre http://sindibad.fr/spip.php?article56 http://sindibad.fr/spip.php?article56 2006-12-31T07:29:38Z text/html fr Poème de Mahmoud Darwich. La terre nous est étroite Sur cette terre Sur cette terre, il y a ce qui mérite vie : l'hésitation d'avril, l'odeur du pain à l'aube, les opinions d'une femme sur les hommes, les écrits d'Eschyle, le commencement de l'amour, l'herbe sur une pierre, des mères debout sur un filet de flûte et la peur qu'inspire le soulèvement aux conquérants. Sur cette terre, il y a ce qui mérite vie : la fin de septembre, une femme qui sort de la quarantaine, mûre de tous ses abricots, l'heure de (...) - <a href="http://sindibad.fr/spip.php?rubrique10" rel="directory">La terre nous est étroite</a> <img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L150xH101/arton56-c0647.jpg" alt="" align="right" width='150' height='101' class='spip_logos' style='height:101px;width:150px;' /> <div class='rss_chapo'><p>Poème de Mahmoud Darwich. La terre nous est étroite</p></div> <div class='rss_texte'><p><strong>Sur cette terre</p> <p>Sur cette terre, il y a ce qui mérite vie : l'hésitation d'avril, l'odeur du pain à l'aube, les opinions d'une femme sur les hommes, les écrits d'Eschyle, le commencement de l'amour, l'herbe sur une pierre, des mères debout sur un filet de flûte et la peur qu'inspire le soulèvement aux conquérants.</p> <p>Sur cette terre, il y a ce qui mérite vie : la fin de septembre, une femme qui sort de la quarantaine, mûre de tous ses abricots, l'heure de soleil en prison, des nuages qui imitent une volée de créatures, les acclamations d'un peuple pour ceux qui montent, souriants vers leur mort et la peur qu'inspirent les chansons aux tyrans.</p> <p>Sur cette terre, il y a ce qui mérite vie : sur cette terre, se tient la maîtresse de la terre, mère des préludes et des épilogues. On l'appelait Palestine. On l'appelle désormais Palestine. Ma Dame, je mérite la vie, car tu es ma Dame.</p> <p>Mahmoud Darwich. 1986 </strong></p></div> Nous aussi, nous aimons la vie http://sindibad.fr/spip.php?article64 http://sindibad.fr/spip.php?article64 2006-12-16T16:28:00Z text/html fr Sindibad Nous aussi, nous aimons la vie Nous aussi, nous aimons la vie quand nous en avons les moyens. Nous dansons entre deux martyrs et pour le lilas entre eux, nous dressons un minaret ou un palmier. Nous aussi, nous aimons la vie quand nous en avons les moyens. Au ver à soi, nous dérobons un fil pour édifier un ciel qui nous appartienne et enclore cette migration. Et nous ouvrons la porte du jardin pour que le jasmin sorte dans les rues comme une belle journée. Nous aussi, nous aimons la vie (...) - <a href="http://sindibad.fr/spip.php?rubrique10" rel="directory">La terre nous est étroite</a> <div class='rss_texte'><p><strong>Nous aussi, nous aimons la vie</strong></p> <p><strong>Nous aussi, nous aimons la vie quand nous en avons les moyens.</p> <p>Nous dansons entre deux martyrs et pour le lilas entre eux, nous dressons un minaret ou un palmier.</p> <p>Nous aussi, nous aimons la vie quand nous en avons les moyens.</p> <p>Au ver à soi, nous dérobons un fil pour édifier un ciel qui nous appartienne et enclore cette migration.</p> <p>Et nous ouvrons la porte du jardin pour que le jasmin sorte dans les rues comme une belle journée.</p> <p>Nous aussi, nous aimons la vie quand nous en avons les moyens.</p> <p>Là où nous élisons demeure, nous cultivons les plantes vivaces et récoltons les morts.</p> <p>Dans la flûte, nous soufflons la couleur du plus lointain, sur le sable du défilé, nous dessinons les hennissements</p> <p>Et nous écrivons nos noms, pierre par pierre. Toi l'éclair, éclaircis pour nous la nuit, éclaircis donc un peu.</p> <p>Nous aussi, nous aimons la vie quand nous en avons les moyens.</p> <p>Mahmoud Darwich. 1986 </strong></p></div> La chute de la lune http://sindibad.fr/spip.php?article54 http://sindibad.fr/spip.php?article54 2006-12-14T21:30:00Z text/html fr Sindibad J'ai en tête une chanson, Petie soeur, Sur mon pays. Dors Que je l'écrive... J'ai vu ton corps Resplendissant de couleurs, Porté sur les anneaux des chaînes, Et je leur ai dis : Mon corps est là-bas. Mais ils ont bouclé la place du village. Nous étions petits, Les arbres étaient élevées Et tu étais encore plus belle que ma mère Et mon pays. D'où sont-ils venus ? Et tes parents et les miens Avaient ceint les vignes De ronces et d'amour. Nous contemplons le monde A la hâte, Et nous ne (...) - <a href="http://sindibad.fr/spip.php?rubrique10" rel="directory">La terre nous est étroite</a> <img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L76xH125/arton54-4c9b3.jpg" alt="" align="right" width='76' height='125' class='spip_logos' style='height:125px;width:76px;' /> <div class='rss_texte'><p><strong>J'ai en tête une chanson,</p> <p>Petie soeur,</p> <p>Sur mon pays.</p> <p>Dors</p> <p>Que je l'écrive...</p> <p>J'ai vu ton corps</p> <p>Resplendissant de couleurs,</p> <p>Porté sur les anneaux des chaînes,</p> <p>Et je leur ai dis :</p> <p>Mon corps est là-bas.</p> <p>Mais ils ont bouclé la place du village.</p> <p>Nous étions petits,</p> <p>Les arbres étaient élevées</p> <p>Et tu étais encore plus belle que ma mère</p> <p>Et mon pays.</p> <p>D'où sont-ils venus ?</p> <p>Et tes parents et les miens</p> <p>Avaient ceint les vignes</p> <p>De ronces et d'amour.</p> <p>Nous contemplons le monde</p> <p>A la hâte,</p> <p>Et nous ne voyons aucun être</p> <p>Pleurer un autre.</p> <p>Ton corps s'était abandonné,</p> <p>Et ma bouche</p> <p>S'amusait d'une goutte de miel</p> <p>Sur la boue de mes mains.</p> <p>J'ai en tête une chanson,</p> <p>Petite soeur,</p> <p>Sur mon pays.</p> <p>Dors, que je la grave,</p> <p>Tatouage sur ma peau.</p> <p>Mahmoud Darwich. 1969</strong></p></div> Etranger dans une ville lointaine http://sindibad.fr/spip.php?article53 http://sindibad.fr/spip.php?article53 2006-12-11T21:15:00Z text/html fr Sindibad Quand j'étais petit Et beau, La rose était ma demeure, Les sources étaient mes mers. La rose est devenue blessure Et les sources sont, désormais, soifs. As-tu beaucoup changé. Je n'ai pas beaucoup changé. Lorsque nous rentrerons comme le vent A la maison, Scrute mon front. Tu y verra les roses, palmiers, Les sources, sueurs, Et tu me retrouveras, tel que j'étais, petit Et beau... Mahmoud Darwich. (...) - <a href="http://sindibad.fr/spip.php?rubrique10" rel="directory">La terre nous est étroite</a> <img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L76xH125/arton53-d3405.jpg" alt="" align="right" width='76' height='125' class='spip_logos' style='height:125px;width:76px;' /> <div class='rss_texte'><p>Quand j'étais petit</p> <p>Et beau,</p> <p>La rose était ma demeure,</p> <p>Les sources étaient mes mers.</p> <p>La rose est devenue blessure</p> <p>Et les sources sont, désormais, soifs.</p> <p><img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> As-tu beaucoup changé.</p> <p><img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> Je n'ai pas beaucoup changé.</p> <p>Lorsque nous rentrerons comme le vent</p> <p>A la maison,</p> <p>Scrute mon front.</p> <p>Tu y verra les roses, palmiers,</p> <p>Les sources, sueurs,</p> <p>Et tu me retrouveras, tel que j'étais,</p> <p>petit</p> <p>Et beau...</p> <p>Mahmoud Darwich. 1969</p></div>