Le site de Sindibad http://sindibad.fr/ fr SPIP - www.spip.net Le site de Sindibad http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L144xH93/siteon0-9d8dd.jpg http://sindibad.fr/ 93 144 Philippe Val se rallie à Sarkozy http://sindibad.fr/spip.php?article135 http://sindibad.fr/spip.php?article135 2007-05-03T20:11:16Z text/html fr Selon Philippe Val, le patron de Charlie Hebdo, le danger pour la France, ce n'est pas Sarkozy et ses idées lepénistes, c'est José Bové et son 1,3 % de suffrages. En chargeant Bové entre les deux tours, Val a trouvé le moyen d'épargner son ami Sarkozy (qu'il admire en secret), tout en continuant à dire qu'il voterait Ségolène. Selon Philippe Val, le patron de Charlie Hebdo, le danger pour la France, ce n'est pas Sarkozy et ses idées lepénistes, c'est José Bové et son 1,3 % de suffrages. En chargeant Bové (...) - <a href="http://sindibad.fr/spip.php?rubrique24" rel="directory">Piqué ailleurs</a> <img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L115xH150/arton135-185e0.jpg" alt="" align="right" width='115' height='150' class='spip_logos' style='height:150px;width:115px;' /> <div class='rss_chapo'><p>Selon Philippe Val, le patron de Charlie Hebdo, le danger pour la France, ce n'est pas Sarkozy et ses idées lepénistes, c'est José Bové et son 1,3 % de suffrages. En chargeant Bové entre les deux tours, Val a trouvé le moyen d'épargner son ami Sarkozy (qu'il admire en secret), tout en continuant à dire qu'il voterait Ségolène.</p></div> <div class='rss_texte'><p>Selon Philippe Val, le patron de Charlie Hebdo, le danger pour la France, ce n'est pas Sarkozy et ses idées lepénistes, c'est José Bové et son 1,3 % de suffrages. En chargeant Bové entre les deux tours, Val a trouvé le moyen d'épargner son ami Sarkozy (qu'il admire en secret), tout en continuant à dire qu'il voterait Ségolène. Val est un sarkozyste honteux. Il n'avouera jamais qu'il adore Sarkozy. En vérité, ce qu'il aime le plus chez lui, c'est son coté Bush, doublé d'un tempérement de Sharon-iard, toujours prêt à cogner.</p> <p>Merci à Sebastien Fontenelle d'avoir eu le courage de dénoncer l'imposteur Val.</p> <p><strong>La (Très Sale) Vilenie Du Mercredi</strong></p> <p>Publié par Sébastien Fontenelle sur son blog <a href='http://vivelefeu.blog.20minutes.fr/' class='spip_out'>Vive le feu</a></p> <p>C'est devenu quelque chose comme un rendez-vous : lundi, ravioli, mardi, spaghetti, mercredi, vilenie de Philippe Val.</p> <p>On en vient, quand le boss de "Charlie Hebdo" ne lâche pas, dans un éditorial grotesque, sa dégueulasserie du mercredi, à se demander s'il va bien.</p> <p>S'il n'est pas souffrant.</p> <p>Là, qu'on se rassure : il est en pleine forme.</p> <p>Sa vilenie de la semaine en témoigne, qui devrait encore une fois révolutionner l'historiographie de l'obscénité sur canapé.</p> <p>Val commence en raillant, pour s'échauffer, le "gros succès" des petits candidats au premier tour.</p> <p>Il écrit : "Si on cumulait les scores des partis de gauche et de droite qui ont soutenu le non au référendum européen, on arriverait à un petit 25 %".</p> <p>Il en tire la seule conclusion possible, à ses yeux : "La gueule de bois européenne est sévère".</p> <p>Il précise : "Il faut dire que le monde merveilleux que nous devions habiter après la victoire du non n'a pas été livré".</p> <p>C'est, naturellement, complètement crétin, et totalement hors-sujet : le moindre enfant de cinq ans moyennement versé dans le bla-bla d'après-scrutin a parfaitement compris qu'il n'a pas vraiment été question d(e l)'Europe dimanche dernier dans l'isoloir, que l'électorat noniste des partis de gauche a dès le premier tour voté "utile" comme un seul homme, et que c'est grâce aux voix de cet électorat, et à ces voix seulement, que Royal a pu se qualifier pour le second tour.</p> <p>(Moyennant quoi elle a, sitôt sélectionnée, lancé de vibrants signaux amoureux en direction de François Bayrou...)</p> <p>Mais Philippe Val ne cultive pas seulement le degré zéro du commentaire politicien : il est, aussi, épouvantablement vindicatif, et n'a toujours pas digéré que des Françai(se)s mal éduqué(e)s aient massivement voté, en 2005, sans tenir le moindre compte, les rascals, de son obsessionnelle mélopée oui-ouiste.</p> <p>Le Duhamel du pauvre énonce alors, très posément, que : "Le seul plan B qu'on a vu, c'est le pont idéologique unitaire qu'a bâti Dieudonné en votant pour Bové tout en soutenant Le Pen".</p> <p>Hhhhhhh...</p> <p>On a beau avoir l'habitude : ça fait quand même quelque chose, de lire semaine après semaine de si minables saloperies dans un canard qui a tout de même été, il y a quelques centaines d'années, un peu rigolo...</p> <p>Dans le cerveau effroyablement tourmenté du (tout) petit penseur de la rue de Turbigo (où se fabrique "Charlie Hebdo"), Le Pen et José Bové sont dans le même esquif, et c'est Dieudonné qui tient la barre.</p> <p>A un moment donné, quelque chose a fait que les neurones de Philippe Val ont fini par se connecter, pour lui souffler, c'est absolument effarant, que rien ne différenciait José Bové du Pen.</p> <p>Dans la vraie vie, évidemment, ce n'est pas exactement ce qui se passe - on est un peu confus d'avoir à le signaler.</p> <p>Dans la vraie vie, quand Dieudonné a voulu s'immiscer, il y a de cela quelques semaines, dans la pétition appelant Bové à se présenter, les initiateurs de ladite ont mis exactement trois secondes à lui répondre que ça n'allait pas être possible.</p> <p>Et Bové lui-même a réagi en moins d'une heure, pour inviter l'intrus à passer (très) au large.</p> <p>Mais la vraie vie a ceci de pénible, du point de vue de Philippe Val, qu'elle interdit, en ce cas précis, la calomnie : aussi préfère-t-il s'en affranchir - et c'est vrai que tout devient tellement plus facile, quand on emménage dans la quatrième dimension.</p> <p>Dans la vraie vie, on est là encore désolé d'avoir à le répéter, ce n'est pas José Bové, qui a passé de longues semaines à murmurer des trucs bien salaces à l'oreille des fans du Pen : c'est Nicolas Sarkozy.</p> <p>Mais à la veille du second tour de la présidentielle, Philippe Val préfère mettre en garde contre un axe Bové-Le Pen qui n'existe que dans son imagination ravagée - plutôt que de nous rappeler que c'est Nicolas Sarkozy qui, dans la vraie vie, dit tout haut ce que le patron du FN pense tout haut.</p> <p>Il est vrai : ce n'est pas José Bové, mais Nicolas Sarkozy, qui a récemment flatté l'encolure de Philippe Val en lui assurant qu'il était à donf pour la liberté d'expression - pendant que de l'autre main il faisait condamner un dessinateur coupable d'avoir, sacrilège, caricaturé un keuf.</p> <p>De sorte que Philippe Val, à cinq jours du second tour, se garde bien de stigmatiser la sévère lepénisation de l'esprit de Nicolas Sarkozy, préférant le présenter dans son édito de cette semaine, ouch, le coup est d'une extrême rudesse, en ami "des compagnies d'assurance"...</p> <p>Philippe Val peut alors, exhumant une sombre connerie que Bové lui-même a clairement confessée comme telle, nous rappeler, pour le cas où nous l'aurions déjà oublié, que les altermondialistes sont des antisémites - alors que le principal défaut de Nicolas Sarkozy est de rouler pour les assureurs...</p> <p>Ca donne, sous la plume de Val, ceci, qui pue très fort : "Que peuvent bien avoir en commun ces trois-là [Dieudonné, Bové, Le Pen] ? Plus de choses qu'on ne pense, et notamment la conviction que c'est le Mossad qui a intérêt à commettre des attentats contre les synagigues en France... C'est le genre de foi commune qui crée des liens"".</p> <p>(Noter le "plus de choses qu'on ne le pense"...)</p> <p>Et en effet, Bové, en 2002, avait lâché, sur les attaques visant des synagogues, cette fort triste connerie : « Il faut se demander à qui profite le crime. Je dénonce tous les actes visant des lieux de culte. Mais je crois que le gouvernement israélien et ses services secrets ont intérêt à créer une certaine psychose, à faire croire qu'un climat antisémite s'est installé en France, pour mieux détourner les regards. »</p> <p>Mais.</p> <p>(Il y a un (très gros) mais.)</p> <p>Ce que Val "oublie", c'est que Bové a très clairement reconnu qu'il avait, sur ce coup-là, salement déconné.</p> <p>Déclarant d'abord : "J'ai présenté mes excuses à la communauté juive. Mes propos, à mon retour de Ramallah, ne pouvaient pas être compris. Ils ont choqué, dans un contexte de souffrance, des familles juives françaises".</p> <p>Puis : "C'est une véritable erreur, qui a fait mal à la communauté juive, et qui m'a fait mal à moi, parce que je me suis retrouvé accusé de ce qui est à mes yeux un crime absolu : l'antisémitisme".</p> <p>Un "crime absolu : l'antisémitisme".</p> <p>Difficile d'être plus net.</p> <p>Mais Val préfère, dans "Charlie Hebdo", effacer jusqu'au souvenir de cette séquence - exactement comme la "Pravda" escamotait jadis les portraits des apparatchiks tombés en disgrâce.</p> <p>Aux yeux de Philippe Val, qui n'en finit jamais de réagencer le réel en fonction de ses besoins idéologiques, le mea culpa de Bové n'a aucune espèce de valeur - alors que Nicolas Sarkozy est forcément sincère, quand il écrit à Val qu'il adore les caricatures.</p> <p>En sorte que Bové, même après avoir posé que l'antisémistisme est pour lui un crime absolu, reste, sous la plume dégueulasse de Val, (sournoisement) raciste, alors que Sarkozy est, je cite, rappelons-nous l'édito où le boss de "Charlie Hebdo" le "remerciait", un homme de "valeurs qui ne se discutent pas".</p> <p>Pour nous vendre l'idée que Sarkozy est rugueux, certes, mais bon au fond, Val a besoin de nous fourguer d'abord un moustachu aveyronnais d'apparence accorte, mais profondément lepéniste.</p> <p>Son "plus de choses qu'on ne le pense" est, de ce point de vue, un pur chef-d'oeuvre de saloperie insinuatrice - mais qui, et pour cause, ne sera jamais documentée.</p> <p>Dans la calomnie cent fois répétée, Philippe Val excelle.</p> <p>Dans le mensonge par omission, Philippe Val se la donne, grave.</p> <p>Dans la fabrication d'une vilaine gauche imaginaire, Philippe Val est douzième dan.</p> <p>Philippe Val peut dès lors énoncer crânement qu'il votera "pour Ségolène Royal" : on voit très bien dans quel camp le rangent ses procédés répugnants.</p></div> Chronique du racisme républicain http://sindibad.fr/spip.php?article108 http://sindibad.fr/spip.php?article108 2007-03-18T09:48:00Z text/html fr Notre contribution à la campagne présidentielle est un simple rappel historique de ce qui s'est passé, sur le terrain du racisme, entre 2002 et 2007, au cours du second mandat de Jacques Chirac, dominé par la figure et l'activité législative de Nicolas Sarkozy. Si un fait important a été oublié, n'hésitez pas à nous le signaler... Par le Collectif Les Mots sont Importants Chronique du racisme républicain Les années Sarkozy Par Collectif Les mots sont importants, 7 mars 2007 Introduction (...) - <a href="http://sindibad.fr/spip.php?rubrique24" rel="directory">Piqué ailleurs</a> <img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L113xH150/arton108-2d7a9.jpg" alt="" align="right" width='113' height='150' class='spip_logos' style='height:150px;width:113px;' /> <div class='rss_chapo'><p>Notre contribution à la campagne présidentielle est un simple rappel historique de ce qui s'est passé, sur le terrain du racisme, entre 2002 et 2007, au cours du second mandat de Jacques Chirac, dominé par la figure et l'activité législative de Nicolas Sarkozy. Si un fait important a été oublié, n'hésitez pas à nous le signaler...</p> <p>Par le Collectif Les Mots sont Importants</p></div> <div class='rss_texte'><p>Chronique du racisme républicain</p> <p>Les années Sarkozy</p> <p>Par <a href='http://lmsi.net/index.php3' class='spip_out'>Collectif Les mots sont important</a>s, 7 mars 2007</p> <p>Introduction</p> <p>Janvier-avril 2002. Campagne présidentielle dominée par la problématique « sécuritaire » et triomphe de l'extrême droite. Le 21 avril, Jean-Marie Le Pen devance Lionel Jospin et se retrouve qualifié au second tour. Entre les deux tours, le traitement de « l'insécurité« par les grands médias est mis en accusation, notamment par les manifestants. Au Parti socialiste, rien ne change : comme au lendemain des élections municipales de 2001, plusieurs dirigeants expliquent que c'est d'avoir négligé la thématique sécuritaire qui a fait perdre le candidat Jospin. Le sénateur Henri Weber affirme par exemple, avec le plus grand sérieux, que si le Parti Socialiste s'est aliéné les classes populaires, c'est à cause de son excès d'angélisme sur l'insécurité d'une part, et d'autre part à cause de l'ouverture de la « Couverture Maladie Universelle » aux étrangers et aux sans-papiers...</p> <p>Mai 2002. Ré-élection de Jacques Chirac et premières mesures « sécuritaires ». Ré-élu avec 82% des suffrages, Jacques Chirac nomme Jean-Pierre Raffarin Premier ministre, et lui donne pour « première mission » de « rétablir » la « sécurité » et « l'autorité de l'État ». Nicolas Sarkozy est nommé ministre de l'Intérieur. Il annonce aussitôt que les policiers îlotiers seront armés de « flashballs » , et que de nouvelles unités seront conçues, afin de mener des opérations « coup de poing » dans les cités « chaudes ». Il annonce enfin qu'il est déterminé à arrêter les « délinquants » avant qu'ils commettent leurs délits...</p> <p>Mai 2002. Publication du pamphlet islamophobe d'Oriana Fallaci : La rage et l'orgueil. Best-seller en Italie, ce livre écrit au lendemain des attentats du 11 septembre 2001 s'en prend aux « fils d'Allah », que l'auteure accuse de tous les maux. Oriana Fallacci écrit par exemple : « Au lieu de contribuer au progrès de l'humanité, [les fils d'Allah] passent leur temps avec le derrière en l'air à prier cinq fois par jour [...] Ils se multiplient comme des rats. » (...) Il y a quelque chose, dans les hommes arabes, qui dégoûte les femmes de bon goût. ». Malgré une plainte déposée par le MRAP et la Ligue des droits de l'homme, ce livre reçoit dans plusieurs médias français un accueil d'une grande complaisance. Dans Le Point du 24 mai, Alain Finkielkraut ne déplore que quelques excès, et écrit : « Oriana Fallaci a l'insigne mérite de ne pas se laisser intimider par le mensonge vertueux. Elle met les pieds dans le plat, elle s'efforce de regarder la réalité en face. ». Un mois plus tard, dans Actualité juive, Pierre-André Taguieff confirme : « Fallaci vise juste, même si elle peut choquer par certaines formules. ». Quelques mois plus tard, en novembre, Robert Misrahi écrira dans Charlie Hebdo : « Oriana Fallaci fait preuve de courage intellectuel. [...] On ne veut pas voir ni condamner clairement le fait que c'est l'islam qui part en croisade contre l'Occident et non pas l'inverse. »</p> <p>Mai-juin 2002. Premières « bavures » de l'ère Sarkozy : deux morts à Dammarie les Lys. Le 23 mai, Mohammed Berrichi, au volent d'une moto, est pris en chasse pendant plus d'un quart d'heure au seul motif qu'il ne porte pas de casque. L'accident, prévisible, advient, et Mohammed Berrichi décède de ses blessures. Deux jours auparavant, un jeune marginal, Xavier Dem, est abattu lors d'une interpellation alors qu'il ne menace pas les policiers. L'association Bouge qui bouge organise une marche pacifique et une mobilisation politique pour réclamer la vérité et la justice sur ces décès. Le maire et le Préfet répondent par une série de déclarations diffamatoires contre l'association (qui portera plainte et remportera son procès), et un bouclage policier de tout le quartier, au cours duquel les violences et les humiliations se multiplient. Une procédure est lancée pour priver l'association de son local : elle échoue mais le local est alors détruit par un mystérieux incendie. Le harcèlement policier durera des mois : Kader Berrichi, le frère de Mohammed, sera notamment poursuivi pour avoir collé sur son pare-brise un tract intitulé « La police tue, la Justice couvre ». (Cf. Collectif Les mots sont importants, « <a href='http://lmsi.net/article.php3?id_article=135' class='spip_out'>Une gestion néo-coloniale de la contestation politique</a> » ) Au même moment se tient à St Denis le Forum « Résistons ensemble contre les violences policières et sécuritaires », regroupant le MIB, les Syndicat de la magistrature et plusieurs associations dont le MRAP et le GISTI. Le forum donnera naissance au réseau « Résistons ensemble ». Au même moment, le très médiatique président de SOS Racisme, Malek Boutih, multiplie les déclarations « sécuritaires » contre les « caïds des banlieues ». À propos des « bavures policières », Malek Boutih déclare : « on ne fait pas d'omelette sans casser des œufs ». Cf. Act Up et le MIB, « <a href='http://lmsi.net/article.php3?id_article=132' class='spip_out'>Malek Boutih au coeur du sécuritaire</a> ». Cf. aussi la chronologie détaillée et le dossier réalisés par la revue <a href='http://www.vacarme.eu.org/article383.html' class='spip_out'>Vacarme</a> (n°21, automne 2002).</p> <p>Juillet 2002. Première « bavure médiatique » sur « l'insécurité » : « l'affaire de Pantin ». Le 24 juillet 2002, TFI annonce que « des jeunes auraient agressé des policiers à coups de poing et de battes de base-ball » dans la ville de Pantin, en région parisienne, tandis que Le Figaro parle d'un « véritable guet-apens comme on en connaît de plus en plus souvent... ». Le conditionnel disparaît rapidement, et un déferlement médiatique répercute une version des faits construite uniquement à partir des déclarations d'un syndicaliste policier. L'instruction établira rapidement (sans que la presse ne revienne sur les contre-vérités qu'elle a diffusées) qu'il n'y a jamais eu de batte de base ball ni de guet-apens tendu aux policiers, et que la « dizaine » de jeunes se réduisait en fait à deux personnes. Jean-Pierre Raffarin, Nicolas Sarkozy et Dominique Perben dénoncent « l'exceptionnelle gravité », « l'horreur », « la sauvagerie des voyous ». Pierre Bédier, le ministre des « programmes immobiliers de la justice », invente, « parmi les agresseurs », la présence d'un « un enfant de onze ans », sans être démenti par les journalistes. Une fois retombée la fièvre médiatique, deux jeunes seront inculpés, incarcérés puis jugés et condamnés (respectivement à trois ans et demi de prison dont un an avec sursis et trente mois dont huit avec sursis), dans des conditions très douteuses : des images de vidéosurveillance sont évoquées comme moyens ayant permis de procéder à des interpellations, avant d'être déclarées « inexploitables » ; aucune reconstitution n'a lieu ; le juge refuse de procéder à l'examen ADN des chaussures des protagonistes, qui aurait pu permettre d'identifier l'auteur du coup porté à la policière ; les jeunes sont condamnés sur la seule base des témoignages des policiers, alors que l'instruction a prouvé qu'ils ont menti en essayant d'incriminer d'autres jeunes, absents des lieux. Cf. S. Tissot, « <a href='http://lmsi.net/article.php3?id_article=488' class='spip_out'>Une bavure médiatique</a> ».</p> <p>Septembre-octobre 2002. Vote de la loi Perben sur la « délinquance des mineurs ». Cette loi radicalise les options répressives prises par le gouvernement socialiste à partir de septembre 2001, et poursuit le démantèlement des dispositifs d'éducation et de réinsertion mis en place à partir de 1945. Elle crée notamment, à destination des mineurs de plus de 13 ans, des centres dits « éducatifs » mais désormais fermés. L'âge minimum pour les sanctions judiciaires passe de 13 à 10 ans, et celui de la détention provisoire passe de 16 à 13 ans. La durée de la garde à vue passe de 10 heures à 24 heures pour les plus de 10 ans. Un nouveau délit est créé : l'outrage à enseignant, passible de six mois de prison et/ou de 7500 euro d'amende. Une juridiction spéciale est créée, dite « justice de proximité », que le Syndicat de la Magistrature dénonce comme une sous-justice « d'abattage ». Les acquis de la loi Guigou sur la présomption d'innocence sont remis en cause, et la détention provisoire est à nouveau facilitée. Les mesures de surveillance par bracelet électronique, introduites au départ comme des alternatives « plus humaines » à la détention, sont désormais généralisées à des délits non-passibles de prison. Le recours à des témoignages anonymes, réservé au départ aux crimes et délits les plus graves, est généralisé à presque toutes les infractions. Les jugements expéditifs appelés « comparution immédiate » sont également généralisés. Des moyens sont enfin débloqués pour construire 35 nouvelles prisons, permettant d'incarcérer 11000 personnes supplémentaires. Un « secrétariat d'Etat au mobilier de la Justice » a d'ailleurs été créé spécialement à cet effet par Jean-Pierre Raffarin.</p> <p>Octobre 2002. Fermeture du camp de réfugiés de Sangatte. Alors que les violences policières se multiplient contre les réfugiés kurdes et afghans, désormais « à la rue », Jack Lang déclare, « tirer son chapeau » à Nicolas Sarkozy, et ajoute, sans aucune ironie : « ce ministre-là fait bien son travail ». Sur ce centre de Sangatte et les effets de sa fermeture, cf. le <a href='http://www.gisti.org/dossiers/sangatte/' class='spip_out'>dossier du GISTI</a></p> <p>Octobre 2002. Meurtre de Sohane Benziane, parution du livre Dans l'enfer des tournantes et lancement de la campagne médiatique sur « le sexisme en banlieue ». Sohane Benziane, une adolescente de 17 ans meurt brûlée vive des suites d'une agression dans une cave de la cité Balzac à Vitry-sur-Seine. Le mouvement naissant « Ni putes ni soumises » s'empare de ce fait divers atroce pour en faire l'emblème de la condition des « filles des quartiers ». Au même moment, paraît Dans l'enfer des tournantes de Samira Bellil. L'expérience extrême de son auteure (victime d'un viol collectif) est présentée dans tous les grands médias comme l'emblème, voire comme le quotidien de « la vie d'une fille de banlieue », aux prises avec « la loi de la cité ». Le discours médiatique tenu autour de ce livre - comme celui tenu autour du meurtre de Sohane Benziane - omet surtout de dire que les violences en question n'ont rien de spécifique aux « banlieues ». Sur cette campagne, cf. L. Mucchielli, « <a href='http://lmsi.net/article.php3?id_article=413' class='spip_out'>Les “tournantes” : mythes et réalités</a> ».</p> <p>Octobre-novembre 2002. Débats parlementaires sur les « lois Sarkozy ». Le ministre de l'Intérieur bénéficie d'un véritable et « état de grâce » politique et médiatique. Des députés socialistes, interrogés par Libération, se montrent admiratifs à l'égard du maire de Neuilly, en particulier à l'égard de sa capacité à « s'adresser au peuple » (sic). Georges Frêche, maire socialiste de Montpellier, se déclare favorable aux mesures de répression de la « mendicité agressive », qu'il se vante d'avoir « demandées depuis des années. » La presse et la télévision multiplient les « portraits » du ministre de l'intérieur Nicolas Sarkozy, souvent d'une grande complaisance. Un portrait hagiographique est même consacré à son épouse et assistante Cécilia Sarkozy dans l'émission de reportages « Envoyé spécial » .</p> <p>Décembre 2002. « Affaire des roms de Choisy ». À la demande de Nicolas Sarkozy, 300 gendarmes mobiles assistés de 150 policiers débarquent dans un bidonville de Choisy-le-roi pour une expulsion hyper-médiatisée. Le jour même, 71 personnes sont placées en garde-à-vue pour séjour irrégulier et sont en instance d'expulsion. Quatre personnes seront envoyées en Roumanie par un charter franco-espagnol dès le lendemain. Cependant, dans les deux jours qui suivent, la totalité des gens interpellés sont remis en liberté par le Tribunal de Créteil pour nullité de procédure. Cf. C. Damiens, « <a href='http://lmsi.net/article.php3?id_article=356' class='spip_out'>Sarkozy, les médias et l'invention de la “mafia roumaine” ».</a></p> <p>Décembre 2002. Abolition de la « préférence nationale » à la RATP. La Régie annonce que ses 45 000 emplois ne seront plus réservés aux Français et aux ressortissants de l'Union européenne. Cette démarche, malheureusement unique en son genre, est le fruit d'un travail en commun entre la direction et les syndicats. Des négociations semblables ont été entamées à la SNCF, mais n'ont pas abouti. Au total, le nombre d'emplois de titulaires dans les trois fonctions publiques, interdits aux étrangers non communautaires, atteint 5,2 millions. Si l'on ajoute les entreprises sous statut gérant des services publics tels que La Poste, EDF-GDF, Air France et les établissement publics industriels et commerciaux, qui comptent plus d'un million de salariés, ce sont plus de 6 millions d'emplois publics qui sont interdits aux étrangers « non-européens ». Enfin, si l'on rajoute les emplois fermés aux étrangers dans le secteur privé, pour des conditions de nationalité ou de diplôme, ce sont environ 30 % de l'ensemble des emplois qui demeurent réservés aux Français ou aux Européens. Sur cette question des emplois réservés, cf. le dossier réalisé par le GISTI.</p> <p>Décembre 2002-janvier 2003. « Affaire du bagagiste de Roissy ». Le 29 décembre, Abderrezak Besseghir, bagagiste à l'aéroport de Roissy, est arrêté et incarcéré. À la suite d'une dénonciation, des armes et des explosifs ont été retrouvés dans le coffre de sa voiture. Un simple document religieux « en langue arabe » ainsi qu'un « tract pro-palestinien » sont également cités comme des éléments probants, permettant de postuler l'appartenance du bagagiste à un réseau terroriste « islamiste ». Des éléments permettant de mettre en doute cette hypothèse sont dans un premier temps écartés de l'enquête : les explosifs retrouvés ne correspondent pas à ceux qui sont traditionellement utilisés pour les attentats dans les avions, et le dénonciateur est un personnage trouble, militaire à la retraite reconverti dans le buiseness de la sécurité et récemment condamné pour trafic d'armes. On apprend par ailleurs dès le 3 janvier 2003 que les empreintes digitales retrouvées sur les armes et les explosifs retrouvés ne sont pas celles d'Abderrezak Besseghir. On découvre finalement, le 10 janvier, que le bagagiste a été victime d'une machination de la part de sa belle-famille, comme il le soutenait depuis son arrestation. Tout au long de ces quinze jours, l'hypothèse de la culpabilité de Besseghir a été présentée par l'ensemble des médias comme un fait quasi-acquis. Cf. A. Besseghir, « Bagagiste à Roissy, présumé terroriste », Michel Lafon, 2003, et P. Laniray, « La brigade anti-terroriste du Parisien », Almanach critique des médias, Editions Les Arènes, 2005.</p> <p>Collectif Les Mots Sont Importants</p> <p><strong>La suite :</strong></p> <p><a href='http://lmsi.net/article.php3?id_article=633' class='spip_out'>Partie 2</a></p> <p><a href='http://lmsi.net/article.php3?id_article=637' class='spip_out'>partie 3</a></p></div> Je l'avoue, je n'aime pas la France http://sindibad.fr/spip.php?article111 http://sindibad.fr/spip.php?article111 2007-03-17T08:29:29Z text/html fr <p>A propos du Ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale</p> - <a href="http://sindibad.fr/spip.php?rubrique24" rel="directory">Piqué ailleurs</a> <img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L113xH150/arton111-3a63b.jpg" alt="" align="right" width='113' height='150' class='spip_logos' style='height:150px;width:113px;' /> <div class='rss_chapo'><p>Et bien, moi, j'aime ma femme, mes enfants, mes petits-enfants, ma famille, mes ami(e)s, mon chien, mes compatriotes autant que les étranges étrangers... J'aime la montagne, la lecture, la mer... J'ai par contre une aversion envers le patriotisme, le nationalisme et, autant vous l'avouer, je n'aime pas la France. Je ne la déteste pas non plus, remarquez... A vrai dire, j'éprouve assez peu de sentiments à son égard. Le hasard nous a fait nous rencontrer : je respecte ses lois, j'aimerais qu'elle respecte mes droits, y compris le droit à l'indifférence à son égard...</p></div> <div class='rss_texte'><p><strong>Je l'avoue, je n'aime pas la France</strong></p> <p>Publié dans Libé du 13 mars 2007</p> <p>Un « ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale » ? Mauvais vieux temps sur la France... Plus je vous écoute, monsieur Sarkozy, moins je me sens Français. Plus je vous lis, monsieur Sarkozy, moins je me sens BON Français ; ni mauvais, d'ailleurs. Français, point barre. « Il faut aimer la France ou la quitter. » Vous voilà peu ou prou chef de rayon au magasin Le Pen, à faire la promo d'idées nauséabondes.</p> <p>Et bien, moi, j'aime ma femme, mes enfants, mes petits-enfants, ma famille, mes ami(e)s, mon chien, mes compatriotes autant que les étranges étrangers... J'aime la montagne, la lecture, la mer... J'ai par contre une aversion envers le patriotisme, le nationalisme et, autant vous l'avouer, je n'aime pas la France. Je ne la déteste pas non plus, remarquez... A vrai dire, j'éprouve assez peu de sentiments à son égard. Le hasard nous a fait nous rencontrer : je respecte ses lois, j'aimerais qu'elle respecte mes droits, y compris le droit à l'indifférence à son égard... Pour le reste, ça me regarde, me semble-t-il. Viendra peut-être le temps où un tel ministère demandera aux citoyens d'attester de leur amour de la patrie, sous peine de confiscation d'identité nationale... A quand un permis à points (« Ne s'est pas levé pendant l'hymne national » : - 2 points ; « Ne connaît pas les paroles de la Marseillaise » : - 1 point ; « Ne possède aucun symbole tricolore » : - 1 point ; etc.) ? Allez au bout de votre logique pétainisante, monsieur Sarkozy : ayez le courage d'envisager à terme l'expulsion hors du territoire des trop mauvais citoyens. Des exemples récents montrent que nombre de fonctionnaires aux ordres ­ quand ce ne sont pas de simples employés de banque ­ sont prêts à faire la preuve de leur grand désir de collaboration...</p> <p>« Etre Français, c'est parler et écrire le français », déclarez-vous par ailleurs. Mais savez-vous que certains élèves en grande difficulté se distinguent moins par leur origine géographique qu'ils ne se confondent dans la même pauvreté sociale et culturelle ? Etre migrants de l'intérieur ou immigrés d'origine étrangère, c'est parfois partager les mêmes difficultés à « parler et écrire le français », comme vous dites. Et, à ce compte, il y a beaucoup de Français moins français que d'autres...</p> <p>Qu'envisagez-vous ? La déchéance nationale pour qui ne maîtrisera pas notre langue ? La France dont vous rêvez, monsieur Sarkozy, devient un cauchemar pour beaucoup.</p> <p>Jacky Poulain (Sallanches)</p></div> Le Safari Banlieusard De "Charlie Hebdo" http://sindibad.fr/spip.php?article105 http://sindibad.fr/spip.php?article105 2007-03-08T07:20:52Z text/html fr Le Safari Banlieusard De "Charlie Hebdo" : Petit Peuple, Incendiaires De Voitures, Gogos En Survet Le mépris de classe, on le sait, met parfois un peu de temps à s'imposer pour ce qu'il est. Tel n'est cependant pas le cas ce matin dans "Charlie Hebdo", où un certain Jean-Baptiste Thoret crache longuement le sien (de mépris), dans un papier sidérant de brutale connerie. Titre : "Pourquoi la "racaille" préfère Sarkozy à Royal". Sous-titre : "La banlieue vote à gauche, mais préfère Sarkozy. Tel est (...) - <a href="http://sindibad.fr/spip.php?rubrique24" rel="directory">Piqué ailleurs</a> <img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L115xH150/arton105-fa4ee.jpg" alt="" align="right" width='115' height='150' class='spip_logos' style='height:150px;width:115px;' /> <div class='rss_texte'><p><strong>Le Safari Banlieusard De "Charlie Hebdo" : Petit Peuple, Incendiaires De Voitures, Gogos En Survet </strong></p> <p>Le mépris de classe, on le sait, met parfois un peu de temps à s'imposer pour ce qu'il est.</p> <p>Tel n'est cependant pas le cas ce matin dans "Charlie Hebdo", où un certain Jean-Baptiste Thoret crache longuement le sien (de mépris), dans un papier sidérant de brutale connerie.</p> <p>Titre : "Pourquoi la "racaille" préfère Sarkozy à Royal".</p> <p>Sous-titre : "La banlieue vote à gauche, mais préfère Sarkozy. Tel est le passionnant paradoxe qu'a révélé le 3 février dernier un sondage BVA".</p> <p>Nous sommes, dès l'abord, prévenu(e)s : la banlieue, c'est la "racaille" (les guillemets (hypocrites) n'y changent rien).</p> <p>Même Sarkozy n'ose plus l'énoncer aussi nettement.</p> <p>Nous voilà, aussi, informé(e)s de ce qui "passionne" aujourd'hui l'hebdomadaire de Philippe Val : "un sondage BVA".</p> <p>Dudit sondage, sur lequel pourtant il prétend appuyer son "raisonnement", il n'est curieusement question nulle part, dans l'article de Thoret.</p> <p>On ne sait donc absolument pas sur quoi il portait, au juste, ni ce que les sondé(e)s ont répondu - mais pour tout dire, on s'en fout un peu : il n'y a plus guère que "Charlie Hebdo", pour trouver de l'intérêt aux tripotages de BVA e.a.</p> <p>Nous sommes donc prié(e)s de croire Thoret sur parole, quand il affirme avoir découvert là un "passionnant paradoxe" - dont le principal mérite, nous l'allons voir, est de lui offrir l'occasion de se délester de sa bile.</p> <p>Ce que nous avons là n'est pas le commentaire d'un sondage dont les résultats ne sont, je le répète, jamais cités, mais l'interminable délire d'un pauvre type qui, se lâchant, débite les sinistres clichés à deux balles qui lui rongent l'intelligence.</p> <p>Ca commence comme ça : "Que le petit peuple banlieusard terrorisé par les incendiaires de voitures et les "Yo ! Men" des cages d'escalier se prononce en faveur de l'actuel ministre de l'Intérieur n'a rien d'étonnant. Mais qu'en est-il des incendiaires eux-mêmes ? Considèrent-ils le ménestrel de l'UMP plus en phase avec leurs problèmes concrets, mais, animés d'une force contraire, se prépareraient-ils à voter majoritairement à gauche ?"</p> <p>Matez le cauchemar : la banlieue, vue par le voyagiste "Charlie Hebdo", c'est, d'un côté, le "petit peuple banlieusard", et, de l'autre, "les incendiaires de voitures" (avec leurs "Yo ! Men" de cages d'escaliers), qui, non contents de se comporter en terroristes, envisagent au surplus d'aimer Sarkozy.</p> <p>Et pour cause : "L'adhésion politique, en banlieue ou ailleurs, est d'abord une question d'identification, et la schizophrénie apparente des électeurs du 93 révèle [...] une évidence qui fâche : si Royal semble les défendre, Sarkozy leur ressemble".</p> <p>Nous progressons, vous l'aurez certainement relevé, dans une plus juste définition de ce que représente la banlieue dans l'esprit d'un salarié de "Charlie Hebdo" : il s'agit, essentiellement, du "93" - de la Seine-Saint-Denis, comme on dit chez nous.</p> <p>Vous aurez aussi retenu que l'électeur, "en banlieue ou ailleurs", est un être simple, et pour tout dire assez uniment con, puisqu'il vote sans vraiment réfléchir, non pour un programme et/ou un projet, mais par "identification".</p> <p>(Le QI du banlieusard culmine décidément à 12 : heureusement que "Charlie Hebdo" est là pour nous le signaler.)</p> <p>Or, je vous le demande, à qui s'identifie la racaille des faubourgs ?</p> <p>A Nicolas Sarkozy.</p> <p>Et cela, nous explique Thoret, pour une simple et bonne raison : le banlieusard (et singulièrement le banlieusard du "93") est, "au fond", et par procuration, un criminel de la pire espèce.</p> <p>Tony Montana, pour ne pas le nommer.</p> <p>Sous la plume de Thoret, ça donne cette "démonstration", extraordinairement lumineuse : "Au fond", Marie-Ségolène Royal représente "un repoussoir naturel pour une génération rétive à toute forme d'autorité, amatrice de rap et placée sous perfusion constante d'une imagerie "gangsta" qui vante les mérites d'une réussite clinquante et arrogante (strings, dollars et "guns" dans la boîte à gants), et dont le "Scarface" de Brian De Palma constitue le modèle absolu".</p> <p>Car, Thoret l'a noté : "Logotisée partout, placardée, remakée dans les clips, tatouée sur les corps et les "pantalons patates", la trogne cicatrisée d'Al Pacino brandissant virilement une AK-47 fait figure d'icône".</p> <p>(Je ne commente pas.)</p> <p>Or - et c'est là que Thoret brille véritablement de mille feux conceptuels : "Le Scarface de l'élection présidentielle, celui qui en réfléchit le mieux l'image, s'appelle Nicolas Sarkozy".</p> <p>Dès lors, c'est plié, nous annonce l'ahurissant Thoret : la "racaille", en effet, préfère Sarkozy à Royal.</p> <p>Car, "dans tout bon film de mafia, on respecte celui qui ne pense qu'à vous écraser".</p> <p>Mieux : "On admire secrètement ceux qui vous déclarent la guerre, ceux qui vous disputent un territoire et mettent la dose de Kärcher pour vous en déloger".</p> <p>Notez-le, s'il vous plaît, sur un pense-bête : la banlieue est "un bon film de mafia".</p> <p>Ou plutôt : les jeunes des banlieues sont tellement abrutis, qu'ils sont absolument incapables de faire la différence entre la réalité de leur vie quotidienne, et un blockbuster de Brian De Palma.</p> <p>En outre, ils adorent, "au fond", qu'on les conchie : plus tu les brutalises, mieux ils te respectent !</p> <p>Ah ça, pour des sombres cons...</p> <p>Notez aussi le "secrètement" : Thoret, c'est avéré, a une taupe de compétition dans l'inconscient des banlieusards, et cette gorge profonde l'informe régulièrement de ce que ces pauvres connards pensent "secrètement".</p> <p>C'est du (très) grand journalisme d'investigation : vive "Charlie Hebdo".</p> <p>Thoret, cependant, continue : "En traitant [...] de "racaille" tous ces gogos en survet qui frétillent au moindre refrain antiflics, en brandissant sans cesse la massue répressive, Sarkoface feint de prendre au sérieux la menace qu'ils incarnent et leur confère ainsi une identité qui, bien que fictive (qui les craint ?), se conforme à leurs désirs de puissance".</p> <p>C'est dit clairement : l'incendiaire de voiture (dont les motivations ne sont, bien sûr, pas envisagées une seule fois) est aussi, merci Thoret, un gogo en survet qui frétille au moindre refrain antiflics - comportement d'autant plus débile que la police est toujours, comme on sait, d'une exquise urbanité avec les jeunes des banlieues.</p> <p>N'est-ce pas, Zyed Benna ?</p> <p>N'est-ce pas, Bouna Traoré ?</p> <p>Thoret conclut : "Règle d'or : dans "Scarface", on ne dézingue que les puissants, jamais les faibles. Stratégie retorse mais diablement efficace qui oppose à la compassion de gauche l'agression comme forme perverse de respect".</p> <p>Bon.</p> <p>Et pour ce qui serait des formes primaires de crasse vilenie journalistique ?</p> <p>Publié sur <a href='http://vivelefeu.blog.20minutes.fr/' class='spip_out'>Vive le feu</a></p></div> Un rêve « dissident » de règlement global http://sindibad.fr/spip.php?article104 http://sindibad.fr/spip.php?article104 2007-03-05T08:14:30Z text/html fr Un rêve « dissident » de règlement global Par Georges Corm Publié Dans Le Monde diplomatique de décembre 2007 L'administration américaine, largement suivie par les gouvernements européens, place trois éléments majeurs au cœur de sa vision d'une solution globale aux conflits du Proche-Orient : l'éradication du Hamas à Gaza et en Cisjordanie comme du Hezbollah au Liban, du moins de leurs branches militaires ; la mise au pas des régimes iranien et syrien, qu'elle estime opposés à sa politique de (...) - <a href="http://sindibad.fr/spip.php?rubrique24" rel="directory">Piqué ailleurs</a> <img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L150xH123/arton104-bc03e.jpg" alt="" align="right" width='150' height='123' class='spip_logos' style='height:123px;width:150px;' /> <div class='rss_texte'><p><strong>Un rêve « dissident » de règlement global</strong></p> <p>Par Georges Corm</p> <p>Publié Dans <i>Le Monde diplomatique</i> de décembre 2007</p> <p>L'administration américaine, largement suivie par les gouvernements européens, place trois éléments majeurs au cœur de sa vision d'une solution globale aux conflits du Proche-Orient : l'éradication du Hamas à Gaza et en Cisjordanie comme du Hezbollah au Liban, du moins de leurs branches militaires ; la mise au pas des régimes iranien et syrien, qu'elle estime opposés à sa politique de stabilisation de la région ; la généralisation de la démocratie et de l'état de droit dans les sociétés arabes de la région.</p> <p>La victoire sur le terrorisme proche-oriental dépendrait du succès de cette politique, que les gouvernements, les partis politiques et la société civile arabes devraient mettre en pratique avec vigueur. Elle permettrait alors de trouver une solution au problème palestinien, car Israël, ainsi rassuré sur son avenir et sur son insertion pacifique dans la région, pourrait rendre quelques territoires et tolérer l'émergence d'un Etat palestinien.</p> <p>Aux yeux de nombreux médias et partis politiques occidentaux, les actions des armées américaine et israélienne dans la région n'ont pas d'autre but : il s'agit de délivrer le monde du fléau du terrorisme et de faire régner la paix et la démocratie. Voilà, en quelques mots, la doctrine occidentale sur le Proche-Orient.</p> <p>La vision exposée ici est une vision « dissidente », qui sera traitée d'irréaliste et de dangereuse. Il nous semble néanmoins nécessaire de la présenter. Elle reflète, à notre sens, les aspirations de très nombreux démocrates et pacifistes de la région – qu'ils soient juifs, chrétiens ou musulmans. Largement inspirée du droit dit par la « communauté internationale » sur le conflit israélo-palestinien depuis 1947, cette vision part de la constatation de bon sens que la violence qui affecte l'ensemble libano-syro-palestinien est largement le produit des occupations israéliennes de territoires de ces trois pays depuis des décennies et du traitement subi quotidiennement par les populations occupées, en infraction aux principes généraux du droit et aux principes humanitaires.</p> <p>1. Conformément à l'esprit du droit dit par les Nations unies sur la guerre judéo-palestinienne puis israélo-arabe en 1948 et 1949, la terre de Palestine, de la Méditerranée au Jourdain, est une société ouverte et pluricommunautaire ; aucune communauté religieuse n'y a un droit exclusif à la domination politique et à la force armée ; Jérusalem est une ville ouverte gérée par un conseil municipal composé de juifs, de chrétiens et de musulmans en nombre égal.</p> <p>2. Conformément à l'avis de la Cour internationale de justice de La Haye en 2004, le mur construit par Israël en Cisjordanie pour y enfermer les habitants d'origine de ce territoire doit être détruit sans tarder, afin que les Palestiniens soient totalement libres de leurs mouvements et de leurs déplacements à l'intérieur de la Cisjordanie et vers la bande de Gaza. Leurs déplacements à l'extérieur – sauf l'entrée sur le territoire israélien – ne seront plus contrôlés par l'Etat d'Israël, mais exclusivement par l'Autorité palestinienne et par les services de police de l'Egypte et de la Jordanie aux frontières terrestres de ces Etats. Israël doit immédiatement lever les blocus aérien, maritime et terrestre qu'il maintient sur la population palestinienne.</p> <p>3. Les habitants des colonies israéliennes implantées en infraction à la convention de Genève seront autorisés à demeurer dans leurs habitations après indemnisation par l'Etat israélien des Palestiniens dont les terres ont été saisies – en tenant compte d'un taux d'intérêt légal qui sera celui du taux interbancaire pour les dépôts en dollars à un an sur le marché de Londres.</p> <p>4. En application de la résolution 194 adoptée par l'Assemblée générale des Nations unies le 11 décembre 1948, les Palestiniens et leurs descendants expulsés ou ayant fui l'avance de l'armée israélienne en 1948, puis en 1967, pourront jouir d'un droit de retour sur l'ensemble du territoire historique de la Palestine ou être indemnisés par l'Etat d'Israël.</p> <p>5. L'armée israélienne devra évacuer dans les quinze jours les zones qu'elle occupe en Cisjordanie et à Gaza et céder la place à une force internationale de protection de la population palestinienne des territoires occupés.</p> <p>6. A l'issue d'une période de sept ans, un référendum sera organisé dans les territoires occupés depuis 1967 par Israël et en Israël même pour savoir si les citoyens des deux peuples souhaitent vivre dans un même Etat fédéral ou unitaire, ou bien dans deux Etats séparés.</p> <p>7. Un fonds d'indemnisation de la population palestinienne des territoires occupés sera constitué, financé à parts égales par les pays du G8 et les pays arabes membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), à titre de réparation pour l'occupation et l'oppression subies durant les dernières décennies.</p> <p>8. Quelle que soit la solution choisie, l'Etat israélo-palestinien ou les deux États israélien et palestinien devront déclarer leur neutralité dans l'ordre international et ne pas entretenir de relations privilégiées, militaire ou politique, avec les grandes puissances et les puissances régionales.</p> <p>9. Le territoire du Golan syrien occupé par l'Etat d'Israël depuis 1967 sera rendu à l'Etat syrien, et des zones de sécurité démilitarisées seront installées des deux côtés de la frontière. Les colons israéliens vivant dans ce territoire seront autorisés à y demeurer aux mêmes conditions que les colons de Cisjordanie. Des relations diplomatiques et économiques seront établies entre les deux pays dès l'installation des zones de sécurité et le paiement des indemnités dues par les colons.</p> <p>10. Après la restitution du territoire libanais des fermes de Chebaa encore occupé par Israël, l'Etat d'Israël déminera le sud du Liban, qu'il a occupé durant vingt-deux ans en infraction à la résolution 425 du Conseil de sécurité du Liban et en empêchant le déploiement de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) jusqu'à la frontière entre les deux pays. Des zones de sécurité démilitarisées seront installées des deux côtés de la frontière sous le contrôle des Nations unies. Un fonds d'indemnisation sera créé pour dédommager le Liban des pertes économiques répétées que lui a infligées l'Etat d'Israël depuis 1968 en invoquant le droit de représailles, qu'il a pratiqué de façon continue avec la démesure la plus extrême. Ce fonds sera financé à parts égales par l'Etat d'Israël, les pays du G8 et les pays arabes membres de l'OPEP en tenant compte des intérêts de retard tels que définis ci-dessus.</p> <p>11. L'Etat d'Israël doit relâcher sans délai tous les prisonniers palestiniens de Cisjordanie et de Gaza, ainsi que du Liban et de la Syrie.</p> <p>12. Les Palestiniens devenus citoyens israéliens devront jouir de droits égaux, civils et politiques. Le système électoral israélien devra leur assurer une juste représentation au Parlement israélien et dans les collectivités locales, ainsi que dans les institutions administratives, militaires et judiciaires du pays.</p> <p>Geogres Corm</p> <p>Ancien ministre libanais des finances, auteur de La Question religieuse au XXIe siècle, La Découverte, Paris, 2006, du Proche-Orient éclaté, 1956-2006, Gallimard, coll. « Folio », Paris, 2006, et de Orient-Occident, la fracture imaginaire, La Découverte, Paris, 2005.</p></div> Toutes des salopes ? http://sindibad.fr/spip.php?article96 http://sindibad.fr/spip.php?article96 2007-02-20T09:17:26Z text/html fr La jeune « beurette », au même titre que « partouze » ou « gros seins », est devenue une catégorie sexuelle sur le Net, qui vend à la fois l'exotisme de proximité et l'interdit religieux. Toutes des salopes ? Par Fatima AIT BOUNOUA Par Fatima Aït Bounoua chroniqueuse pour le magazine Fumigène et pour Ressources urbaines. Je croyais naïvement que « beurette » était simplement le féminin du terme argotique « beur », lui-même verlan d'« arabe ». Mais ce suffixe « ette » change bien plus que le genre du nom. (...) - <a href="http://sindibad.fr/spip.php?rubrique24" rel="directory">Piqué ailleurs</a> <div class='rss_chapo'><p>La jeune « beurette », au même titre que « partouze » ou « gros seins », est devenue une catégorie sexuelle sur le Net, qui vend à la fois l'exotisme de proximité et l'interdit religieux.</p></div> <div class='rss_texte'><p><strong>Toutes des salopes ?</strong></p> <p>Par Fatima AIT BOUNOUA</p> <p>Par Fatima Aït Bounoua chroniqueuse pour le magazine Fumigène et pour Ressources urbaines.</p> <p>Je croyais naïvement que « beurette » était simplement le féminin du terme argotique « beur », lui-même verlan d'« arabe ». Mais ce suffixe « ette » change bien plus que le genre du nom. En effet, si vous tapez « beur » sur Google, vous trouverez Beur FM ainsi que des sites variés... Par contre, tapez « beurette », et là, vous aurez uniquement une liste de sites pornographiques...</p> <p>Et alors ? me direz-vous. Alors ? Le problème n'est pas l'existence de ces sites porno (bien sûr que non) mais le fait qu'il n'y ait que ces sites. Autrement dit, la beurette est devenue, de fait, une catégorie sexuelle. Elle est classée parmi les autres catégories : « gros seins », « fétichiste », « partouze », etc. Etrange, non ?</p> <p>D'un point de vue pragmatique, on peut me répondre que les sites porno, en général, sont bien référencés. Ils apparaissent donc en premiers sans être les seuls pour autant. Seulement, je ne parle pas de la première page Google, mais des dix premières ! L'abondance des sites porno au sujet des beurettes est le résultat d'une demande reposant sur plusieurs clichés tenaces.</p> <p>Tout d'abord, la recherche de l'exotisme, de la fille venue d'ailleurs. La beurette ayant cette particularité d'incarner l'exotisme à proximité. En effet, les sites parlent de l' « appart des beurettes », les « beurettes des banlieues » avec l'idée que cette fille typée peut habiter l'immeuble d'en face. On peut penser que c'est la même chose pour toutes filles dites « exotiques », mais pas exactement. En tapant « asiatiques », « femmes noires » ou « femmes des îles », le phénomène n'a pas la même ampleur.</p> <p>En effet, pour la jeune femme d'origine maghrébine s'ajoute une dimension supplémentaire, toujours présente d'une façon implicite ou non : la transgression de l'interdit religieux. C'est cette transgression qui est mise en scène pour susciter désir et excitation. Ainsi de jeunes femmes voilées se font « baiser » avec comme sous-titre : « Leila n'est pas si coincée », en insistant sur les contrastes visuels. On notera que pour jouer la beurette, être brune et bronzée suffit, si le nom inventé « sonne arabe » comme Safia ou Fatima. Les sites jouent sur les fantasmes de la prude salope en utilisant des termes comme « dépravées » qui insistent sur des critères moraux dévoyés. Tout se passe comme si les beurettes étaient forcément des musulmanes, des musulmanes prisonnières et celles du site seraient celles qu'on est parvenu à « libérer » des contraintes religieuses.</p> <p>Les petites histoires racontées vont toutes dans ce sens et les pratiques, souvent la sodomie, les doubles pénétrations, sont en contraste avec les premières images où la jeune femme est présentée comme chaste et réservée. Les beurettes passent alors pour des femmes assoiffées de sexe qui, comme quelqu'un qui aurait été privé de nourriture depuis longtemps, se jetterait dessus dès que l'accès en serait permis. Ces sites seraient donc dans une certaine mesure le revers, la face cachée d'une représentation, caricaturale, de l'islam. Représentations qui reposent sur des clichés largement présents dans l'imaginaire collectif, lesquels se nourrissent en partie de réalités (la rigueur de l'islam) mais aussi et surtout de fantasmes créés par la peur et la méconnaissance de la communauté concernée.</p> <p>Outre cette violation de l'interdit, s'ajoute une représentation post-coloniale de la femme arabe représentée comme soumise dans la vie et donc soumise sexuellement. A cela, se mêle une nouvelle représentation, apparemment opposée, celle de la jeune femme maghrébine essayant de « s'émanciper ». Mais à la vraie émancipation qui serait sociale et intellectuelle, les sites substituent une émancipation factice qui n'est qu'une pseudo-libération sexuelle, comme le signalent les titres évocateurs des sites : « Beurette rebelle », « Beurette insoumise ».</p> <p>L'omniprésence de ces sites finit même par être dangereuse car, paradoxalement, ils deviennent des arguments pour beaucoup d'intégristes. En effet, ils véhiculent l'idée que les femmes orientales vivant en Occident sont des femmes « perdues » car elles ont été laissées « trop » libres. Ces images porno sont alors utilisées pour effrayer les croyants sur l'avenir de leurs filles, en réveillant les clichés qu'ils peuvent avoir sur l'Occident comme lieu de débauche. Non seulement ces vidéos ne contribuent pas à la libération sexuelle mais seront plutôt facteurs de régression.</p> <p>Enfin, cette représentation souvent dégradante de la beurette participe de l'image de la femme dans les films pornographiques. La tendance étant la mise en scène de scènes de plus en plus violentes où le gang bang et autres pratiques de groupes sont devenus banals. Cette violence est à mettre en relation avec la misère sexuelle de beaucoup d'internautes (pas tous, bien sûr !). Leur frustration est tellement forte qu'elle engendre un désir de voir des scènes hard où l'homme ne subit pas son désir mais le maîtrise en dominant sa partenaire. Des scènes humiliantes où ils peuvent dominer par procuration ce qu'ils ne peuvent pas avoir : une femme qui les désire.</p> <p>Le plus triste dans tout ça, c'est qu'une jeune fille de 12 ans qui se ferait appeler « beurette » et chercherait ce mot sur Internet ne trouverait comme réponse que ces images porno... Ce terme a priori neutre est devenu une insulte. « A priori neutre »... car dès le début, les termes de beur et de beurette en désignant d'une façon spécifique ceux qui sont tout de même censés être avant tout français, étaient biaisés.</p> <p>Ces mots méritent-ils encore d'être utilisés ? Ont-ils un sens ? Que représentent-ils vraiment ? Quel est le point commun entre une jeune femme d'origine algérienne ayant grandi à Niort, une étudiante de Mantes-la-Jolie au père ouvrier arrivé du Maroc en 1956, une minette de 14 ans ayant grandi à Lille élevée par une mère turque et une femme de 30 ans, avocate, n'ayant plus de lien avec sa famille ? Elles sont toutes appelées beurettes, alors qu'elles n'ont sans doute rien en commun, hormis le fantasme de ceux qui n'en connaissant aucune pensent les connaître toutes...</p> <p><a href='http://www.liberation.fr/rebonds/236101.FR.php' class='spip_out'>http://www.liberation.fr/rebonds/236101.FR.php</a></p></div>