Le site de Sindibad http://sindibad.fr/ fr SPIP - www.spip.net Le site de Sindibad http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L144xH93/siteon0-9d8dd.jpg http://sindibad.fr/ 93 144 Bilan de la répression israélienne depuis le début de l'Intifada http://sindibad.fr/spip.php?article10 http://sindibad.fr/spip.php?article10 2008-09-15T06:25:00Z text/html fr Sindibad <p>Un israélien tué, c'est un évènement planétaire. Des dizaines de palestiniens tués : tout le monde s'en fout !</p> - <a href="http://sindibad.fr/spip.php?rubrique14" rel="directory">Bilan de la répression israélienne depuis le début de l'Intifada</a> <img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L150xH94/arton10-393b0.jpg" alt="" align="right" width='150' height='94' class='spip_logos' style='height:94px;width:150px;' /> <div class='rss_chapo'><p>Les forces d'occupation israéliennes continuent à perpétrer tranquillement les assassinats de palestiniens. En occident, personne n'en parle et quand des palestiniens, à bout, commettent un attentat en Israël, les médias trouvent les "représailles" israéliennes justifiées. Ainsi l'agresseur devient victime et la victime coupable.</p> <p>Pour briser le mur de la censure occidentale, nous continuerons à publier, régulièrement, le bilan de la guerre déclarée par les gouvernements israéliens au peuple Palestinien.</p></div> <div class='rss_texte'><p><strong>Bilan de la répression israélienne dans les territoires palestiniens depuis le début de l'Intifada</strong></p> <p><strong>28 septembre 2000 - 31 aout 2008</strong></p> <p><strong>Total des victimes palestiniennes : 5389</strong> <span class='spip_document_42 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:90px;'> <img src='http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L90xH70/Tir_de_soldats-c557a.jpg' width='90' height='70' alt="" style='height:70px;width:90px;' /></span></p> <p>Dont :</p> <p>Enfants : 995</p> <p>Femmes : 194</p> <p>Hommes : 4200</p> <p>Nombre de palestiniens tués par des colons : 75</p> <p>Nombre de palestiniens tués par des bombardements : 942</p> <p>Nombre de palestiniens morts devant les barrages de l'armée israélienne faute de soins médicaux : 135 dont 31 bébés morts nés.</p> <p>Nombre de militants palestiniens victimes "d'assassinats ciblés" : 746</p> <p>Nombre de civils palestiniens tués lors des opérations "d'assassinats ciblés" : 233</p> <p><strong>Répartition géographique des victimes de la répression israélienne : </strong></p> <p>Cisjordanie dont Jérusalem-est : 2140</p> <p>Bande de Gaza : 3249</p> <p><strong>Nombre de blessés palestiniens par les forces d'occupation ou par les colons : 32720</p> <p>Nombre de palestiniens handicapés permanents : 3530</p> <p><span class='spip_document_43 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:90px;'> <img src='http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L90xH90/Priosnniens_palestiniens-214e5.jpg' width='90' height='90' alt="" style='height:90px;width:90px;' /></span>Nombre de prisonniers * : 9075 dont 345 mineurs</p> <p>Nombre de "détenus administratifs"** : 738 dont 22 mineurs</p> <p>Pour le détail voir le site israélien <a href='http://www.btselem.org/Arabic/Index.asp' class='spip_out'>Btselem</a></p> <p>*Ces chiffres ne sont pas actualisés, on peut estimer qu'ils sont à ce jour plus importants, puisque le rythme des arrestations n'a jamais diminué.</p> <p></strong> <strong> <strong>Destruction de biens appartenant à des palestiniens :<span class='spip_document_41 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:90px;'> <img src='http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L90xH60/Oliviers_arraches-3658f.jpg' width='90' height='60' alt="" style='height:60px;width:90px;' /></span> </strong> </strong></p> <p>Terres confisquées : 256244 donum*</p> <p>Terres agricoles détruites : 77372 donum</p> <p>Arbres arrachés : 1189362</p> <p>Maisons ou immeubles détruits : 7934</p> <p>*Un donum correspond à environ 1000m²</p> <p>** Terme miliatire israélien qui veut dire que la personne est détenu pour une durée inconnue, sans jugement et sans qu'aucune charge ne soit retenue contre lui.</p> <p><strong>Nombre des victimes israéliennes : </strong></p> <p>Nombre total d'israéliens tués depuis le début de l'intifada : 1056 Dont 123 enfants, 305 femmes et 628 hommes</p> <p>Dont 334 soldats et 236 colons tués lors d'opérations de la résistance palestinienne.</p> <p><strong>Sources :</strong></p> <p>Croissant rouge palestinien</p> <p>Centre palestinien des droits de l'homme</p> <p>Palestine Monitor</p> <p><a href='http://www.miftah.org/' class='spip_out' rel='nofollow'>www.miftah.org</a></p> <p><a href='http://www.btselem.org/' class='spip_out' rel='nofollow'>www.btselem.org</a></p></div> Annapolis : Ce n'est pas une réunion de paix, mais un conseil de guerre http://sindibad.fr/spip.php?article173 http://sindibad.fr/spip.php?article173 2007-11-28T18:35:22Z text/html fr Israël / Palestine - Annapolis : Ce n'est pas une réunion de paix, mais un conseil de guerre, par Michel Warschawski. Publié sur Alternative Information Center de Jérusalem www.alternativenews.org Traduction : LCR Belgique -Web www.lcr-lagauche.be Pour comprendre ce qu'aborde une conférence, on pense habituellement que la question à poser est « qui participe ? ». Toutefois, je crois que la véritable question doit toujours être : « qui n'est pas invité ? ». Une rencontre de paix afin de traiter du (...) - <a href="http://sindibad.fr/spip.php?rubrique5" rel="directory">Palestine</a> <img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L150xH101/arton173-65214.jpg" alt="" align="right" width='150' height='101' class='spip_logos' style='height:101px;width:150px;' /> <div class='rss_texte'><p>Israël / Palestine - Annapolis : Ce n'est pas une réunion de paix, mais un conseil de guerre, par Michel Warschawski.</p> <p>Publié sur Alternative Information Center de Jérusalem</p> <p><a href='http://www.alternativenews.org/' class='spip_out' rel='nofollow'>www.alternativenews.org</a></p> <p>Traduction : LCR Belgique -Web <a href='http://www.lcr-lagauche.be/' class='spip_out' rel='nofollow'>www.lcr-lagauche.be</a></p> <p>Pour comprendre ce qu'aborde une conférence, on pense habituellement que la question à poser est « qui participe ? ». Toutefois, je crois que la véritable question doit toujours être : « qui n'est pas invité ? ».</p> <p>Une rencontre de paix afin de traiter du conflit israélo-palestinien dans lequel on n'invite pas le Hamas n'est pas une réunion de paix, mais bien un conseil de guerre contre, entre autres, le Hamas et une partie substantielle de la population palestinienne de Cisjordanie et de Gaza qui a élu majoritairement ce parti au Conseil législatif palestinien.</p> <p>Le contexte stratégique de la conférence d'Annapolis est tracé par la stratégie néo-conservatrice de « guerre préventive » globale et sans fin contre la « menace islamiste » que les fondamentalistes chrétiens de droite des Etats-Unis ont élaboré. Une stratégie que les conseillers du président Bush appellent entre eux simplement et sans euphémismes, « la guerre contre l'Islam ».</p> <p>Le Hamas ne constitue ainsi qu'un des objectifs auquel il faut ajouter l'Iran, le Hezbollah au Liban et probablement la Syrie, bien que le régime syrien est laïque et l'un de ceux qui ont le plus massacré d'islamistes dans tous les Etats du Proche-Orient. Mais qu'es-ce que cela change ? Pour les néo-conservateurs qui continuent à conseiller Bush, tous les Arabes sont des musulmans et tous les ennemis de Washington sont les objectifs d'une croisade destinée à défendre la « civilisation judéo-chrétienne contre la menace de l'Islam », y compris si les noms de ces ennemis sont Hugo Chavez ou Evo Morales.</p> <p>Lors de sa récente visite au Proche-Orient, la Secrétaire d'Etat Condoleezza Rice en a profité pour organiser et préparer les troupes pour la guerre qui s'annonce, elle a distribué les dollars aux Etats mercenaires, menacé les récalcitrants et donné ses instructions au gouvernement israélien. Le « front des Etats modérés », comme on appelle sans honte les serviteurs de Washington, se prépare à la guerre et la conférence d'Annapolis n'est qu'un des premiers jalons.</p> <p>Cependant, un élément majeur semble absent des préparatifs US : quel sera la réaction iranienne et les coûts, tant humains que matériels, d'une telle guerre ? Téhéran n'est pas Gaza et l'Iran dispose de moyens lui permettant de répondre à une agression israélo-US. Les habitants de Tel Aviv pourraient bien êtres ceux qui payeront un prix très élevé pour les plans lunatique de George W. Bush. Ce qui, à vrai dire, ne le préoccupe guère.</p> <p>La dernière déclaration du fou de la Maison Blanche donne froid dans le dos : il met en garde contre « une IIIe guerre mondiale » ! « Mettre en garde » est une expression néo-conservatrice qui signifie en réalité « menacer ». Bref, immergé dans un état de démence absolue, Bush menace de commencer une guerre nucléaire au Proche-Orient qui pourrait facilement s'étendre au reste du monde.</p> <p>Avec un cynisme total, les néo-conservateurs présentent cette guerre comme un conflit « pour défendre les Juifs ». Autrement dit, les Juifs servent de prétexte et de première ligne pour une nouvelle croisade dirigée par des chrétiens fondamentalistes « en défense de la civilisation judéo-chrétienne »...</p> <p>Non merci ! Nous, les Juifs, nous devrions payer deux fois un prix très élevé pour cette guerre : en premier lieu en tant que bataillon avancé des « croisés » et en second lieu en tant que victimes expiatoires lorsque la guerre sera un échec. Car il ne fait aucun doute que lorsque cette aventure belliqueuse s'achèvera dans un sanglant fiasco, les mêmes dirigeants qui utilisent les Juifs comme prétexte les accuseront de leur échec ! Il n'est pas nécessaire d'être un prophète pour prédire que les fondamentalistes chrétiens qui entourent Bush et impulsent le « choc des civilisations » - des supers sionistes qui sont à la fois profondément antisémites - rendront les Juifs coupables de la crise à laquelle leur sainte croisade contre l'Islam amènera le monde occidental.</p> <p>Une voix haute et claire en Israël et dans la planète entière doit se faire entendre afin de dire « Pas en notre nom ! N'utilisez pas les Juifs comme prétexte pour votre agression impérialiste ! ». Malheureusement, à Annapolis, les deux Ehuds, Olmert et Barak, feront exactement le contraire et joueront le jeu de la propagande des pires antisémites de notre ère, ceux qui sont prêts à utiliser les Juifs comme prétexte et principal instrument pour une IIIe guerre mondiale.</p> <p>Que Dieu ou n'importe quoi qui puisse arrêter cette folie nous aide.</p> <p>Michel Warshawski</p> <p>Michel Warshawski est un militant israélien anti-sioniste et anti-impérialiste de longue date. Il est co-fondateur de l'Alternative Information Center de Jérusalem dont il est actuellement co-directeur.( <a href='http://www.alternativenews.org/' class='spip_out' rel='nofollow'>www.alternativenews.org</a>)</p></div> Sabra et Chatila, retour sur un massacre http://sindibad.fr/spip.php?article165 http://sindibad.fr/spip.php?article165 2007-09-16T17:41:46Z text/html fr « Le passé, c'est encore le présent » Sabra et Chatila, retour sur un massacre Dans les territoires de Cisjordanie et de Gaza, l'armée israélienne poursuit sa politique d'occupation, de blocus des villes, de destruction des institutions civiles, de chasse aux militants, d'assassinats ciblés. Pour la première fois, elle a reconnu qu'elle utilisait des « boucliers humains » dans ses opérations, un crime de guerre selon les conventions internationales. C'est un long calvaire qui se poursuit ainsi. Le (...) - <a href="http://sindibad.fr/spip.php?rubrique5" rel="directory">Palestine</a> <img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L150xH120/arton165-781f4.jpg" alt="" align="right" width='150' height='120' class='spip_logos' style='height:120px;width:150px;' /> <div class='rss_texte'><p>« Le passé, c'est encore le présent »</p> <p><strong>Sabra et Chatila, retour sur un massacre</strong></p> <p>Dans les territoires de Cisjordanie et de Gaza, l'armée israélienne poursuit sa politique d'occupation, de blocus des villes, de destruction des institutions civiles, de chasse aux militants, d'assassinats ciblés. Pour la première fois, elle a reconnu qu'elle utilisait des « boucliers humains » dans ses opérations, un crime de guerre selon les conventions internationales. C'est un long calvaire qui se poursuit ainsi. Le massacre de Sabra et Chatila perpétré il y a vingt ans, en septembre 1982, qui vit l'assassinat de centaines de civils dans les camps du Liban par les milices libanaises de droite, sous l'œil complice des soldats israéliens, est vécu par les Palestiniens comme une étape supplémentaire dans une histoire ponctuée de massacres et d'exactions, de Deir Yassine à l'opération « Rempart », en passant par Qibya. Pour eux, le passé, c'est encore le présent.</p> <p>Par Pierre Péan</p> <p>Vingt ans après, les mots des livres réouverts (1), comme les paroles recueillies auprès des survivants dans ce qui reste des camps de Sabra et Chatila dégoulinent de sang. Le temps n'a rien lavé. Tout au long de mon enquête, j'ai été tétanisé par ces récits qui charrient, enchevêtrés, enfants égorgés ou empalés, ventres de femmes ouverts avec leurs foetus, têtes et membres coupés à la hache, monceaux de cadavres... Jusqu'à la nausée.</p> <p><span class='spip_document_100 spip_documents spip_documents_center'> <img src='http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L500xH689/sabra018_3-a1889.jpg' width='500' height='689' alt="" style='height:689px;width:500px;' /></span></p> <p>Je ne suis pas entré dans ce qui reste des camps de Sabra et Chatila par la porte principale, mais par un quartier insalubre, en périphérie, dans lequel vivent les nouveaux arrivants, notamment d'Asie. Je débouche sur la « grande rue » qui reliait l'hôpital Gaza - aujourd'hui disparu - à l'entrée principale située près de l'ambassade du Koweït, au luxe aussi incongru que celui de la nouvelle Cité sportive toute proche, où étaient regroupés et interrogés les adultes palestiniens et libanais ayant échappé au massacre. Les gens s'y faufilent entre les boutiques, les étals de marchands de fruits, de CD, de produits neufs et usagés, entre les voitures et les scooters...</p> <p>Comment choisir entre tous les témoins directs ou indirects des massacres qui, sans hausser la voix, font revivre pour moi les scènes d'horreur de la mi-septembre 1982 ?</p> <p>Mme Oum Chawki, 52 ans, a perdu dix-sept personnes de sa famille, dont un fils de 12 ans et son mari. Elle habitait dans le quartier de Bir Hassan, près de l'ambassade du Koweït. Après les massacres, elle s'est installée, avec ses douze enfants restants, dans la rue principale de Chatila. Elle vit au quatrième étage d'un bâtiment construit selon des règles d'architecture approximatives. L'intérieur est propre, des bouquets de fleurs artificielles complètent les couleurs des fauteuils et des reproductions collées ou accrochées au mur - Al Qods (Jérusalem) et le drapeau du Hamas. Même si elle n'appartient pas à cette organisation : « Je n'adhère à rien. Je ne m'engagerai que lorsque je serais sûre du résultat. » Et ses enfants ? « Je ne veux pas qu'ils se sacrifient pour rien, mais le jour où je serai sûre d'assouvir ma vengeance, je les encouragerai et je serai avec eux... »</p> <p>Chaque jour et chaque nuit, elle revoit les images de cadavres, de gens mutilés, de son fils et de son mari qu'elle n'a jamais revus et dont elle ne sait rien. Les couleurs du salon n'arrivent pas à atténuer le noir de sa robe, de ses cheveux et de ses yeux. Mme Oum Chawki ne sourit pas et s'enflamme sans élever la voix quand elle revit la deuxième tragédie de sa famille (la première ayant été le départ en 1948 de Tarshiha, un village près de Haïfa).</p> <p><img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> On a frappé à la porte de la maison. Quelqu'un a dit : « Nous sommes libanais, nous venons faire une perquisition pour chercher des armes... » Mon mari a ouvert la porte, pas spécialement inquiet, car il n'appartenait à aucune organisation combattante. Il travaillait au club de golf, près de l'aéroport.</p> <p>Mme Chawki parle ensuite des trois soldats israéliens et d'un militaire des Forces libanaises, les milices chrétiennes de droite, qui sont entrés dans la maison, ont pris les bracelets de sa fille et arraché ses boucles d'oreille - elle montre le lobe déchiré d'une de ses oreilles - et les ont frappés.</p> <p>Elle est certaine que ces soldats venaient d'Israël.</p> <p><img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> Leurs uniformes étaient différents de ceux des Forces libanaises et ils ne parlaient pas en arabe. Je ne sais pas si c'était de l'hébreu, mais je suis sûre que c'étaient des Israéliens.</p> <p>Ce n'est pas impossible, car le quartier de Bir Hassan, hors du périmètre des camps, était occupé par l'armée israélienne. Comme d'autres familles palestiniennes, celle d'Oum Chawki avait été transportée à l'intérieur des camps.</p> <p><img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> On nous a fait monter dans une camionnette, qui a roulé vers l'entrée du camp de Chatila. Les militaires ont séparé les hommes des femmes et des enfants. Le Libanais a pris les papiers de trois de nos cousins avant de les abattre devant nous. Mon mari, mon fils et d'autres cousins ont été emmenés par les Israéliens.</p> <p>Les femmes et les enfants sont partis à pied vers la Cité sportive. Sur le bord de la route, des femmes criaient, pleuraient, affirmant que tous les hommes avaient été tués... Le soir, dans la pagaille, Mme Chawki s'est enfuie avec ses enfants vers le quartier de la caserne El Hélou. Au petit matin, elle a laissé ses enfants dans une école avant de repartir à pied vers la Cité sportive pour s'enquérir du sort de son mari et de son fils. Elle n'a pas pu parler à l'un des officiers israéliens présents. Elle a entendu des ordres donnés en arabe pour que les hommes fassent tamponner leurs cartes d'identité, et vu un camion israélien plein d'adultes et de jeunes gens. Une femme en sanglots, qui a perdu toute sa famille, lui a montré l'endroit où étaient déversés les cadavres. Les deux femmes ont alors marché vers le quartier d'Orsal et enjambé des morts libanais, syriens et palestiniens. Mme Chawki dit en avoir vu des centaines. C'est effectivement le quartier d'Orsal qui a compté le plus de victimes.</p> <p><img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> Ils étaient méconnaissables. Visages déformés, gonflés... J'ai vu vingt-huit corps d'une même famille libanaise, dont deux femmes éventrées... J'essayais de repérer les vêtements de mon fils et de mon mari. J'ai cherché toute la journée. Je suis revenue encore le lendemain... Je n'ai reconnu aucun cadavre de gens de Bir Hassan.</p> <p>Mme Chawki a vu des soldats libanais creuser des fosses pour y pousser les cadavres... Elle n'a jamais retrouvé ceux de son mari et de son fils. Elle aborde plus difficilement le cas de sa fille qui a été violée...</p> <p><img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> Je pense à tout cela nuit et jour. J'ai élevé seule mes enfants... J'ai été obligée de mendier. Je n'oublierai jamais. Je veux venger tout cela. Mon cœur est comme la couleur de ma robe. Je transmettrai ce que j'ai vu à mes enfants, à mes petits-enfants...</p> <p>Sous les injures</p> <p>Après avoir circulé dans un incroyable dédale de toutes petites ruelles, où pendent partout des fils électriques, où courent au sol des canalisations d'eau, j'arrive enfin dans un local de trois ou quatre bureaux. Dans l'un d'eux, tout au fond, Mme Siham Balkis, présidente de l'Association du retour, est assise, droite, derrière un petit bureau. Egalement assis autour de la pièce, un responsable palestinien et deux autres survivants. Mme Balkis, la quarantaine, est une militante engagée et déterminée. Sa famille est originaire de Kabé, dans la province d'Akka, en Israël. Elle commence son récit recto tono.</p> <p><img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> Le massacre a commencé le jeudi soir vers 17 h 30. Nous n'y avons pas cru... Nous sommes restés à l'intérieur de notre maison jusqu'au samedi matin et n'avons pas su grand-chose, sinon que, jeudi et vendredi, un petit groupe de Palestiniens et de Libanais ont essayé de se défendre, mais ils n'étaient pas assez nombreux et n'avaient pas assez de munitions. Nous avons vu, la nuit, des fusées éclairantes et entendu des coups de feu. Nous croyions que les Israéliens voulaient seulement s'en prendre aux combattants et trouver leurs armes... Quand tout est redevenu calme, le samedi matin, nous sommes montés sur le balcon et avons aperçu un groupe des Forces libanaises (FL) accompagné d'un officier israélien. Les Libanais nous ont crié de sortir. Ce que nous avons fait, sous les injures. L'Israélien avait un talkie-walkie. Un des Libanais le lui a pris et a dit : « Nous sommes arrivés à la fin de la zone cible. » Mme Balkis est sûre qu'il s'agissait d'un Israélien car, dit-elle, il avait un badge en hébreu et n'avait pas un visage d'arabe. Il parlait avec les Libanais en français.</p> <p>Avec d'autres elle a été emmenée vers l'hôpital Gaza. Leurs accompagnateurs ont rassemblé les médecins étrangers et les gens qui s'étaient abrités dans et autour de l'hôpital.</p> <p><img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> Ils ont tué une dizaine de combattants. Ils ont repéré un jeune Palestinien qui avait revêtu une blouse blanche au milieu des médecins et infirmiers et ils l'ont tué. Quand tout le monde a été rassemblé - des centaines de personnes -, nous sommes partis vers l'ambassade du Koweït. Il y avait beaucoup de cadavres dans les rues. Des jeunes filles avec les poings liés. Des maisons détruites. Des chars, probablement israéliens. Les restes d'un bébé incrustés dans les chenilles de l'un d'entre eux. Avant d'arriver à la Cité sportive, les hommes ont été séparés. Des militaires demandaient aux jeunes gens de ramper. Ceux qui rampaient bien étaient considérés comme des combattants et abattus par des militaires des Forces libanaises. Les autres recevaient des coups de pied... J'ai vu Saad Haddad (2) avec d'autres devant l'ambassade du Koweït. Puis, en arrivant près de la Cité sportive, un grand nombre de soldats israéliens. Un colonel israélien a dit que les femmes et les enfants pouvaient rentrer chez eux. Plus tard, j'ai aperçu mon frère monter dans une Jeep alors que d'autres montaient dans des camions. J'ai couru vers lui. En vain. J'ai entendu un officier dire en arabe : « On va vous livrer aux FL. Ils sauront mieux vous faire parler que nous. »</p> <p>Tous les témoins racontent grosso modo les mêmes histoires, les mêmes horreurs. J'ai ainsi rencontré Mme Kemla Mhanna, une épicière libanaise du quartier Orsal :</p> <p><img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> Tous les gens de notre quartier qui sont restés ont été assassinés. En majorité des Libanais. Quand je suis revenue, un monceau de corps étaient empilés. A côté de chez moi, un Palestinien était accroché à un croc de boucher, découpé en deux comme un mouton. J'ai vu comment, dans la grande fosse, on a déposé une première couche de cadavres sur laquelle on a étalé du sable, puis on a remis une couche de cadavres et ainsi de suite... J'ai vu aussi un autre Libanais du quartier Orsal, Hamad Chamas, un des rares survivants du massacre de ce quartier. Il était dans un abri quand sont arrivés deux Israéliens dans une Jeep et sept ou huit soldats. Je suis sûre que ces soldats étaient israéliens car il portaient des uniformes israéliens et ne parlaient pas un arabe correct. Les soldats nous ont demandé de sortir de l'abri en nous injuriant. Ils m'ont donné l'ordre de déposer l'enfant que j'avais dans les bras et de me mettre en rang avec les autres. L'un d'entre eux, qui parlait bien arabe, a fouillé tout le monde et a pris l'argent d'un des hommes, puis ils ont tous tiré sur nous. J'étais seulement blessée à la tête et à la cuisse, sous une pile de cadavres. Il y a eu vingt-trois morts... Je me suis cachée dans un abri toute la nuit. Au petit matin, il y avait une forte odeur de cadavres partout.</p> <p>La loi de la mémoire</p> <p>Rien de nouveau dans ces témoignages. Ils ressemblent à ceux que Mme Leïla Shahid, déléguée générale de la Palestine en France, une des premières à visiter les camps après les massacres, a recueillis seule ou avec Jean Genet. Ils sont - aux accidents de la mémoire près - également conformes à ceux des membres (anglais, norvégiens, suédois, finlandais, allemands, irlandais et américains) de l'équipe médicale de l'hôpital Gaza et à ceux qu'ont enregistrés de nombreux journalistes après les massacres.</p> <p>Elias Khoury, écrivain libanais et homme de théâtre renommé (3), raconte avec passion le combat impossible pour la mémoire du peuple palestinien en général et pour les massacres de Sabra et Chatila en particulier.</p> <p><img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> La loi de la mémoire ne fonctionne pas chez les Palestiniens, car les massacres continuent : Deir Yassine, Qibya (4), Sabra et Chatila, et aujourd'hui Jénine. Il leur est impossible de regarder le passé puisque le passé, c'est encore le présent. Ils sont depuis 1948 dans un mécanisme infernal... Les Palestiniens sont victimes de l'instrumentalisation de la Shoah par le gouvernement israélien. Les normes éthiques s'arrêtent aux frontières d'Israël. Dans ce contexte, l'idée même de la tragédie de Sabra et Chatila devient marginale...</p> <p>D'autant qu'au Liban la question est taboue : le premier accusé était Elie Hobeika (5), qui a été ministre du gouvernement...</p> <p><img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> Les criminels ont pris le pouvoir après la guerre, poursuit Elias Khoury. De plus, les Palestiniens sont devenus les boucs émissaires de la guerre au Liban et ils sont régis dans ce pays par des lois qui n'ont rien à envier à celles de Vichy à l'égard des juifs. Même les chiffres de morts et de disparus demeurent dans le plus grand flou. Ils varient, selon les estimations, de 500 à 5 000. Une historienne, Mme Bayan Hout, essaie depuis vingt ans de combler cette lacune. Née à Jérusalem, où elle a vécu jusqu'à l'âge de 9 ans, professeure à l'université de Beyrouth, cette Libanaise a fait un travail de fourmi auprès des familles des victimes et disparus, analysé des centaines de questionnaires, croisé les listes des organisations humanitaires, de la Croix-Rouge, essayé de retrouver tous les cimetières... Elle est maintenant sûre de ses chiffres : 906 tués de 12 nationalités, dont la moitié de Palestiniens... et 484 disparus, dont 100 ont été sûrement enlevés. Soit un chiffre global de 1 490 victimes identifiées.</p> <p>Ces massacres et ces disparitions s'inscrivent dans le contexte de la guerre lancée par le gouvernement israélien le 6 juin 1982 pour obtenir la neutralisation de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP). L'invasion du Liban a coûté la vie à plus de 12 000 civils, fait quelque 30 000 blessés et a laissé 200 000 personnes sans abri.</p> <p>Mi-juin 1982, les Israéliens ont commencé le siège de Beyrouth et encerclé les 15 000 combattants de l'OLP et de ses alliés libanais et syriens. Le président des Etats-Unis, M. Ronald Reagan, a envoyé, début juillet, M. Philip Habib - assisté de M. Morris Draper - pour résoudre cette crise risquant d'embraser le Proche-Orient et de menacer les intérêts américains. Il s'avère rapidement que le règlement de la crise passe par le départ des combattants palestiniens et de M. Yasser Arafat de Beyrouth. Ce dernier est bientôt convaincu qu'il n'a pas d'autre solution. Les négociations vont être compliquées parce que les Israéliens et les Américains ne veulent pas discuter directement avec les Palestiniens (6) : Elias Sarkis, le président chrétien du Liban, et son premier ministre sunnite, Chafiq Wazzan, vont servir d'intermédiaires. Parce que les Israéliens vont poursuivre une pression militaire brutale et exiger de M. Arafat une reddition totale et honteuse.</p> <p>Celui-ci multiplie les offres et cherche à obtenir des garanties de sécurité pour les familles palestiniennes qui resteront au Liban. Il craint les exactions des soldats israéliens ou de leurs alliés phalangistes. Pour M. Arafat, ces garanties ne peuvent être qu'américaines et internationales. M. Habib obtient finalement l'assurance du premier ministre israélien que ses soldats n'entreront pas dans Beyrouth-Ouest et ne s'attaqueront pas aux Palestiniens des camps ; l'assurance du futur président libanais, Béchir Gemayel, que les phalangistes ne bougeront pas ; l'assurance du Pentagone que les marines seront les garants ultimes de ces engagements. Fort de ces promesses, le représentant de M. Reagan s'engage par écrit sur la sécurité des civils. Deux lettres sont ainsi adressées au premier ministre libanais. Cet engagement américain se retrouvera dans la quatrième clause de l'accord du départ de l'OLP, publié par les Etats-Unis le 20 août, c'est-à-dire à la veille de l'embarquement des premiers combattants palestiniens (7).</p> <p>Pourtant, M. Arafat est de plus en plus inquiet du sort des civils palestiniens. M. Habib (8) entreprend une nouvelle démarche auprès de Béchir Gemayel, qui renouvelle ses promesses. Il insiste sur le rôle de la force multinationale composée de 800 Français, 500 Italiens et 800 Américains. Le premier contingent - français - arrive le 21 août et doit assurer l'évacuation et la collecte des armes. Cette force doit rester une trentaine de jours, empêcher tout dérapage et protéger les familles palestiniennes. Finalement, M. Arafat accepte de quitter Beyrouth... Mais personne ne respectera sa parole. A commencer par le gouvernement américain. M. Caspar Weinberger, secrétaire à la défense, donnera l'ordre à ses marines de quitter le Liban alors même que les milices chrétiennes prennent position, le 3 septembre, dans le quartier Bir Hassan, en bordure des camps de Sabra et Chatila. Le départ des Américains entraîne automatiquement celui des Français et des Italiens. Le 10 septembre, le dernier soldat est parti de Beyrouth, alors que M. Habib avait fondé son plan sur une évacuation entre le 21 et le 26 septembre.</p> <p>Le 14 septembre, Bechir Gemayel, le nouveau président libanais porté au pouvoir par les Israéliens, est assassiné. M. Ariel Sharon prend ce prétexte pour envahir Beyrouth-Ouest, pour cerner les camps de Sabra et Chatila et encourager les milices libanaises à les nettoyer. Une « responsabilité personnelle »</p> <p>A ce jour, une seule enquête officielle a été menée, celle de la commission israélienne dirigée par Itzhak Kahane, le chef de la Cour suprême, rendue publique en février 1983. Elle charge les phalangistes et, dans une moindre mesure, M. Ariel Sharon. Le rapport parle d'abord d'une grave erreur de celui-ci, qui n'a « pris aucune mesure pour surveiller et empêcher les massacres ». Il se dit « perplexe » sur l'attitude de M. Sharon qui n'a pas prévenu Menahem Begin de sa décision de faire entrer les phalangistes dans les camps. Pour finir, il lui reconnaît la « responsabilité de n'avoir pas ordonné que les mesures adéquates soient prises pour empêcher d'éventuels massacres ». M. Sharon porte une « responsabilité personnelle » et « doit en tirer les conclusions personnelles ».</p> <p>Les journaux israéliens ont publié - en 1994 notamment - de nombreux articles confirmant et amplifiant ces conclusions. Ainsi, Amir Oren, à partir de documents officiels, a, dans Davar du 1er juillet 1994, affirmé que les massacres faisaient partie d'un plan décidé entre M. Ariel Sharon et Béchir Gemayel, qui utilisèrent les services secrets israéliens, dirigés alors par Abraham Shalom, qui avait reçu l'ordre d'exterminer tous les terroristes. Les milices libanaises n'étaient rien moins que des agents dans la ligne de commandement qui conduisait, via les services, aux autorités israéliennes.</p> <p>L'émission « Panorama », intitulée L'Accusé, qui est passée sur la BBC le 17 juin 2001, a fait progresser la connaissance, notamment grâce au témoignage, difficilement contestable, de M. Morris Draper, l'assistant de M. Habib. Au rappel des affirmations de M. Sharon qu'il ne pouvait prévoir ce qui est arrivé dans les camps, M.Draper s'est contenté de faire un bref commentaire : « Complètement absurde. » Il a raconté sa rencontre, à Tel-Aviv, au ministère de la défense, avec MM. Sharon et Yaron, son chef d'état-major, le jeudi, alors que les Israéliens étaient déjà entrés dans Beyrouth-Ouest malgré leur promesse. M. Amos Yaron a justifié cette décision par la volonté d'empêcher les phalangistes de se retourner contre les Palestiniens après l'assassinat du président Béchir Gemayel. « Notre groupe d'une vingtaine de personnes resta silencieux. Ce fut un moment dramatique. » Précisant que les Etats-Unis avaient refusé la proposition israélienne de déployer les phalangistes dans Beyrouth-Ouest « parce que nous savions que ce serait un massacre si ces gens-là entraient », il ajoute : « Il ne fait aucun doute que Sharon est responsable [des massacres] ; c'est le cas même si d'autres Israéliens doivent partager cette responsabilité. »</p> <p>L'ancien diplomate américain n'a pas été interrogé sur les responsabilités américaines ni sur celles de l'Italie et de la France, qui ont retiré leurs soldats après le départ des marines... Vingt ans après, les familles des victimes et des disparus des camps de Sabra et Chatila ont droit à la vérité. Pour pouvoir faire enfin le deuil. Cela ne concerne pas que les familles. Tout le monde a le droit de savoir pourquoi, comment et qui a organisé et exécuté des actes d'une telle sauvagerie.</p> <p>Pierre Péan.</p> <p>Pierre Péan : Journaliste et écrivain. Auteur, entre autres, de : Dernières volontés, derniers combats, dernières souffrances, Plon, Paris, 2002, Manipulations africaines, Plon, 2001, Vies et morts de Jean Moulin, Fayard, Paris, 1998, et La Diabolique de Caluire, Fayard, 1999.</p> <p>(1) Les principaux livres sur les massacres de Sabra et Chatila consultés : Rapport de la commission Kahane, Stock, 1983 ; Sabra et Chatila, enquête sur un massacre, d'Amnon Kapeliouk, Seuil, 1982 ; Israël, de la terreur au massacre d'Etat, d'Ilan Halevi, Papyrus, 1984 ; Genet à Chatila, textes réunis par Jérôme Hankins, Babel, 1992 ; Opération boule de neige, de Shimon Shiffer, J.-C.Lattès., 1984 ; Revue d'études palestiniennes, nos 6 et 8.</p> <p>(2) Le patron de l'Armée du Liban sud qui travaillait avec les Israéliens.</p> <p>(3) Lire notamment Les Portes du soleil, publié par Le Monde diplomatique et Actes Sud, qui raconte cinquante ans du drame palestinien. Sa pièce Les Mémoires de Job a eu beaucoup de succès à Paris.</p> <p>(4) Deir Yassine est un petit village situé à une dizaine de kilomètres de Jérusalem, où ont été massacrés plus de cent villageois au printemps 1948. A Qibya, en Cisjordanie, en octobre 1953, lors d'opérations de représailles dirigées par Ariel Sharon, l'armée israélienne fit exploser quarante-cinq maisons avec leurs habitants. Soixante-neuf personnes, pour moitié des femmes et des enfants, périrent sous les décombres.</p> <p>(5) Elie Hobeika est considéré comme le principal bourreau de Sabra et Chatila. Il a été assassiné le 24 janvier 2002 à Beyrouth, alors qu'il s'apprêtait à venir témoigner à Bruxelles. Selon Me Chebli Mallat, l'avocat libanais des plaignants, ce ne sont pas les révélations de Hobeika qui étaient dangereuses pour M. Sharon, mais sa simple venue à Bruxelles. Dès lors qu'il était devant le tribunal et obligatoirement inculpé, le problème de la compétence du tribunal ne se posait plus.</p> <p>(6) Pourtant, des discussions directes mais discrètes existaient depuis des années à Beyrouth entre des dirigeants palestiniens et l'ambassade américaine ainsi qu'avec la CIA. En 1979, par exemple, M. Arafat a réussi à faire libérer 13 otages américains à Téhéran.</p> <p>(7) In American Foreign Policy, Current Documents, 1982, département d'Etat, Washington. « Les Palestiniens non combattants, respectueux de la loi, restés à Beyrouth, y compris les familles de ceux qui sont partis, seront soumis aux lois et aux règlements libanais. Le gouvernement libanais et les Etats-Unis leur apporteront les garanties de sécurité appropriées. (...) Les Etats-Unis fourniront leurs garanties sur la base des assurances reçues des groupes libanais avec lesquels ils sont en contact. »</p> <p>(8) Sur l'histoire des négociations menées par M. Habib, lire Cursed is the Peacemaker, de John Boykin, préfacé par George Shultz, alors secrétaire d'Etat, Applegate Press, Washington, 2002, et The Multinational Force in Beirut 1982-1984, sous la direction d'Anthony McDermott et Kjell Skjelsbaek, Florida International University, Miami, 1991.</p></div> L'Union Européenne coupe l'électricité aux habitants de Gaza http://sindibad.fr/spip.php?article163 http://sindibad.fr/spip.php?article163 2007-08-20T09:04:08Z text/html fr Sindibad L'Union Européenne coupe l'électricité aux habitants de Gaza Depuis hier soir les Palestiniens qui ont le tort d'habiter dans la Bande de Gaza sont complètement privés d'électricité. L'Union Européenne qui finance directement la fourniture d'électricité à Gaza a décidé la suspension des livraisons en gaz et en Fioul qui permettent le fonctionnement des centrales électriques. La société israélienne Dor Alone qui fournit la Bande de Gaza a indiqué qu'un représentant de l'UE l'a contactée pour lui demander la (...) - <a href="http://sindibad.fr/spip.php?rubrique5" rel="directory">Palestine</a> <img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L143xH126/arton163-db4bf.jpg" alt="" align="right" width='143' height='126' class='spip_logos' style='height:126px;width:143px;' /> <div class='rss_texte'><p><strong>L'Union Européenne coupe l'électricité aux habitants de Gaza</strong></p> <p>Depuis hier soir les Palestiniens qui ont le tort d'habiter dans la Bande de Gaza sont complètement privés d'électricité. L'Union Européenne qui finance directement la fourniture d'électricité à Gaza a décidé la suspension des livraisons en gaz et en Fioul qui permettent le fonctionnement des centrales électriques. La société israélienne Dor Alone qui fournit la Bande de Gaza a indiqué qu'un représentant de l'UE l'a contactée pour lui demander la suspension de ses livraisons car il ne garantissait plus le paiement des factures.</p> <p>Cette décision criminelle de l'UE a dans l'immédiat des conséquences directes sur le fonctionnement des hôpitaux et des unités de soins, ainsi que sur la conservation des denrées alimentaires. En plein mois d'août, certains craignent la propagation d'épidémies.</p> <p>Selon une porte parole de l'UE, cette décision a été prise pour des motifs "sécuritaires". Il faut vraiment être sacrément naïf pour y croire. En réalité, les dirigeants européens unissent leurs efforts aux américains, aux israéliens et aux collabos de Abass pour faire plier la grande majorité des Palestiniens qui refuse de brader la Palestine et les droits légitimes des réfugiés.</p> <p>Pratiquement au moment même où cette décision a été prise, le "Laval" palestinien Salam Fayad appelait cyniquement les habitants de Gaza à sortir manifester leur colère contre cette décision inique, non contre l'EU, mais contre le Hamas responsable selon lui de cette situation.</p> <p>Pour les collabos palestiniens, comme pour les américains et nos dirigeants européens, le Hamas est sans doute responsable puisqu'il a eu le tort de remporter des élections démocratiques où le peuple palestinien a rejeté massivement les dirigeants corrompus du Fatah.</p> <p>Pendant ce temps, le Président fantoche Abass continue, malgré les appels de plusieurs personnalités indépendantes, à refuser tout dialogue avec le Hamas mais accepte d'aller embrasser sous l'œil des caméras les criminels de guerre israéliens.</p> <p>Pendant ce temps aussi, l'administration américaine débloque 80 millions de dollars, non pour aider les palestiniens à se nourrir, mais pour entraîner la garde présidentielle en vue de l'écrasement des résistants Palestiniens.</p></div> Ils disent que c'est l'armée la plus morale du monde, nous disons que c'est une armée de salauds ! http://sindibad.fr/spip.php?article160 http://sindibad.fr/spip.php?article160 2007-07-08T13:57:00Z text/html fr Pour voir les images de ce crime cliquer ici Gaza. La barbarie des soldats israéliens filmée sur le vif. 8 juillet 2007 par Silvia Cattori L'autre jour, alors que je regardais les nouvelles de la BBC, j'ai vu l'horreur : des soldats israéliens tirant sur un cameraman palestinien à terre et sur les hommes qui voulaient le secourir. Il m'est très pénible de regarder des images qui montrent la brutalité des hommes. Cela dit, je pense que le site qui a diffusé ce document fait son devoir en diffusant (...) - <a href="http://sindibad.fr/spip.php?rubrique5" rel="directory">Palestine</a> <img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L90xH70/arton160-02404.jpg" alt="" align="right" width='90' height='70' class='spip_logos' style='height:70px;width:90px;' /> <div class='rss_texte'><p>Pour voir les images de ce crime cliquer <a href='http://www.reuters.com/news/video/videoStory?videoId=59193' class='spip_out'>ici</a></p> <p><strong>Gaza. La barbarie des soldats israéliens filmée sur le vif.</strong></p> <p>8 juillet 2007</p> <p>par Silvia Cattori</p> <p>L'autre jour, alors que je regardais les nouvelles de la BBC, j'ai vu l'horreur : des soldats israéliens tirant sur un cameraman palestinien à terre et sur les hommes qui voulaient le secourir.</p> <p>Il m'est très pénible de regarder des images qui montrent la brutalité des hommes. Cela dit, je pense que le site qui a diffusé ce document fait son devoir en diffusant des informations que les principaux médias nous cachent généralement pour des raisons de parti pris en faveur d'Etats qui mènent des politiques criminelles.</p> <p>Où est la justice ? Où sont les représentants de « Reporter sans frontières », quand il s'agit de défendre les reporters qui travaillent pour une télévision du mouvement Hamas ? Où est la gauche ?</p> <p>Si des résistants PALESTINIENS avaient tiré sur un cameraman ISRAELIEN, brisé ses jambes, alors qu'il était déjà blessé, dans l'incapacité de se lever, vous auriez vu les images de ce crime odieux passer en boucles avec des commentaires très durs contre les coupables.</p> <p>J'ai été très choquée de constater que, dans mon pays, ni la télévision suisse romande ni les journaux n'ont mentionné cet acte de barbarie. Ces journalistes peuvent-ils prétendre qu'ils ne savaient pas ? Ne se font-ils pas, par leur silence, les complices des criminels ?</p> <p>Ce qui est gravissime est que ce silence est à chaque fois interprété par Israël comme un feu vert pour continuer de tuer des Palestiniens qui, à Gaza ou en Cisjordanie, refusent de se soumettre à l'horreur que leur imposent les troupes d'occupation : des Palestiniens qui, faut-il le rappeler, ont déjà terriblement souffert de ce silence.</p> <p>Tout cela démontre que quelque chose ne tourne pas rond dans nos sociétés. Et qu'il y a lieu de s'en inquiéter. Non seulement les habitants de Gaza, exposés aux tirs de leurs geôliers israéliens, ne sont pas traités humainement ni reconnus dans leur statut de victimes mais, parce qu'ils sont musulmans, l'on fait d'eux des sauvages, des fanatiques.</p> <p>Je reste dans l'incompréhension, chaque fois que je découvre que, même dans les milieux progressistes, les gens tardent à comprendre que le vrai problème n'est pas le Hamas, ni le voile, ni l'Islam, ni le terrorisme palestinien, mais Israël et ces responsables corrompus du Fatah qui ont fait le choix de collaborer avec l'armée occupante.</p> <p>Tous ces journalistes et responsables politiques qui ont alimenté l'idée que seuls les laïcs, les athées, ont raison et qui se refusent à remettre en question leur position de méfiance, d'hostilité, à une résistance musulmane qui est, finalement, la seule force d'opposition qui existe encore réellement au Moyen-Orient pour contrer la barbarie d'Israël et de ses alliés, sont à blâmer absolument.</p> <p>Comment se fait-il que les souffrances et la mort d'un être quel qu'il soit, par delà sa couleur, son ethnie, sa religion, me bouleverse et m'emplit de douleur, alors que bien des gens que je côtoie demeurent indifférents, dès lors que les victimes sont étiquetées membres du Hamas, activistes, islamistes ? Je n'ai pas de réponse à cette question.</p> <p>Silvia Cattori - Rome, 6 juillet 2007.</p></div> Ennakba, le crime ignoré. http://sindibad.fr/spip.php?article89 http://sindibad.fr/spip.php?article89 2007-05-20T09:33:00Z text/html fr Il y a 59 ans, Israël expulsait des centaines de milliers de palestiniens qui iront rejoindre les chemins de l'exil. Une tragédie et une catastrophe (en arabe Ennakba) dont l'État sioniste continue à nier la responsabilité. En 1948, une véritable épuration ethnique (le plan Dallet) a été mise en place dans la Palestine historique : 85 % de la population Palestinienne a été expulsée de ce qui s'appelle aujourd'hui Israël, et plus de 530 localités arabes détruites. L'occident est resté indifférent à ce crime (...) - <a href="http://sindibad.fr/spip.php?rubrique5" rel="directory">Palestine</a> <img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L150xH101/arton89-a7845.jpg" alt="" align="right" width='150' height='101' class='spip_logos' style='height:101px;width:150px;' /> <div class='rss_chapo'><p>Il y a 59 ans, Israël expulsait des centaines de milliers de palestiniens qui iront rejoindre les chemins de l'exil. Une tragédie et une catastrophe (en arabe Ennakba) dont l'État sioniste continue à nier la responsabilité. En 1948, une véritable épuration ethnique (le plan Dallet) a été mise en place dans la Palestine historique : 85 % de la population Palestinienne a été expulsée de ce qui s'appelle aujourd'hui Israël, et plus de 530 localités arabes détruites. L'occident est resté indifférent à ce crime toujours impuni.</p></div> <div class='rss_texte'><p><span class='spip_document_92 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:112px;'> <img src='http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L112xH114/pcatastrophe-90f48.jpg' width='112' height='114' alt="" style='height:114px;width:112px;' /></span>Il y a 59 ans, Israël expulsait des centaines de milliers de palestiniens qui iront rejoindre les chemins de l'exil. Une tragédie et une catastrophe (en arabe <a href='http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=3099' class='spip_out'>Ennakba</a>) dont l'État sioniste continue à nier la responsabilité. En 1948, une véritable épuration ethnique (le plan Dallet) a été mise en place dans la Palestine historique : 85 % de la population Palestinienne a été expulsée de ce qui s'appelle aujourd'hui Israël, et plus de 530 localités arabes détruites.</p> <p>L'occident culpabilisé par sa responsabilité dans le génocide juif commis par les nazis, ferma les yeux, pour toujours...</p> <p>Aujourd'hui, les réfugiés Palestiniens et leurs descendants sont 3 700 000 (selon les chiffres de l'UNRWA). Ils vivent dispersés dans le monde sans aucun espoir de retour dans la terre de leurs ancêtres.</p> <p>En hommage à ces millions de réfugiés, nous reproduisons ici le célèbre poème de Mahmoud Darwich : Ahmad Al-azaatar</p> <p><i> <strong>Ahmad Al-Zaatar</p> <p><span class='spip_document_59 spip_documents spip_documents_center'> <img src='http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L370xH362/Naji_Al_Ali_2-2badb.jpg' width='370' height='362' alt="" style='height:362px;width:370px;' /></span></p> <p>Pour deux mains de pierre et de thym,</p> <p>Ce chant…pour Ahmad, l'oublié entre deux papillons.</p> <p>Les nuages sont partis et m'ont dispersé</p> <p>Et les montagnes ont déployés leurs capes et m'ont caché.</p> <p>…Descendant par l'abeille, de la blessure ancienne jusqu'aux détails</p> <p>Des pays, c'était l'année de la séparation de la mer des cités de cendre, et j'étais seul.</p> <p>Et encore seul…</p> <p>Seul. Et Ahmad</p> <p>Était l'émigration de la mer entre deux balles de fusils,</p> <p>Un camp qui poussait et enfantait thym et combattants</p> <p>Et un bras qui se raffermissait dans l'oubli.</p> <p>Mémoire venue des trains en partance, des quais vides d'être chers et de jasmin,</p> <p>Il était la découverte de soi dans les carrioles,</p> <p>Dans la scène marine,</p> <p>Dans les nuits des geôles des frères,</p> <p>Dans les relations hâtives</p> <p>Et la quête de la vérité.</p> <p>Et en toute chose, Ahmad rencontrait son contraire.</p> <p>Vingt ans qu'il s'interrogeait,</p> <p>Qu'il migrait,</p> <p>Vingt ans. Sa mère ne l'a enfanté que quelques minutes dans une corbeille de bananes</p> <p>Puis elle s'est retirée.</p> <p>Réclame-t-il une pièce d'identité, qu'un volcan le frappe.</p> <p>Les nuages ont voyagé et m'ont dispersé,</p> <p>Et les montagnes ont déployé leurs capes et m'ont caché.</p> <p>Je suis Ahmad l'Arabe, il a dit.</p> <p>Je suis les balles les oranges les souvenirs.</p> <p>J'ai trouvé mon être auprès de mon frère</p> <p>Et je me suis écarté de la rosée et de la scène marine.</p> <p>Tall al-Zaatar le tente.</p> <p>Je suis la patrie qui est venue</p> <p>Et en moi s'est muée.</p> <p>Je suis le départ permanent au pays</p> <p>Et dans mon frère, tout mon frère, j'ai trouvé…</p> <p><span class='spip_document_60 spip_documents spip_documents_center'> <img src='http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L500xH325/Naji_Al_Ali_4-9142d.jpg' width='500' height='325' alt="" style='height:325px;width:500px;' /></span></p> <p>Ahmad se mit à rencontrer ses côtes et ses mains.</p> <p>Il était le pas et l'étoile,</p> <p>Et du Golfe à l'Océan, et de l'Océan au Golfe,</p> <p>Ils aiguisaient les lances.</p> <p>Et Ahmad l'Arabe montait pour voir Haïfa</p> <p>Et sauter.</p> <p>Ahmad est maintenant l'otage.</p> <p>La ville a délaissé ses rues,</p> <p>Pour venir à lui</p> <p>Et le tuer.</p> <p>Et du Golfe à l'Océan, et de l'Océan au Golfe,</p> <p>Ils préparaient les obsèques</p> <p>Et dressaient la guillotine.</p> <p>Je suis Ahmad l'Arabe. Vienne le siège !</p> <p>Mon corps, remparts. Vienne le siège !</p> <p>Je suis les frontières du feu. Vienne le siège !</p> <p>Et je vous encercle,</p> <p>Vous encercle</p> <p>Et ma poitrine est la porte de tous. Vienne le siège !</p> <p>Ma chanson n'est pas venue dessiner Ahmad le bleu marin dans la tranchée.</p> <p>Les souvenirs sont derrière moi et c'est le jour du soleil et des lys.</p> <p>Toi l'enfant réparti entre deux fenêtres</p> <p>Qui n'échangent pas mes lettres,</p> <p>Résiste !</p> <p>La ressemblance est le lot des sables…Et tu es destiné au bleu.</p> <p>Je compte mes côtes, Barada s'échappe de ma main</p> <p>Et les rives du Nil me quittent m'éloignant.</p> <p>Je cherche les limites de mes doigts</p> <p>Et découvre que toutes les capitales sont d'écume…</p> <p>Ahmad égrène les heures dans la tranchée.</p> <p>Ma chanson n'est pas venue dessiner Ahmad brûlé de bleu.</p> <p>Il est Ahmad l'Universel dans cet étroit bidonville.</p> <p>Il est le tourmenté rêveur,</p> <p>Les balles orangées…Le lilas couleur de plomb</p> <p>Et la mise à feu décisive du midi</p> <p>En un jour de liberté.</p> <p>Enfant consacré à la rosée,</p> <p>Résiste !</p> <p>Pays révolver dans mon sang,</p> <p>Résiste !</p> <p>En toi, j'accompli maintenant ma chanson</p> <p>Et je pars dans ton siège.</p> <p>En toi, j'accompli mes interrogations</p> <p>Et je nais de tes poussières.</p> <p>Va vers mon cœur, tu y trouveras mon peuple,</p> <p>Peuplé dans ta déflagration.</p> <p>…Avançant entre les détails, j'ai ris appui sur les aux et me suis brisé.</p> <p>Dois-je chaque fois que pousse un cognassier, oublier les frontière de mon cœur et</p> <p>Trouver refuge à l'intérieur d'un siège pour préciser ma silhouette ?</p> <p>Dis-le moi, Ahmad l'Arabe.</p> <p>L'amour ne m'a pas menti. Mais dès que tombait la nuit,</p> <p>Une cloche lointaine m'aspirait</p> <p>Et je ‘abritais dans mon sang pour préciser mon image.</p> <p>Ô Ahmad l'Arabe,</p> <p>Je n'ai as lavé mon sang du pain de mes ennemis.</p> <p>Mais chaque fois que mes pas ont emprunté un chemin,</p> <p>Les routes proches et lointaines se sont évanouies.</p> <p>Chaque fois que j'ai fraternisé avec une ville, elle m'a jeté une valise à la figure.</p> <p>J'ai alors trouvé refuge sur le trottoir des poèmes et du rêve.</p> <p>Tant que je marche vers mon rêve, mais les poignards me devancent.</p> <p>Que mon rêve et Rome sont durs !</p> <p>Tu es beau en exil.</p> <p>Tu es une dépouille à Rome.</p> <p>Ici Haïfa a commencé.</p> <p>Et Ahmad est l'échelle du Karmil</p> <p>Et l'incantation du thym de pays, de la rosée et du domicile.</p> <p>Ne le dérobez pas à l'hirondelle.</p> <p>Ne le prenez pas à la rosée.</p> <p>Les yeux ont composé leurs élégies</p> <p>Et abandonné mon cœur à l'écho.</p> <p>Ne le dérobez pas à l'éternité</p> <p>Pour le disperser sur la croix.</p> <p>Il est la géographie et le corps</p> <p>Et le feu du rossignol.</p> <p>Ne le dérobez pas aux colombes.</p> <p>Ne l'envoyez pas au travail.</p> <p>Ne faites pas de son sang une médaille.</p> <p>IL est le lilas dans l'obus.</p> <p>Montant vers la guérison du rêve,</p> <p>Les détails misérables prennent la forme d'une poire,</p> <p>Les pays se séparent des administrations,</p> <p>Et les chevaux des bagages.</p> <p>Les cailloux ont leur sueur. J'embrasse le silence de ce sel.</p> <p>Je remets l'oraison du citron au citronnier.</p> <p>J'attise la bougie avec ma blessure ouverte aux fleurs et aux poissons séchés.</p> <p>Les cailloux ont leur sueur et un miroir,</p> <p>Et le bûcheron possède un coeur de mouette.</p> <p>Je t'oublie parfois pour que m'oublient les agents de la sûreté.</p> <p>Ma femme jolie, tu découpes le coeur et l'oignon</p> <p>Tendre et tu t'en vas aux lilas.</p> <p>Invoque mon souvenir avant que j'oublie mes mains !</p> <p>Montant vers la guérison du rêve,</p> <p>Les chaises se rétractent sous mes arbres et ton ombre…</p> <p>Ceux qui escaladent tes plaies disparaissent comme les mouches saisonnières</p> <p>Et les voyeurs de tes blessures disparaissent.</p> <p>Invoque mon souvenir avant que j'oublie mes mains !</p> <p>Aux papillons, je dédie mon assiduité</p> <p>Et les rochers sont mes missives sur terre.</p> <p>Troie n'est pas ma maison,</p> <p>Massada n'est pas mon temps.</p> <p>Je monte de la sécheresse du pain et de l'eau réquisitionnée,</p> <p>D'un cheval qui s'est égaré sur la route de l'aéroport,</p> <p>De l'air marin je monte,</p> <p>Des éclats d'obus qui se sont accoutumé à mon corps</p> <p>Et je monte des yeux de ceux qui viennent au couchant de la plaine,</p> <p>Des cageots de légumes,</p> <p>De la force des choses, je monte.</p> <p>J'appartiens à mon premier ciel et aux pauvres qui chantent dans les ruelles :</p> <p>Nous tenons bon.</p> <p>Tenons bon.</p> <p>Et bon.</p> <p>Le camp des réfugiés était le corps d'Ahmad,</p> <p>Damas, les paupières d'Ahmad,</p> <p>Le Hijâz, les ombrages d'Ahmad.</p> <p>Le siège est désormais la traversée d'Ahmad au-dessus de millions de cœurs</p> <p>Prisonniers.</p> <p>Le siège est désormais l'assaut d'Ahmad</p> <p>Et la mer, son dernier coup de feu !</p> <p>Hanche de tous les vents,</p> <p>Semaine de sucre !</p> <p>Nom de tous les yeux, Toi Ahmad à l'écho marbré,</p> <p>Toi qui est né de la pierre et du thym,</p> <p>Tu diras : Non.</p> <p>Tu diras : Non,</p> <p>Ma peau est la cape de chaque paysan qui, des champs de tabac, viendra abolir les capitales.</p> <p>Tu diras : Non,</p> <p>Mon corps est le manifeste de ceux qui s'en viendront des industries légères,</p> <p>De l'hésitation…des épopées,</p> <p>Et marcheront à l'assaut de l'étape.</p> <p>Tu diras : Non,</p> <p>Mes mains sont les salutations des fleurs et une bombe</p> <p>Brandie, tel le devoir quotidien, contre l'étape.</p> <p>Tu diras : Non.</p> <p>Corps ensanglanté par les flancs montagneux</p> <p>Et les soleils à venir</p> <p>Tu diras : Non.</p> <p>Corps qui épouse les vagues</p> <p>Sur la guillotine.</p> <p>Tu diras : Non.</p> <p>Non.</p> <p>Et diras : Non !</p> <p>Tu meurs auprès de mon sang et ressuscites dans la farine.</p> <p>Et quand tes mains nous réclament, que la plume nous embrase,</p> <p>Nous rendons visite à ton silence.</p> <p>Les chevaux ont piétiné les oisillons</p> <p>Et nous avons inventé le jasmin</p> <p>Pour que le visage de la mort s'estompe de nos mots.</p> <p>Va loin dans les nuages et les travaux des champs.</p> <p>Pas le temps pour l'exil et ma chanson…</p> <p>La cohue de la mort nous balaiera. Va dans la cohue,</p> <p>Que nous soyons malade de patrie simple et d'un possible jasmin.</p> <p>Va à ton sang apprêté pour ton déploiement.</p> <p>Va à mon sang unifié dans ton encerclement.</p> <p>Pas le temps pour l'exil,</p> <p>Les belles images sur les murs et les convois funéraires.</p> <p>Pas le temps pour les souhaits.</p> <p>Les oiseaux ont écrit leurs élégies et m'ont déracinés.</p> <p>Les champs ont déployés leurs manteaux et m'ont rassemblé.</p> <p>Va loin dans mon sang ! Et va loin dans la farine</p> <p>Que nous soyons malades de patrie simple et d'un possible jasmin.</p> <p>Ahmad le Quotidien !</p> <p>Tu es le nom de ceux qui quêtent la rosée et la simplicité des noms.</p> <p>Tu es le nom de l'orange.</p> <p>Ahmad le banal !</p> <p>Comment as-tu effacé cette nuance entre le rocher et les pommes,</p> <p>Entre le fusil et la gazelle ?</p> <p>Pas le temps pour l'exil et ma chanson…</p> <p>Nous irons dans le siège</p> <p>Jusqu'au terme des capitales.</p> <p>Va profond dans mon sang.</p> <p>Va, bourgeons.</p> <p>Va, profond dans mon sang.</p> <p>Va, bagues.</p> <p>Va profond dans mon sang.</p> <p>Va, échelles.</p> <p>Ahmad l'Arabe…Résiste !</p> <p>Pas le temps pour l'exil et ma chanson…</p> <p>Nous irons dans l'encerclement</p> <p>Jusqu'au trottoir du pain et des vagues.</p> <p>Telle est mon aire et celle de la patrie mitoyenne.</p> <p>Un mort face au rêve</p> <p>Ou un rêve qui expire sur le slogan.</p> <p>Va profond dans mon sang, va profond dans la farine,</p> <p>Que nous soyons malades de patrie simple et d'un possible jasmin.</p> <p><span class='spip_document_61 spip_documents spip_documents_center'> <img src='http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L500xH314/Naji_Al_Ali_1-c9272.jpg' width='500' height='314' alt="" style='height:314px;width:500px;' /></span></p> <p>Pour lui, les révérences de l'automne,</p> <p>Les commandements de l'oranger.</p> <p>Pour lui, les poèmes dans la saignée,</p> <p>Les rides des montagnes,</p> <p>Les clameurs,</p> <p>Les noces,</p> <p>Les magazines en couleur,</p> <p>Les élégies rassurantes,</p> <p>Les affiches,</p> <p>Le drapeau,</p> <p>Le progrès,</p> <p>Le chœur des chantres,</p> <p>Le décret de deuil,</p> <p>Et toutes choses toutes choses toutes choses</p> <p>Lorsque son visage se dévoile à ceux qui partent à sa découverte.</p> <p>Ahmad l'Inconnu !</p> <p>Comment nous as-tu habité vingt ans avant de disparaître ?</p> <p>Ahmad le Secret comme le feu et les forêts,</p> <p>Comment ton visage est-il demeuré mystérieux comme le midi ?</p> <p>Brandis ton visage populaire en nous</p> <p>Et donne lecture de tes dernières volontés.</p> <p>Spectateurs ! Dispersez-vous dans le silence.</p> <p>Écartez-vous un peu de lui, pour le retrouver en vous,</p> <p>Blé et deux mains nues.</p> <p>Écartez-vous un peu de lui, qu'il donne lecture de son testament</p> <p>Aux défunts s'ils sont morts,</p> <p>Et jette les traits de son visage</p> <p>Aux vivants, s'ils survivent.</p> <p>Ahmad mon frère.</p> <p>Tu es l'esclave et la divinité et le temple,</p> <p>Quand témoigneras-tu ?</p> <p>Témoigneras-tu ?</p> <p>Témoigneras ?</p> <p>Mahmoud Darwich. La terre nous est étroite. 1977</p> <p></strong> </i></p></div> Israël salue l'accession au pouvoir de Nicolas Sarkozy http://sindibad.fr/spip.php?article138 http://sindibad.fr/spip.php?article138 2007-05-07T15:21:04Z text/html fr Sindibad Israël espère surtout que cette élection tournera définitivement la page de ce que certains appelaient « la politique arabe de la France ». Une politique qui était au mieux une énonciation de principes sans réelle volonté de faire changer les choses notamment en ce qui concerne les droits des Palestiniens, au pire un soutien aux dictateurs arabes et aux régimes corrompus des capitales du Maghreb, du Proche et du Moyen Orient. On pourra désormais parier que l'ami d'Israël fera tout pour plaire aux (...) - <a href="http://sindibad.fr/spip.php?rubrique5" rel="directory">Palestine</a> <div class='rss_chapo'><p>Israël espère surtout que cette élection tournera définitivement la page de ce que certains appelaient « la politique arabe de la France ». Une politique qui était au mieux une énonciation de principes sans réelle volonté de faire changer les choses notamment en ce qui concerne les droits des Palestiniens, au pire un soutien aux dictateurs arabes et aux régimes corrompus des capitales du Maghreb, du Proche et du Moyen Orient. On pourra désormais parier que l'ami d'Israël fera tout pour plaire aux dirigeants de cet état. On peut déjà parler de « Politique israélienne de la France ».</p></div> <div class='rss_texte'><p>Israël salue l'accession au pouvoir de Nicolas Srakozy</p> <p>L'accession au pouvoir de Nicolas Sarkozy a été accueillie avec beaucoup de satisfaction par le gouvernement de criminels de guerre israéliens. Leur chef Ihoud Olmert a exprimé sa certitude que cette élection renforcerait l'amitié franco-israélienne, les deux pays, a déclaré, le chef du gouvernement israélien, pourront jouer un rôle important dans la recherche de la « paix dans la région ».</p> <p>Rappelons que quand les dirigeants d'Israël parlent de « paix dans la région », cela veut dire garder les colonies d'occupation en Cisjordanie, une grande partie des territoires palestiniens, ainsi que Jérusalem-Est, tout en continuant à poursuivre la construction du mur autour de ce qui reste de la Palestine. Une vision à laquelle adhère parfaitement le chef des néo-conservateurs français.</p> <p>Israël espère surtout que cette élection tournera définitivement la page de ce que certains appelaient « la politique arabe de la France ». Une politique qui était au mieux une énonciation de principes sans réelle volonté de faire changer les choses notamment en ce qui concerne les droits des Palestiniens, au pire un soutien aux dictateurs arabes et aux régimes corrompus des capitales du Maghreb, du Proche et du Moyen Orient. On pourra désormais parier que l'ami d'Israël fera tout pour plaire aux dirigeants de cet état. On peut déjà parler de « Politique israélienne de la France ».</p> <p>Aux Etats-Unis d'Amérique, c'est l'American Jewish Committee (AJC), le principal des lobbys israéliens sévissant en Amérique qui s'est distingué le plus en exprimant son immense joie pour la victoire de celui qu'il considère comme l'ami des juifs français.</p> <p>Rappelons qu'entre Sarkozy et l'AJC, c'est une vieille histoire d'amour. Cette organisation avait remis en 2003 le « prix de la tolérance » à l'ex-ministre de l'intérieur et nouveau Président de la République. Cette même organisation avait appelé la même année au « boycott de la France » coupable d'avoir dit non à la guerre en Irak.</p> <p>Ce n'est pas un hasard non plus que Georges Bush soit le premier chef d'état étranger à féliciter le nouveau maître de Paris. Le criminel de guerre américain sait qu'il pourra, désormais, compter sur la France, si jamais l'envie le prendrait de faire la guerre à un nouveau pays, l'Iran, par exemple.</p></div> Et maintenant ! http://sindibad.fr/spip.php?article123 http://sindibad.fr/spip.php?article123 2007-04-01T15:11:00Z text/html fr <p>Un communiqué de l'Union Juive Française pour la Paix qui dénonce l'attitude des puissances occidentales, toujours prêts à exiger davantage de concessions sur les Palestiniens, soutenant ainsi, de façon passive ou active l'occupant israélien.</p> - <a href="http://sindibad.fr/spip.php?rubrique5" rel="directory">Palestine</a> <img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L150xH94/arton123-43641.jpg" alt="" align="right" width='150' height='94' class='spip_logos' style='height:94px;width:150px;' /> <div class='rss_chapo'><p>L'accord de La Mecque a permis la mise en place d'un gouvernement palestinien regroupant le HAMAS, le FATAH, ainsi que des courants de la gauche laïque. L'accord marque ainsi l'unité retrouvée des Palestiniens en même temps qu'il donne une nouvelle force à la lutte contre l'occupation et pour la reconnaissance des droits des Palestiniens. Car c'est bien de cela qu'il s'agit, de l'occupation de la terre palestinienne par Israël.</p></div> <div class='rss_texte'><p><span class='spip_document_82 spip_documents spip_documents_center'> <img src='http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L191xH66/logo-bbfdf.gif' width='191' height='66' alt="" style='height:66px;width:191px;' /></span></p> <p>Et maintenant !</p> <p>Par <a href='http://www.ujfp.org/' class='spip_out'>L'Union Juive Française pour la Paix</a></p> <p>Date 27.03.2007 | Sujet : Communiqués</p> <p>L'accord de La Mecque a permis la mise en place d'un gouvernement palestinien regroupant le HAMAS, le FATAH, ainsi que des courants de la gauche laïque. L'accord marque ainsi l'unité retrouvée des Palestiniens en même temps qu'il donne une nouvelle force à la lutte contre l'occupation et pour la reconnaissance des droits des Palestiniens. Car c'est bien de cela qu'il s'agit, de l'occupation de la terre palestinienne par Israël.</p> <p>Peut-on alors parler de règlement si, d'une part, on ne prend pas en compte cette réalité, l'occupation, et si, d'autre part, on ne veut pas reconnaître ceux qui luttent contre cette occupation ?</p> <p>Les exigences du Quartette sont irréelles. Par deux fois, les Palestiniens ont reconnu le principe de deux Etats dans les frontières d'avant la guerre de 1967 (78% de la terre palestinienne pour l'Etat d'Israël et 22% pour l'Etat de Palestine) en 1988 et en 1993, et se sont heurtés au refus israélien et à une occupation de plus en plus dure avec l'extension des colonies d'une part et la dégradation de l'économie d'autre part, avec un mur qui consacre la partie de la Cisjordanie considérée comme faisant déjà partie d'Israël. Quant aux accords passés entre l'Etat d'Israël et les Palestiniens, bien que favorables à Israël, ce sont les gouvernements israéliens qui s'en sont servi à leur guise, quitte à les oublier lorsque cela leur était plus commode.</p> <p>Aujourd'hui les représentants élus des Palestiniens refusent de reconnaître l'Etat d'Israël, et face à la violence de l'occupation, proposent une trêve de longue durée qui laissera le temps faire son œuvre, c'est-à-dire qui permettra de voir si les Israéliens sont prêts à donner des gages de paix aux Palestiniens, la fin de l'occupation et l'évacuation des colonies étant prioritaires. Mais l'Etat d'Israël est-il prêt à de telles concessions ? Aujourd'hui le premier ministre israélien se dit prêt à des "concessions douloureuses" afin de pouvoir de pouvoir négocier avec les Palestiniens modérés. On vit toujours sur cette fiction, l'opposition entre modérées et radicaux, laquelle permet de ne rien céder aux uns, parce que, modérés, ils ne peuvent qu'accepter les conditions israéliennes, aux autres, parce que, radicaux, ils ne peuvent que refuser les conditions israéliennes. Ainsi Israël peut garder la tête haute, s'il n'y a aucune ouverture vers la paix, c'est que les modérés n'osent pas accepter de se soumettre et que les radicaux refusent de se soumettre.</p> <p>Mais ce qui fait la force d'Israël, c'est moins son refus que le soutien qu'il reçoit, de façon active ou passive, de la part de ses alliés occidentaux, que ce soit les Etats-Unis ou l'Union Européenne. Mais il s'agit moins d'alliance que de la reconnaissance, autant par les Etats-Unis que par l'Union Européenne, qu'Israël est plus qu'un allié, c'est une part de l'Occident et à ce titre il doit être défendu contre l'ennemi commun, le monde musulman, conformément à la doctrine inventée dite du "choc des civilisations". On l'a vu après les élections qui ont donné la victoire au HAMAS, l'Union Européenne s'est empressée de suspendre toute subvention à une Autorité Palestinienne dominée par le HAMAS en exigeant trois conditions : reconnaissance de l'Etat d'Israël, arrêt de la violence, respect des accords passés, trois conditions qui signifiaient la fin de toute résistance palestinienne à l'occupation israélienne et l'acceptation des diktats de l'occupant. Ainsi on accepte les Palestiniens que s'ils se soumettent.</p> <p>Les Européens savaient que la suspension de l'aide conduirait la Palestine au chaos, mais ils espéraient que les Palestiniens en rejettent la responsabilité sur l'intransigeance du HAMAS et qu'ils s'empresseraient, au cours de nouvelles élections, de renvoyer le HAMAS pour mettre en place une équipe capable de se soumettre à Israël. L'accord de La Mecque a empêché ce projet et l'agression israélienne contre Naplouse au début du mois de Mars marquait la volonté israélienne de dénoncer cet accord, voire de le remettre en cause.</p> <p>Aujourd'hui, devant l'unité palestinienne retrouvée, l'Union Européenne sera-t-elle capable de reprendre son aide à l'Autorité Palestinienne, de reconsidérer sa position en exigeant qu'Israël mette fin à sa politique d'occupation, qu'il démantèle les colonies et qu'il reconnaisse les droits nationaux des Palestiniens. Un Etat européen, la Norvège, qui ne fait pas partie de l'Union Européenne il est vrai, a eu le courage de revenir sur sa position en reprenant contact avec le gouvernement palestinien.</p> <p>Les Etats de l'Union sauront-ils faire le même pas ? On sait qu'il y a débat entre les divers Etats de l'Union. On peut lire dans la presse que l'Union Européenne est prête à revenir sur sa position mais aussitôt on rappelle les trois conditions du Quartette.</p> <p>La question est alors la suivante : ou l'Europe franchit le pas en rétablissant son aide à l'Autorité palestinienne, ce qui d'une part permettra aux Palestiniens de sortir du chaos imposé et d'autre part montrera à l'Etat d'Israël qu'il doit savoir composer, ouvrant ainsi vers une solution du conflit sous des formes à trouver par les intéressés ; ou l'Europe est incapable de franchir ce pas, laissant se poursuivre l'occupation, auquel cas les Palestiniens n'auront d'autre alternative que celle de continuer la résistance ou de se soumettre.</p> <p>C'est donc à l'Union Européenne de choisir entre la voie du droit et celle du soutien à une politique d'occupation et d'oppression.</p> <p>Aux côtés des Palestiniens, l'Union Juive Française pour la Paix, demande à l'Union Européenne de faire un choix de justice, d'abord en rétablissant l'aide à l'Autorité Palestinienne, ensuite en intervenant pour obliger l'Etat d'Israël à mettre fin à l'occupation et à ouvrir des négociations à égalité avec les représentants élus des Palestiniens.</p></div> Plus de vingt palestiniens tués dans les affrontements entre groupes mafieux http://sindibad.fr/spip.php?article87 http://sindibad.fr/spip.php?article87 2007-01-28T08:07:03Z text/html fr Sindibad Triste de constater que le seul grand gagnant de cette situation est le gouvernement israélien, qui n'a même plus besoin d'envoyer ses troupes. Les groupes palestiniens, sur place, se chargent de finir le travail. Triste à mourir Plus de vingt palestiniens tués dans les affrontements entre groupes mafieux Curieusement, les affrontements inter-palestiniens se déclenchent à chaque fois qu'un accord semble éminent entre la Hamas et Le Fatah, Il est clair que certaines parties, notamment dans (...) - <a href="http://sindibad.fr/spip.php?rubrique5" rel="directory">Palestine</a> <img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L90xH150/arton87-69f4e.png" alt="" align="right" width='90' height='150' class='spip_logos' style='height:150px;width:90px;' /> <div class='rss_chapo'><p>Triste de constater que le seul grand gagnant de cette situation est le gouvernement israélien, qui n'a même plus besoin d'envoyer ses troupes. Les groupes palestiniens, sur place, se chargent de finir le travail.</p></div> <div class='rss_texte'><p><strong>Triste à mourir</p> <p>Plus de vingt palestiniens tués dans les affrontements entre groupes mafieux</strong></p> <p>Curieusement, les affrontements inter-palestiniens se déclenchent à chaque fois qu'un accord semble éminent entre la Hamas et Le Fatah, Il est clair que certaines parties, notamment dans l'organisation du Président Palestinien n'ont aucun intérêt à voir se former un gouvernement d'union nationale. C'est ce qui explique sans doute le soutien qu'ils reçoivent d'Israël et de l'administration Bush (Soutien en armes et en devises).</p> <p>Une nouvelle fois, alors qu'en début de semaine, tout semblait, enfin, prêt pour l'annonce d'un accord sur la composition d'un gouvernement d'union nationale, des affrontements d'une rare violence se sont déclenchés entre fractions palestiniennes.</p> <p><span class='spip_document_58 spip_documents spip_documents_center'> <img src='http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L340xH227/Otages_palestiniens-e684e.jpg' width='340' height='227' alt="" style='height:227px;width:340px;' /></span></p> <p>En quatre jours de combats, plus de 20 Palestiniens ont été tués dont des enfants, sans compter le nombre de blessés et d'otages retenus de part et d'autre par des groupes armés. Les rues de Gaza sont devenues désertes. Désormais, les civils palestiniens ont plus peur maintenant des groupes censés les protéger que des attaques de l'armée israélienne.</p> <p>Dans ce climat très tendu, plusieurs voix se sont élevées pour appeler les factions palestiniennes à cesser les combats de rue et à retourner à la table des négociations. Il semble, cependant, qu'elles ont peu de chance d'être entendues. Les groupes qui s'affrontent actuellement ne répondent même plus aux appels du Hamas et du Fatah, leurs mouvements respectifs.</p> <p>Difficile de parler, aujourd'hui, de groupes de résistance qui combattent pour une cause juste. L'enjeu est le contrôle du pouvoir et surtout des sommes d'argent qui arrivent à l'autorité palestinienne d'Israël et des États-Unis. Groupes mafieux est le terme le plus approprié pour décrire ces groupes. Les vrais résistants ne se baladent pas dans les rues en portant des armes flambant neuf (Bizarrement, les armes sont la seule chose, aujourd'hui, qui ne manque pas à Gaza).</p> <p>Triste de constater que le seul grand gagnant de cette situation est le gouvernement israélien, qui n'a même plus besoin d'envoyer ses troupes. Les groupes palestiniens, sur place, se chargent de finir le travail.</p></div> J'ai honte d'être Palestinien http://sindibad.fr/spip.php?article85 http://sindibad.fr/spip.php?article85 2007-01-25T06:30:34Z text/html fr J'ai honte d'être Palestinien Traduit et publié sur le site Al-Oufok Il semble que le fond où sombrent les Palestiniens dans les territoires se transforme en un abîme. Chaque jour apporte son lot de nouveaux rebondissements à ce drame si terrible que même les plus sages d'entre nous, qui n'en croient pas leurs yeux, se cognent la tête contre les murs. Des cultures totalement étrangères au peuple palestinien et à sa culture y fraient leur chemin, en en chassant d'autres fondées sur ces hautes valeurs (...) - <a href="http://sindibad.fr/spip.php?rubrique5" rel="directory">Palestine</a> <img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L150xH101/arton85-d4555.jpg" alt="" align="right" width='150' height='101' class='spip_logos' style='height:101px;width:150px;' /> <div class='rss_texte'><p><strong>J'ai honte d'être Palestinien</strong></p> <p>Traduit et publié sur le site <a href='http://www.aloufok.net/sommaire.php3' class='spip_out'>Al-Oufok</a></p> <p>Il semble que le fond où sombrent les Palestiniens dans les territoires se transforme en un abîme. Chaque jour apporte son lot de nouveaux rebondissements à ce drame si terrible que même les plus sages d'entre nous, qui n'en croient pas leurs yeux, se cognent la tête contre les murs. Des cultures totalement étrangères au peuple palestinien et à sa culture y fraient leur chemin, en en chassant d'autres fondées sur ces hautes valeurs éthiques, humaines et politiques que sont la conscience, la discipline, le souci de préserver la vie et une extraordinaire expérience du militantisme et du combat pour recouvrer des droits légitimes aliénés par un ennemi excessivement sanguinaire et assoiffé de meurtre et de destruction.</p> <p>On ne peut croire que des Palestiniens puissent enlever des journalistes étrangers, venus de tous les coins du monde pour soutenir une cause juste et faire connaître les souffrances de tout un peuple, victime de la faim, du blocus, des massacres et la démolition des maisons. Il était inimaginable que des Palestiniens puissent attaquer une télévision satellitaire arabe, la truffer de bombes et la transformer en un amas de ruine où les débris des caméras et des ordinateurs se mêlent à ceux des bombes. On est loin du peuple palestinien que nous connaissons et auquel nous appartenons. On est bien loin des fractions résistantes qui s'opposent à l'occupation, sacrifient des dizaines, voire des milliers de martyrs, de blessés et de prisonniers, et qui souffrent de l'alignement des médias mondiaux sur les thèses de l'occupant et ses méthodes captieuses.</p> <p>Nous manquons dramatiquement d'explications à ce phénomène dangereux et destructeur, et nous sommes incapables d'assimiler cette culture qui fait irruption au sein d'un peuple qui a offert les plus beaux exemples de discipline et de respect de l'opinion d'autrui, et qui a toujours cru que la mission de l'information et des gens qui la font est de faire connaître la vérité, fut-elle différente de la sienne.</p> <p>Le peuple palestinien a une dette envers les médias, qu'ils soient arabes ou étrangers, car ils l'ont toujours soutenu contre l'intrusion israélienne, contre le double langage américain et contre la marginalisation de l'ONU et des autres organismes internationaux.</p> <p>Lorsque Yasser Arafat, le président palestinien disparu, a jeté les bases d'un Etat palestinien, il a aussitôt recueilli la reconnaissance de plus de cent Etat ; cela n'était possible que parce qu'il a assimilé le rôle des médias, leur capacité à faire triompher les causes de la justice et de la liberté et à dénoncer l'occupation israélienne, et toutes ses pratiques inhumaines et abjectes. Arafat n'aurait jamais mis un journaliste en colère, et si par malheur une telle chose s'était produite, il lui aurait téléphoné le lendemain pour s'excuser, en homme prévenant et chaleureux. Le président Arafat recevait les journalistes avec amabilité, et qu'ils soient arabes ou étrangers, il avait pour eux une grande estime, insistait pour les inviter à sa modeste table, remplissait lui-même leur assiette et leur demandait toujours de leurs nouvelles et de celles de leurs enfants et leurs familles.</p> <p>Nous ne révélons pas de secret en disant que des dizaines, voire des centaines de journalistes arabes étaient employés par l'OLP, au même titre que leurs collègues palestiniens. Arafat n'a jamais rechigné à prendre en charge les soins de bon nombre d'entre eux lorsqu'ils tombaient malades, sans qu'ils le lui demandent. Bien plus, il prenait lui-même l'initiative de les appeler et de s'assurer de leur santé. Cet esprit qui comprend la mission du journaliste et de l'homme des médias est celui qui a fait de la révolution palestinienne une des plus grandes au monde et qui faisait l'unanimité autour d'elle de l'extrême gauche à l'extrême droite, des Etats-Unis à la Chine. Aucun évènement n'a bénéficié ne serait-ce que de la moitié de la couverture médiatique dévolue à l'évènement palestinien, même lorsqu'il n'était pas crucial. Il suffit de dire que les réunions du Conseil National Palestinien attiraient plus de 1500 journalistes de toutes sortes et de toutes couleurs.</p> <p>Cette école a malheureusement disparu. Elle est remplacée par cette culture qui consiste à enlever des journalistes, à détruire leurs locaux et à menacer de mort celui qui n'est pas d'accord avec telle ou telle organisation, à tel enseigne que nous sommes en passe d'être placés en tête de la liste des bêtes noires de cette profession, en particulier chez les journalistes les plus actifs et les plus influents en notre temps. Notre grand drame, c'est la lutte pour le pouvoir, lequel pouvoir est devenu le but suprême pour les deux principales organisations palestiniennes, à savoir Hamas et le Fatah. C'est également l'irruption de ces nouveaux leaderships qui ne connaissent de la politique et de sa déontologie que la volonté de nuire à l'autre, de faire bon marché de sa vie et d'utiliser des expressions choquantes et naguère absentes de notre dictionnaire, comme agent de l'occupant, traîtrise, obscurantisme, brigandage, etc.</p> <p>Nous avons oublié l'occupation. Nous avons oublié ses crimes, ses colonies et ses agents. Nous avons oublié nos prisonniers et le sacrifice consenti par nos martyrs. Nous nous entretuons désormais pour une charogne nommée pouvoir. La question la plus importante, la source de toutes les divergences et de tous les conflits est désormais la suivante : qui obtiendra tel ou tel portefeuille ministériel ? Ils parlent maintenant de ministères de souveraineté, comme le ministère des finances, les affaires étrangères, l'intérieur et l'information, et oublient que nous sommes sans souveraineté ni dignité, que nous ployons sous le joug de l'occupation, que notre premier ministre fait la queue comme un malpropre aux points de passage et que le président de notre Autorité ne peut quitter son bureau sans l'autorisation d'un planton de l'armée israélienne.</p> <p>Toutes nos valeurs et nos traditions qui faisaient la fierté des communautés, arabe et musulmane, et qui étaient jalousées par nos ennemis, sont maintenant sens dessus dessous, et le citoyen palestinien craint moins l'occupation, ses missiles et ses bombes que la guerre civile et les affrontements entre les enfants de la même cause. Les fractions palestiniennes aidaient jadis les hommes des médias parce qu'ils voulaient s'adresser au monde au moyen d'un discours moderne porteur d'informations précises et à même de s'assurer sa sympathie. Aujourd'hui, au temps des luttes pour le pouvoir, des dizaines de professionnels des médias sont utilisés par les différentes fractions pour se répondre les unes aux autres, pour diffuser des communiqués accusant tel ou tel groupe et poussant à la violence contre lui. L'hypocrisie atteint son somment lorsque les grands responsables des fractions se rencontrent et discutent comme s'ils étaient les représentants de partis suisses ou suédois : ils se montrent soucieux de l'unité nationale et entonnent des hymnes dans lesquels ils interdisent de verser le sang palestinien.</p> <p>Je le dis franchement et à haute et intelligible voix : ceux qui disent qu'ils nous représentent n'ont rien à voir avec notre patrimoine, ni avec notre histoire, ni avec les sacrifices de nos martyrs. Nous avons honte de leurs actes et leurs excès, quelle que soit la fraction à laquelle ils appartiennent. Si c'est la lutte pour cette autorité fictive qui nous a conduits à cet abîme, alors nous n'en voulons point. Nous pensons même qu'exiger sa dissolution est un devoir national qui ne le cède en rien au devoir de la libération de la Palestine. L'Autorité est devenue en effet un fardeau pour nous et la source de tous les maux que nous endurons et endurerons.</p> <p>Je reconnais qu'en tant que Palestinien, j'éprouve de la honte quand je vois les pantalonnades qui se déroulent sur le sol de notre patrie. J'espère que tout citoyen, qu'il soit de l'intérieur ou de l'extérieur des terres occupées, fera face à ces ambitieux ministrables à la recherche de postes, et leur dira : assez ! Nous ne mangeons pas de ce pain-là. Nous ne voulons pas de votre Autorité et nous voulons revenir à cette constante nationale qu'est la résistance contre l'occupation, que nous avons oubliée ou fait semblant d'oublier en faisant du Palestinien l'ennemi, alors que le véritable ennemi est l'occupant usurpateur !! Je n'hésite pas un seul instant à demander pardon à tous les collègues, qu'ils soient arabes ou étrangers, de la chaîne Al-Arabiyya, surtout à ceux dont le bureau à Gaza a été dévasté avant-hier à la suite à ces pratiques choquantes et honteuses. Je déclare que ceux qui utilisent le langage de l'enlèvement, de la terreur et de la destruction ne sont qu'une exception à notre éthique et à notre combat pour une juste cause.</p> <p>Abdelbârî ATWAN</p> <p>Al-Quds al-Arabi, le 24 janvier 2007</p> <p>Aziz HILAL pour la traduction à partir de l'arabe</p> <p><a href='http://www.aloufok./ net/article. php3?id_article= 3646' class='spip_out'>http://www.aloufok. net/article. php3 ?id_article= 3646</a></p></div>