Le site de Sindibad http://sindibad.fr/ fr SPIP - www.spip.net Le site de Sindibad http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L144xH93/siteon0-9d8dd.jpg http://sindibad.fr/ 93 144 Propagande pro-israélienne, désinformation et autres sophismes http://sindibad.fr/spip.php?article275 http://sindibad.fr/spip.php?article275 2010-06-13T12:38:31Z text/html fr Que la propagande militaire israélienne tente de justifier l'injustifiable est une chose mais il est inadmissible que des médias si prompts à donner des leçons de déontologie par ailleurs, nous assènent avec ce que les Grecs appelaient Argumentum ad baculum, soit la raison du plus fort, accordant exagérément la parole aux Israéliens qui se servent de fausses preuves fabriquées par leur machine de propagande Propagande pro-israélienne, désinformation et autres sophismes Mouna Hachim Nous savions déjà (...) - <a href="http://sindibad.fr/spip.php?rubrique7" rel="directory">Médias</a> <img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton275-b559a.jpg" alt="" align="right" width='150' height='84' class='spip_logos' style='height:84px;width:150px;' /> <div class='rss_chapo'><p>Que la propagande militaire israélienne tente de justifier l'injustifiable est une chose mais il est inadmissible que des médias si prompts à donner des leçons de déontologie par ailleurs, nous assènent avec ce que les Grecs appelaient Argumentum ad baculum, soit la raison du plus fort, accordant exagérément la parole aux Israéliens qui se servent de fausses preuves fabriquées par leur machine de propagande</p></div> <div class='rss_texte'><p>Propagande pro-israélienne, désinformation et autres sophismes</p> <p>Mouna Hachim</p> <p>Nous savions déjà qu'Israël était un Etat au-dessus des lois, capable de violer impunément toutes les règles du droit international ; de coloniser, bombarder, assiéger, affamer des populations civiles ; d'exercer sans risque majeur – sauf sur le plan de l'image ! un acte de piraterie dans les eaux internationales en criblant de balles des humanitaires… Ce que nous refusions d'accepter comme réalité, pourtant sans cesse imposée, c'est l'alignement manifeste sur la thèse israélienne d'une certaine presse occidentale qui a perdu là une belle occasion, si ce n'est de se réconcilier avec l'éthique journalistique, du moins de se taire.</p> <p>Devant l'énormité de l'acte perpétré et le symbolisme que représentait cette flottille internationale pour la liberté, il nous semblait pourtant que les commentaires seraient emprunts, à défaut d'objectivité, d'un peu de décence. Ce serait faire preuve d'angélisme pour quiconque ayant suivi le massacre perpétré l'an dernier à Gaza, ainsi que cette couverture médiatique qui parvient en toutes circonstances à transformer le bourreau en victime. Et inversement.</p> <p>C'est ainsi que nous avons pu observer quelques médias endossant l'uniforme de propagandistes et faussaires de l'information, resservant la même gamme de raisonnements fallacieux, visant à manipuler habilement la pensée. Notre esprit ne peut qu'être frappé par ces procédés rhétoriques utilisés depuis l'Antiquité grecque par les sophistes, ces influents orateurs et penseurs maudits davantage préoccupés par la persuasion de leur auditoire que la recherche de la vérité, dénoncés en ce sens par le philosophe Aristote dans ses « Réfutations sophistiques ». Parmi les plus courantes techniques de désinformation se trouve l'omission. Elle consiste à mettre de côté l'information pertinente pour induire un regard déformé de la réalité. Exemple dans le cas de figure qui nous intéresse : le black-out sur le caractère illégal du raid israélien qui constitue un acte de piraterie violant le droit maritime, la flottille étant située en zone internationale au moment de l'agression. On est loin du traitement politique, médiatique et juridique réservé aux pirates somaliens – qui n'ont pourtant jamais tué leurs otages – dont le premier procès en Europe s'est ouvert le 25 mai 2010 au tribunal de Rotterdam.</p> <p>Ce détournement de l'attention englobe également le pourquoi de cette situation, le blocus immoral imposé à la population de Gaza, la poursuite de la colonisation dans les Territoires occupés... Si l'on ne peut cacher le retentissement du fait lui-même, un autre procédé viendra en atténuer la portée. C'est le glissement sémantique, consistant à remplacer une expression par une autre pour la vider de son contenu émotionnel et la délester de tout son sens. Parmi ces euphémismes employés volontairement ou inconsciemment et qui sont à mettre dans la même catégorie que les fameux « dégâts collatéraux », « frappes chirurgicales », « pression physique modérée » et autres « techniques d'interrogatoire » : il s'agit d' »intercepter la flottille » au lieu de la « prendre d'assaut » ; « arrêter les passagers » plutôt que les « kidnapper » ; « expulser » à la place de « libérer »…</p> <p>Le procédé inverse est également utilisé pour alourdir le sens et ternir l'image. Ainsi, l'adjectif « humanitaire » est soigneusement évité pour être remplacé par l'insidieux « activistes pro-Palestiniens ». Tant pis pour les ONG internationales, pour le prix Nobel, pour les députés européens, pour le rescapé de la Shoah qui font tous partie du convoi. La flottille humanitaire nous dit une certaine presse est préparée par une ONG islamiste turque, proche du Hamas « qui contrôle Gaza ». Le mot terroriste n'a pas besoin d'être étalé. L'impact subliminal a déjà produit son effet par le biais de procédés cognitifs faisant appel à la peur.</p> <p>Cette diabolisation de l'Autre qui réveille les préjugés des interlocuteurs atteint son summum quand on signale sournoisement au milieu d'une phrase « Le Hamas dont la charte ne reconnaît pas l'Etat d'Israël ». Outre le fait que les leaders de ce mouvement se sont dits prêts à reconnaître Israël dans les frontières de 1967, pourquoi oublie-t-on de spécifier dans un souci d'équilibre que la charte du Likoud ne reconnaît pas non plus à la Palestine le droit à l'existence, stipulant que « le gouvernement israélien rejette catégoriquement la création d'un Etat arabo-palestinien à l'ouest de Jourdain ».</p> <p>Mais revenons à notre flottille et à cette conclusion excessive qui a fait parler certains médias d'armes à bord et laissons la parole au témoignage significatif de l'écrivain suédois Henning Mankell : « Au bout d'un moment, un soldat cagoulé est venu nous dire qu'ils avaient découvert des armes. Et ce parfait crétin est arrivé avec mon rasoir et un cutter qu'il avait trouvé dans la cuisine. Puis il a déclaré qu'il devait nous emmener avec lui, car nous étions des ‘‘terroristes'' ».</p> <p>Que la propagande militaire israélienne tente de justifier l'injustifiable est une chose mais il est inadmissible que des médias si prompts à donner des leçons de déontologie par ailleurs, nous assènent avec ce que les Grecs appelaient Argumentum ad baculum, soit la raison du plus fort, accordant exagérément la parole aux Israéliens qui se servent de fausses preuves fabriquées par leur machine de propagande. Ainsi, le commando aurait été attaqué par des activistes armés de gourdins. N'attendez pas qu'on spécifie que l'équipage de la flottille aurait été en tout état de cause dans une situation de légitime défense. Par un incroyable tour de passe-passe, les rôles sont inversés et le mot vertueux, lancé : la sécurité d'Israël. En phase avec cette logique absurde, la communauté internationale demande à ce pays de mener une « enquête impartiale », ce qui en droit commun reviendrait à demander à un assaillant qui s'est infiltré dans une maison et tué quelques personnes au passage de mener sa propre enquête. La boucle est ainsi bouclée.</p> <p>Le dramaturge de l'absurde Eugène Ionesco écrivait : « Prenez un cercle, caressez-le, il finira par devenir vicieux ». Jusqu'à quand le monde continuera à alimenter, par sa malsaine partialité cette infernale spirale, à prendre au sérieux sa propre hypocrisie, à se complaire dans sa cécité ?</p> <p>Source : L'économiste - Quotidien marocain d'information</p></div> La propagande israélienne pirate les ondes de France 2 http://sindibad.fr/spip.php?article274 http://sindibad.fr/spip.php?article274 2010-06-03T18:29:18Z text/html fr <p>Grâce à l'adjudant PUJADAS, l'armée israélienne fait comme chez elle à France 2.</p> - <a href="http://sindibad.fr/spip.php?rubrique7" rel="directory">Médias</a> <img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L150xH85/arton274-1aebb.jpg" alt="" align="right" width='150' height='85' class='spip_logos' style='height:85px;width:150px;' /> <div class='rss_texte'><p>La propagande israélienne pirate les ondes de France 2</p> <p>Par <a href='http://www.michelcollon.info/index.php?option=com_content&view=article&id=2786:la-propagande-israelienne-pirate-les-ondes-de-france-2&catid=6:articles&Itemid=11' class='spip_out'>Grégoire Lalieu</a></p> <p>Ce lundi 31 mai, quelques heures seulement après l'abordage de la flottille humanitaire en route pour Gaza, les autorités israéliennes ont procédé à un nouvel acte de piraterie, celui des ondes de France Télévisions. Parti pris, mensonges grossiers, désinformation… Le journal télévisé de France 2 naviguait en eaux troubles ce soir-là.</p> <p><img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> Tu as vu chérie ? Ils recommencent à diffuser des publicités après 20h sur France Télévisions.</p> <p><img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> Mais non mon amour, c'est le JT de Pujadas !</p> <p>Etonnant ! Comme beaucoup d'autres chaînes de télévision à travers le monde, France 2 a ouvert le grand bal de l'actualité de ce 31 mai sur l'attaque israélienne menée contre la flottille humanitaire à destination de Gaza. Mais la couverture médiatique de cet événement a vite donné au journal télévisé des allures de spot gouvernemental israélien.</p> <p>David Pujadas nous rapporte le récit du raid sur la flottille « pro-palestinienne », évitant systématiquement l'emploi de l'adjectif « humanitaire » pourtant utilisé partout ailleurs pour qualifier le convoi. Selon l'homme-tronc de France 2, l'opération a fait neuf morts. D'autres médias, y compris israéliens, font pourtant état d'un plus grand nombre de victimes. La plupart en tout cas, emploient prudemment le conditionnel ou précédent leur chiffre d'un « au moins » professionnel, tant il est difficile dans pareille situation d'obtenir des informations précises. Mais David Pujadas, lui, confirme son nombre de victimes à plusieurs reprises durant l'émission avec tout l'aplomb du journaliste sûr de ses sources. Mais de quelles sources s'agit-il exactement ? Durant la journée du 31 mai, seule l'armée israélienne a communiqué le chiffre de neufs morts.</p> <p>En fait, toute l'émission était axée sur la version de Tel-Aviv : les soldats ont gentiment prié le convoi de les suivre jusqu'au port israélien d'Ashdod ; les « pro-palestiniens » ont refusé d'obtempérer ; un commando israélien est monté à bord d'un bateau où il a été attaqué à coups de bâtons, de couteaux et de billes ; les soldats ont été contraints d'ouvrir le feu. Le récit est appuyé par des images gracieusement fournies par l'armée israélienne qui, selon M. Pujadas, « veut ainsi prouver que ses soldats ont été agressés ». Des propos confirmés par les interventions de la porte-parole de l'armée israélienne, du premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, ainsi que par une interview du porte-parole du ministère israélien des Affaires Etrangères, Daniel Saada. Nous reviendrons plus loin sur cette interview.</p> <p>De la version « pro-palestinienne » des événements, nous saurons juste que les activistes ont qualifié l'attaque de « délibérée ». C'est tout ? Oui ! Pas un mot sur les témoignages concordants établissant qu'un bateau grec avait essuyé des tirs à balles réelles depuis un hélicoptère durant la nuit. Ces informations apportent pourtant un éclairage pertinent aux images diffusées par France 2 mais doivent avoir le fâcheux inconvénient de contredire la version israélienne.</p> <p>Pas un mot non plus sur l'aspect illégal du raid israélien. Le reportage de France Télévisions rapporte que l'attaque s'est déroulée dans les eaux internationales, au-delà des eaux territoriales israéliennes. Mais la chaîne du service public se garde bien de préciser que l'opération viole donc le droit international et qu'elle constitue un acte de piraterie. Par conséquent, non seulement France 2 ne précise pas que l'équipage de la flottille humanitaire était en état de légitime défense. Mais de plus, la chaîne publique surexpose la version israélienne, inversant la victime et l'agresseur.</p> <p>La présentation offerte par France 2 du convoi « pro-palestinien » cadre elle aussi parfaitement avec la propagande israélienne. Il fallait zapper si vous désiriez découvrir, comme c'est le cas généralement pour la couverture d'événements humanitaires, le portrait de courageux pacifistes s'embarquant dans une aventure solidaire. Il fallait zapper également si vous désiriez en apprendre d'avantage sur la présence de députés européens, d'un rescapé de la Shoah ou d'un prix Nobel de la paix. Le reportage de France 2 nous expliquait plutôt comment la flottille humanitaire avait été essentiellement préparée par une ONG turque, proche du Hamas « qui contrôle Gaza ». L'UMP contrôle-t-elle la France ? Etrange vocabulaire… Le reportage vise en fait à ternir l'image de la mission humanitaire qui aurait caché un objectif politique : briser le blocus pour renforcer le Hamas. Des députés européens, un rescapé de la Shoah et un prix Nobel œuvrant pour une « organisation terroriste » sous couvert d'actions humanitaires : joli scoop !</p> <p>Quelques erreurs déontologiques plus tard, M. Pujadas nous annonce l'interview imminente de Daniel Saada, porte-parole du ministère des Affaires Etrangères, et envoie un reportage sur le blocus israélien, « pour bien comprendre » et mettre à l'aise l'officiel israélien. Le reportage de France Télévisions nous apprend en effet qu'Israël a imposé un blocus politique et économique sur Gaza depuis que le Hamas y a pris le pouvoir « par la force » en 2007. Il s'agit d'un mensonge grossier répété inlassablement depuis plusieurs années. Le 25 janvier 2006, le Hamas a remporté haut la main des élections législatives dans la bande de Gaza. Ces élections avaient mobilisé plus de trois-quarts des électeurs sous le regard de 900 observateurs internationaux ayant validé la parfaite régularité du scrutin.</p> <p>Le reportage revient ensuite sur la guerre de Gaza : « après des tirs de roquette par le Hamas sur le Sud d'Israël, l'armée de Tsahal lance une offensive majeure sur Gaza ». Le journaliste laisse ainsi entendre que le Hamas aurait rompu la trêve avec Israël et que ce dernier aurait agi en état de légitime défense. Il s'agit d'un vulgaire mensonge sur lequel s'est basée la propagande israélienne et que France Télévision propage, une fois de plus, complaisamment. La trêve conclue entre le Hamas et Israël impliquait comme condition le desserrement du blocus sur Gaza. Non seulement le gouvernement israélien n'a pas respecté cette condition mais il avait même lancé, en novembre 2008, un raid meurtrier sur l'enclave palestinienne, déclarant par la suite que la trêve n'était pas pour autant rompue ! Dans son rapport sur la guerre de Gaza, le juge Richard Goldstone, mandaté par les Nations Unies, a établi que c'est bien Israël qui avait rompu la trêve. Visiblement, l'avis d'une commission indépendante de l'ONU a moins de valeur pour France Télévisions que la propagande d'un pays en guerre.</p> <p>Interview d'un diplomate israélien : les copains d'abord</p> <p>Après avoir déroulé son tapis rouge de mensonges, M. Pujadas passe donc à l'interview du porte-parole du ministère israélien des Affaires Etrangères. Introduit par un reportage légitimant à demi-mot le blocus et la guerre contre Gaza, M. Saada joue sur du velours. La haute pugnacité M. Pujadas va-t-elle le faire vaciller ? Première question : « Finalement il y a eu neuf morts, pouvez-vous reconnaître que l'opération était disproportionnée ? ». Pas très mordant : en droit, une opération disproportionnée est une opération de légitime défense qui exagère dans ses proportions. Par le choix de ce vocabulaire insidieux, David Pujadas prend donc déjà la défense du crime israélien. Réponse de l'officiel : « Lorsqu'on voit la violence inouïe déployée par les activistes à bord du bateau (…) on est amené à dire que les soldats israéliens ont fait preuve d'une retenue et d'une maîtrise de soi absolument exceptionnelle ». Peut-être M. Pujadas aurait-il pu rebondir sur les propos pour le moins surprenants de son interlocuteur. Mais le journaliste enchaîne aussi tôt : « N'avez-vous pas renforcé ceux que vous voulez combattre, le Hamas et ses alliés ? ». Réponse de Daniel Saada, imperturbable : « C'est le contraire qui s'est passé. L'objectif de cette mission n'était pas humanitaire (…) mais consistait à briser le blocus pour renforcer le Hamas ». Une idée déjà évoquée précédemment dans un reportage du journal télévisé : la boucle est bouclée. David Pujadas conclura l'entretien par une troisième et dernière question sur le crédit d'Israël. Le porte-parole rétorquera que les actions de son gouvernement sont souvent mal interprétées. Au regard de l'étonnant reportage ayant introduit l'interview, de la torpeur journalistique de M. Pujadas et des réponses psalmodiées par M. Saada, le téléspectateur sera en droit de se poser des questions sur la spontanéité de l'entretien. Et au regard de l'ensemble des reportages consacrés à l'attaque de la flottille pour Gaza, n'importe quel esprit critique se posera des questions sur l'indépendance de France Télévisions face à la propagande israélienne.</p> <p>Le Journal Télévisé de David Pujadas est-il une exception dans le paysage médiatique ? La couverture de l'attaque de la flottille pour Gaza est-elle une anomalie dans le traitement quotidien du conflit israélo-palestinien ? Malheureusement, non. Dès qu'il s'agit de ce conflit, la propagande israélienne s'invite dans les médias occidentaux suivant ces cinq règles de la « propagande de guerre », telles qu'elles sont décrites par Michel Collon dans le livre Israël, parlons-en ! :</p> <p>1. Cacher l'Histoire. Avant d'interviewer M. Saada, David Pujadas nous a proposé un reportage sur les raisons du blocus israélien, « pour bien comprendre ». Pour bien comprendre, il aurait fallu rappeler les causes profondes du conflit et comment Israël, Etat colonial, occupe des territoires palestiniens en violation du droit international.</p> <p>2. Cacher les intérêts économiques. Pourquoi un pays se croit-il autorisé à assassiner des membres d'un équipage humanitaire dans les eaux internationales ? Jusqu'ici, Israël a toujours jouit d'une impunité car il est soutenu par les plus grandes puissances occidentales, principalement les Etats-Unis. Sa mission ? Jouer le rôle du gendarme du pétrole dans la région stratégique du Moyen-Orient.</p> <p>3. Diaboliser l'adversaire. Par la magie de France 2, un convoi humanitaire regroupant diverses ONG, des députés européens et même un prix Nobel de la Paix s'est transformé en action de déstabilisation politique au service du Hamas. Le mouvement de résistance palestinien démocratiquement élu étant présenté comme une organisation islamiste ayant pris le contrôle de Gaza par la force et étant la principale source de conflits.</p> <p>4. Inverser la victime et l'agresseur. La propagande essaie de nous faire croire que le commando israélien a perdu le contrôle de la situation, attaqué par une bande d'activistes surexcités. Difficile de savoir ce qui s'est réellement passé sur les bateaux. Ce qui est clair par contre, c'est qu'Israël a abordé le convoi dans les eaux internationales. Il s'agit d'un acte de piraterie illégal qui place les activistes pro-palestiniens en situation de légitime défense.</p> <p>5. Monopoliser l'info, exclure le vrai débat. La version israélienne a occupé la majeure partie du temps d'antenne consacré à l'attaque de la flottille. La rédaction de France 2 a tenté de comprendre ce qui s'était passé : les activistes étaient-ils armés ? Qui a attaqué en premier ? La flottille avait-elle un objectif caché ? Ces questions restent secondaires et il serait difficile d'y apporter des réponses précises pour l'instant car l'armée israélienne exerce un contrôle sur l'information. L'élément principal de ces événements, c'est le blocus illégal et inhumain qu'impose Israël à la population de Gaza. Ne l'oublions pas, des personnes ont payé de leur vie pour essayer de briser cette situation injustifiable.</p></div> Sarkozy et les médias http://sindibad.fr/spip.php?article142 http://sindibad.fr/spip.php?article142 2007-05-11T19:36:24Z text/html fr <p>Pour prendre le pouvoir en France, Nicolas Sarkozy a d'abord pris le contrôle des médias. Une conquête qui avait commencé il y a 25 ans...</p> - <a href="http://sindibad.fr/spip.php?rubrique7" rel="directory">Médias</a> <img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton142-397d1.jpg" alt="" align="right" width='150' height='84' class='spip_logos' style='height:84px;width:150px;' /> <div class='rss_texte'><p><strong>Comment Sarkozy contrôle les médias </strong></p> <p>Publié dans <a href='http://www.lejournal-hebdo.com/sommaire/index.php' class='spip_out'>Le Journal Hebdo</a></p> <p>...Nicolas Sarkozy se rêvait journaliste, rapporte Frédéric Charpier dans son ouvrage « Nicolas Sarkozy, enquête sur un homme de pouvoir ». A défaut d'exercer cette profession, il a su y tisser un impressionnant réseau. Véritable travail d'orfèvre, le rapprochement du candidat de l'Union pour un mouvement populaire (UMP) et des grands patrons propriétaires de médias s'est lentement accompli. Depuis 1983, date à laquelle Nicolas Sarkozy s'est emparé de la mairie de Neuilly (Hauts-de-Seine), son carnet d'adresses n'a eu de cesse de s'étoffer. Mais jusqu'à quel point l'a-t-il mis au service de ses ambitions ?</p> <p>L'ami des patrons</p> <p>En 25 ans, Nicolas Sarkozy est parvenu, plus que tout autre homme politique français, à nouer des relations privilégiées avec le tout-Paris médiatique. D'abord en créant en 1985 un club très select, Neuilly Communication, où se cotoient ses administrés : Arnaud de Puyfontaine (PDG du groupe de presse Mondadori-France) , Nicolas de Tavernost (patron de M6) ou Jean-Claude Decaux (numéro un de l'affichage). Tous ne sont pas des intimes mais Sarkozy compte tout de même quelques soutiens de poids. Arnaud Lagardère (Paris Match, Europe 1, le Journal du Dimanche et plusieurs titres régionaux) n'a pas hésité à le présenter, lors d'un séminaire à Deauville en 2005, « non pas comme un ami, mais comme un frère ». Le patron de TF1, Martin Bouygues, témoin de son mariage avec Cécilia, est également le parrain de Louis, le fils unique du couple Sarkozy. Même Serge Dassault, à la tête du Figaro et proche de Jacques Chirac, ne cache plus sa profonde admiration pour le candidat à la présidentielle. À tel point que certains journalistes du quotidien de droite s'inquiètent de sa dérive sarkozyste. Le 16 avril, Joseph Macé-Scaron, le directeur adjoint de Marianne, a révélé, au micro de RTL, avoir été “démissionné” de son poste de directeur du Figaro Magazine après son refus de céder à des pressions de la direction. Véritable feuilleton, la relation exécrable entre les journalistes et l'ex-ministre de l'Intérieur est pour le moins surprenante.</p> <p>Des postes-clés</p> <p>Nicolas Sarkozy a occupé des postes ministériels qui lui ont facilité l'accès aux poids lourds des médias. Entre 1993 et 1995, il est ministre de la Communication et du budget puis Porte-parole d'Edouard Balladur, alors favori à l'élection présidentielle. Ces deux années vont être celles du rapprochement entre Alain Minc (président du Conseil de surveillance du Monde) et Nicolas Sarkozy, tous deux soutiens inconditionnels de Balladur. A quelques semaines du premier tour des présidentielles en 1995, un titre du Monde défraie la chronique parisienne : la vente d'un terrain par Bernadette Chirac. Rival de Balladur, Jacques Chirac et son équipe soupçonnent Sarkozy, alors au Budget, d'être responsable de la fuite de cette information.</p> <p>Journalistes sous pression</p> <p>« Je sais ce qui se passe dans vos rédactions » ou « Je ne l'oublierai pas ». Nicolas Sarkozy serait coutumier de ce type de petites phrases selon les témoignages de nombreux journalistes politiques. Frédéric Charpier, journaliste d'investigation, rapporte dans son ouvrage (1) un incident qui a opposé l'ex-ministre de l'Intérieur et les journalistes de France Inter en octobre 2004. Invité à la matinale, Sarkozy qui attendait d'être interviewé dans un salon, a déboulé, furieux, dans le studio, en plein direct. Explication : un élu remettait en cause la nomination d'un préfet. Mais Nicolas Sarkozy ne s'en tient pas uniquement à des manières un peu cavalières. Face à une information qui lui déplaît franchement, il verrouille. Ainsi, Alain Genestar, rédacteur en chef de Paris Match, s'est vu remercié quelques mois après la publication de photos montrant Cécilia en compagnie de Richard Attias. Des grèves de la rédaction (du jamais vu chez Match !) n'ont pas empêché Arnaud Lagardère de pousser le fautif dehors. Cette semaine, Le Canard Enchaîné a révélé un nouvel épisode opposant une partie de la rédaction de l'hebdomadaire à la direction. Après le 1er tour, Paris Match avait prévu en Une un portrait de Sarkozy et de son fils. Avec une condition qui ne cadrait pas tout à fait avec la ligne de Match : le visage de Louis devait être flouté. L'affaire s'est finalement résolue grâce à la mort de l'acteur Jean-Pierre Cassel qui a fait la couverture. Le petit Louis a donc été relégué en pages intérieures. Plus grave : le 4 septembre 2006, un sondage CSA qui plaçait Ségolène Royal en tête des candidats à la présidentielle sur les questions économiques et sociales n'a pas été publié par La Tribune, titre appartenant à un autre proche de Sarkozy, Bernard Arnault. Une levée de boucliers de la Societé des journalistes du quotidien et du Syndicat des Journalistes (SNJ) a poussé à la tenue d'une assemblée générale et à une motion de défiance contre le directeur de la rédaction François-Xavier Pietri.</p> <p>Complaisance médiatique</p> <p>La très récente affaire Plantu (caricaturiste au Monde), rapportée par la médiatrice du quotidien, peut faire office de cas d'école de la méthode Sarkozy en matière de médias. Tenter la séduction d'abord, passer à l'attaque ensuite. Agacé de se voir représenter avec une mouche jusque-là réservée au leader du Front National Jean-Marie Le Pen, Nicolas Sarkozy a adressé un courrier courtois au dessinateur pour s'en plaindre. Voyant que sa demande demeurait sans effet, il a tout bonnement contacté la direction du Monde pour s'en plaindre. Le résultat a été contrariant pour le candidat de l'UMP puisque Plantu l'affuble désormais de plusieurs mouches. D'autres journalistes sont moins scrupuleux. Jean-Pierre El Kabbach, ne s'en est même pas défendu cet hiver. Le patron d'Europe 1 a consulté Nicolas Sarkozy au sujet du recrutement du journaliste politique chargé de le suivre. Cette connivence entre les politiques et les journalistes n'est certes pas nouvelle mais elle aura rarement été aussi affichée. Omniprésent médiatiquement, le candidat de l'UMP bénéficie d'une complaisance manifeste. Une publicité très ironique du magazine culturel Télérama, destinée à l'affichage dans le métro, a été refusée en septembre 2006 par la régie publicitaire Métrobus. Le texte ? « Dimanche 15 janvier. Vivement dimanche. Nicolas Sarkozy devrait faire attention. C'est déjà la troisième fois qu'il invite Michel Drucker dans son émission ». Censure qui n'a été, une fois de plus, que très discrètement relayée dans les médias...</p> <p>Zineb DrYef</p> <p>(1) Nicolas Sarkozy, enquête sur un homme de pouvoir (Presses de la Cité)</p></div> Tsahal - Le Monde : Même combat http://sindibad.fr/spip.php?article82 http://sindibad.fr/spip.php?article82 2007-01-19T21:17:37Z text/html fr Sindibad La décision du journal Le Monde d'interdire à l'Union Juive Française pour la Paix un encart publicitaire dénonçant l'accueil par la France de Galas de Soutien à une armée d'occupation, coupable de crimes de guerre, est la preuve, pour ceux qui avaient encore un doute, de l'alignement total des grands médias français sur la politique colonialiste de l'État d'Israël. Voici le texte de l'UJFP Publié sur le site de l'UJFP le 19 janvier 2007 Les escadrons des gardes frontière israéliens reçus et honorés a (...) - <a href="http://sindibad.fr/spip.php?rubrique7" rel="directory">Médias</a> <img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L150xH99/arton82-f56de.jpg" alt="" align="right" width='150' height='99' class='spip_logos' style='height:99px;width:150px;' /> <div class='rss_chapo'><p>La décision du journal Le Monde d'interdire à l'Union Juive Française pour la Paix un encart publicitaire dénonçant l'accueil par la France de Galas de Soutien à une armée d'occupation, coupable de crimes de guerre, est la preuve, pour ceux qui avaient encore un doute, de l'alignement total des grands médias français sur la politique colonialiste de l'État d'Israël. Voici le texte de l'UJFP</p></div> <div class='rss_texte'><p>Publié sur le site de <a href='http://www.ujfp.org/' class='spip_out'>l'UJFP</a> le 19 janvier 2007</p> <p>Les escadrons des gardes frontière israéliens reçus et honorés a Paris</p> <p> Voici ce que vous ne lirez pas dans Le Monde, qui a refusé de publier ce texte :</p> <p>Alors que les Organisations des droits de l'homme israéliennes ont recensé et porté de très nombreuses plaintes contre MAGAV : La Garde frontière israélienne, un gala parrainé par le ministère de la défense israélien devrait se tenir en son honneur à Paris le 21 janvier.</p> <p>Plaintes pour meurtres de civils désarmés et non recherchés, humiliations, coups et blessures, usage abusif de la violence et torture sur les barrages, sur les routes, dans les villages des territoires occupés et en Israël même : on ne compte plus les actions illégales de ces escadrons, ni les plaintes déposées contre eux. MAGAV doit-il être accepté sur le territoire français en dépit de toutes les normes et conventions internationales, en dépit du droit humanitaire ? Pourrait-on faire impunément son apologie au centre de Paris ? Dans le domaine public comme dans le domaine privé, la loi s'applique à tous en France !</p> <p>Il nous appartient de poser la question, il vous appartient de vérifier et d'exiger des pouvoirs publics la plus grande vigilance sur l'accueil en France d'éventuels responsables de crimes, et d'interdire l'apologie de ces crimes.</p> <p>Signé AFPS, CCIPPP, GUPS, UJFP</p> <p>Pour lire le texte complet, cliquez <a href='http://www.ujfp.org/modules/news/article.php?storyid=199' class='spip_out'>ici</a>.</p></div> Deux excès de culture d'Alain Finkielkraut http://sindibad.fr/spip.php?article77 http://sindibad.fr/spip.php?article77 2007-01-14T11:38:25Z text/html fr Le philosophe néo-conservateur continue de répandre ses idées haineuses. Payé par les contribuables, il continue, en tant qu'animateur sur France Culture, à distiller sa pensée et ses mensonges, en toute impunité. Deux excès de culture d'Alain Finkielkraut Pubié le 12 janvier 2007 sur Acrimed « La France et ses nouveaux enfants », tel était le titre, ce samedi 6 janvier 2007, de « Répliques », l'émission que produit et anime Alain Finkielkraut sur France Culture. Le producteur-animateur recevait ce (...) - <a href="http://sindibad.fr/spip.php?rubrique7" rel="directory">Médias</a> <img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L150xH142/arton77-b0b85.jpg" alt="" align="right" width='150' height='142' class='spip_logos' style='height:142px;width:150px;' /> <div class='rss_chapo'><p>Le philosophe néo-conservateur continue de répandre ses idées haineuses. Payé par les contribuables, il continue, en tant qu'animateur sur France Culture, à distiller sa pensée et ses mensonges, en toute impunité.</p></div> <div class='rss_texte'><p><strong>Deux excès de culture d'Alain Finkielkraut</strong></p> <p>Pubié le 12 janvier 2007 sur <a href='http://www.acrimed.org/' class='spip_out'>Acrimed</a></p> <p>« La France et ses nouveaux enfants », tel était le titre, ce samedi 6 janvier 2007, de « Répliques », l'émission que produit et anime Alain Finkielkraut sur France Culture. Le producteur-animateur recevait ce jour-là Joël Roman, pour évoquer son essai Eux et nous [1] et Thierry Jonquet pour parler de son roman Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte [2] et pour servir de comparse à... Alain Finkielkraut : une occasion, pour ce dernier, de ressasser ses thèmes favoris, agrémentés de quelques innovations de haute culture. Deux d'entre elles méritent une mention spéciale.</p> <p>On eut donc droit à la critique habituelle de la sociologie-qui-ne-sait-pas-de-quoi-elle-parle, aux jérémiades sur la culture-et-l'école-qui-foutent-le-camp, aux amalgames à répétition entre Dieudonné et Les Indigènes de la République, les jeunes des quartiers populaires et des criminels, le tout au nom du combat contre l'antisémitisme. Bref, un exercice d'expression libre dont Dominique Vidal a dit l'essentiel dans un article paru sur le site du Monde Diplomatique sous le titre <a href='http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2007-01-08-Alain-Finkielkraut' class='spip_out'>« Alain Finkielkraut, bouffon du roi ».</a> Il reste, et c'est ce qui nous importe particulièrement ici, que cette « tribune libre permanente » n'a aucune contrepartie ni équivalent sur France Culture, et qu'elle se prévaut de la défense de la culture. Voici donc ce que l'on pu entendre, entre autres merveilles, venant d'un grand pédagogue qui s'apitoie sur le déclin de l'école et d'un grand philosophe qu'anime le souci de la vérité.</p> <p>Un simple excès de langage ?</p> <p><img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> Alain Finkielkraut : - Alors discriminations systémiques dites-vous, et il est vrai que l'on trouve des ghettos en France, donc qui dit ghetto dit ségrégations, zones d'éducation prioritaire, etc., etc., mais d'où vient cette ségrégation ? Alors on peut imputer la responsabilité au système à la société, aux gens des classes moyennes qui ne veulent pas avoir quoi que ce soit à faire avec les populations immigrées mais ce n'est pas toujours le cas, et dans le rapport Aubin il est dit que souvent le départ des anciens habitants des cités a été accéléré par quelques violences bien ciblées où les menaces et les agressions ont par exemple eu raison des derniers responsables des anciennes associations qui militaient pour la mixité et l'intégration. Il y a aussi dans certaines cités, dans certains quartiers une espèce de nettoyage ethnique que d'ailleurs les rapports des renseignements généraux ont constaté... <br /><img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> Joël Roman : - Non, non, non, non, ne dites pas n'importe quoi s'il vous plaît. Le mot de « nettoyage ethnique », et vous le savez mieux que moi, a été employé dans un contexte très précis... <br /><img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> Alain Finkielkraut (parlant en même temps) : - On vire des gens, on vire des gens, on vire des gens... <br /><img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> Joël Roman : ...pour qualifier des choses qui étaient des crimes et des crimes contre l'humanité <br /><img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> Alain Finkielkraut (interrompant) : - On vire des gens, on vire des gens pour rester entre soi. <br /><img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> Joël Roman : - Non mais c'est pas sérieux, c'est pas sérieux d'employer ce terme là... <br /><img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> Alain Finkielkraut (interrompant de nouveau) : - Est-ce qu'on vire des gens pour rester entre soi ou non, ou est-ce qu'on va continuer à dire voilà tout ça c'est le système qui ne veut pas, qui ceci qui cela <br /><img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> Joël Roman : - Qu'il y ait des comportements scandaleux, moi je l'accepte, je le reconnais et je dis qu'il faut qu'ils soient punis, maintenant si on dit n'importe quoi à ce moment-là , effectivement on peut dire n'importe quoi, n'utilisons pas ce mot. Le nettoyage ethnique, c'est une entreprise concertée pour rendre des territoires et des territoires entiers ethniquement purs (tentative d'interruption d'Alain Finkielkraut ... confusion) on sait très bien que ça a été ce que nous avons dénoncé ensemble en ex-Yougoslavie je ne crois pas ça que ce soit ça qui se passe en France, vous n'avez pas à le dire <br /><img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> Alain Finkielkraut : - Je n'ai pas à le dire, mais je crois moi en France et je vais aggraver mon cas. Il y a un certain nombre de gens qui plaident pour le métissage et pour la mixité et qui, car ils ont la possibilité, mettent leurs enfants dans des collèges, des lycées, et le plus souvent maintenant dans des collèges et des lycées privés ethniquement purs. Ça existe, ça existe de tous les côtés.</p> <p>Comme s'il suffisait d'imputer les effets de ségrégation à « tous les côtés », pour procéder au « nettoyage » d'un amalgame scandaleux...</p> <p>Heureusement, ce jour-là, Joël Roman - dans le rôle de l'interlocuteur chargé de servir de point d'appui à l'imprécateur - refusa de céder sur l'essentiel.</p> <p>Un simple excès d'ignorance ?</p> <p><img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> Joël Roman : - Les tracasseries policières permanentes créent un climat de peur aussi chez ces jeunes. Qu'est-ce qui s'est passé au début des émeutes, vous le savez très bien, vous savez que des jeunes qui n'avaient rien fait et qui rentraient... <br /><img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> Alain Finkielkraut : - Si , si <br /><img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> Joël Roman : - Ils n'avaient rien fait... <br /><img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> Alain Finkielkraut : - Si. Ils étaient entrés dans un chantier pour voler. <br /><img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> Joël Roman : - Ce n'est pas vrai, ce n'est pas vrai. <br /><img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> Alain Finkielkraut : - Ça a été prouvé par l'IGS. <br /><img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> Joël Roman : - Ce n'est pas vrai, ça n'a pas été prouvé par l'IGS. <br /><img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> Alain Finkielkraut : - Si, ça été prouvé par l'IGS. <br /><img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> Joël Roman : - Ce n'est pas vrai, ça a été démenti par tout le monde y compris par l'IGS. <br /><img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> Alain Finkielkraut : - Non, non ! (continuant de nier pendant que Joël Roman reprend) <br /><img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> Joël Roman : Alain Finkielkraut, vous le savez très bien, vous mentez. <br /><img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> Alain Finkielkraut : - Ils étaient entrés dans un chantier <br /><img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> Joël Roman : bah vous mentez <br /><img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> Alain Finkielkraut : - Bah, je mens, alors moi je prétends qu'ils étaient entrés dans un chantier, que l'IGS l'a reconnu, et que l'IGS l'a redit une fois que l'IGS a senti que son rapport avait été détourné. Ils ont subi un contrôle, ils ont refusé le contrôle, ils se sont enfuis, ensuite il y a eu toutes sortes d'inconséquences et de légèretés policières, et le fait qu'ils soient entrés dans un chantier... <br /><img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> Joël Roman : - Vous pouvez prendre connaissance de tous les éléments du dossier que vous voudrez et les auditeurs pourront aussi, tout le monde sait que c'est faux ... <br /><img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> Alain Finkielkraut : - Bon d'accord <br /><img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> Joël Roman : - ...et que ces enfants n'avaient rien fait, ils rentraient du football... <br /><img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> Alain Finkielkraut : ...Bien sûr... <br /><img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> Joël Roman : ...et ils ont été contrôlés par une patrouille de police <br /><img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> Alain Finkielkraut : - Écoutez, écoutez, je suis un menteur, mais je trouve tout à fait incroyable, si vous voulez, de nous parler des tracasseries policières, toujours les tracasseries policières ; en revanche dans les halls d'immeubles ce sont les incivilités. Or ces incivilités ne sont elles pas des tracasseries ? Le bruit n'est il pas une tracasserie ? C'est toujours la même chose <br /><img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> Joël Roman : - Je n'ai pas dit que c'était des comportements admissibles, mais ce ne sont pas forcément des délits <br /><img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> Alain Finkielkraut : - Oui, mais ce sont des tracasseries beaucoup plus fréquentes, beaucoup plus violentes et incessantes que subissent les habitants de ces cités et dont effectivement tout un discours ne veut pas nous parler ou que tout un discours cherche à minimiser pour nous placer dans le face à face entre eux et nous. Eux qui sont nos enfants, nous avec nos flics qui ne savons pas les recevoir. Mais je voudrais revenir à l'affaire Fofana...</p> <p>Comme s'il suffisait, pour effacer un mensonge (la pire des versions policières que même la police ne soutient pas), de franchir un pas supplémentaire dans la longue série des amalgames entre les prétendus symptômes d'une même « maladie » (si l'on en croit les docteurs Diafoirus du corps social).</p> <p>C'était, sur France Culture, la « tribune libre permanente », qu'Alain Finkielkraut se dédie, même (et surtout) quand ses invités ne partagent pas ses imprécations.</p> <p>*Pour Acrimed. William Faugeroux, au clavier de la transcription. Ingénieur du son : Ricar.</p> <p><img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> Post-scriptum : Mensonge ? (14 janvier 2007) - « Selon le rapport complet de l'inspection générale des services (IGS), les adolescents ont bien été "poursuivis", contrairement à ce qu'affirmaient il y a un an le ministre de l'intérieur et le procureur de la République de Bobigny. Par ailleurs, la tentative de vol à l'origine du drame continue de poser problème : tentative "constituée", selon l'IGS, totalement fausse, selon les avocats des familles. » (« Première reconstitution à Clichy-sous-Bois de la mort de Zyed Benna et Bouna Traoré », Le Monde.fr avec AFP, Article publié le 14 Décembre 2006). En prétendant que la police ne soutenait pas la thèse de la tentative de vol, nous nous sommes trompés. Citant cette source, Alain Finkielkraut, à la fin de l'émission du 13 janvier 2006, dément avoir menti en se référant au rapport de l'I.G.S. Il faut lui en donner acte : la référence, aussi vague soit-elle, au rapport de l'I.G.S dans la brève version donnée par Le Monde, est exacte. Mais rien n'autorisait à présenter la thèse de l'I.G.S comme une vérité indiscutable (ne serait-ce que parce qu'elle est discutée), sur ce point comme sur les circonstances exactes de la « poursuite ».</p> <p>[1] Coll. « Tapages », Hachette Littératures, Paris, 2006.</p> <p>[2] Seuil, Paris, 2006.</p></div> Saddam, le pendu du 20 heures http://sindibad.fr/spip.php?article73 http://sindibad.fr/spip.php?article73 2007-01-06T12:22:00Z text/html fr Saddam, le pendu du 20 heures. Par Daniel SCHNEIDERMANN Publié dans Libération le 5 janvier 2007 Dans les images de la pendaison de Saddam Hussein, c'est la rapidité qui fut la plus surprenante. D'un coup, le rythme de paquebot du feuilleton (guerre, fuite, capture, procès, interruptions, reprises, etc.) fut brisé. Au risque d'une étrange collision d'images. Un jour plus tard, et les voeux présidentiels étaient réduits au statut de bande-annonce d'une pendaison. La date était aussi parfaitement (...) - <a href="http://sindibad.fr/spip.php?rubrique7" rel="directory">Médias</a> <div class='rss_texte'><p><strong>Saddam, le pendu du 20 heures. Par Daniel SCHNEIDERMANN</strong></p> <p>Publié dans Libération le 5 janvier 2007</p> <p>Dans les images de la pendaison de Saddam Hussein, c'est la rapidité qui fut la plus surprenante. D'un coup, le rythme de paquebot du feuilleton (guerre, fuite, capture, procès, interruptions, reprises, etc.) fut brisé. Au risque d'une étrange collision d'images. Un jour plus tard, et les voeux présidentiels étaient réduits au statut de bande-annonce d'une pendaison. La date était aussi parfaitement choisie pour Claire Chazal : un soir plus tard, c'est en robe de réveillon qu'elle aurait dû lancer la guirlande de sujets rétrospectifs sur la dictature de Saddam, et gérer les transitions avec les dernières nouvelles de la dinde et du foie gras.</p> <p>De l'image officielle de la pendaison, il n'y a rien à dire, tant elle est conforme à ce qu'en attendait l'autorité penderesse, s'efforçant ostensiblement de rester « convenable » (oh, ce tissu passé autour du cou, sans doute pour éviter la rudesse de la corde !), de ne rien montrer qui ne soit strictement nécessaire à l'information. Paradoxale aussi, transformant en martyr ce monstre familier, nous plaçant aux côtés de ce condamné-là comme de tous les condamnés, nous qui n'avions jamais imaginé nous trouver projetés un jour du côté de Saddam Hussein. Rien à signaler, donc, sauf tout de même ce noeud coulant, si caricaturalement énorme qu'il semble programmé pour être immédiatement identifiable devant les caméras, et terminer l'album de vignettes de la riche imagerie de la vie de Saddam. Ce n'est même pas un noeud coulant de western. C'est un noeud coulant de BD, trop gros pour qu'on y croie.</p> <p>Quant à l'inévitable vidéo filmée avec un téléphone portable, qui gambade dès le lendemain sur l'Internet, elle apparaît aussi comme son double prévisible. La voici, sur YouTube (on est prié, pour visionner, d'affirmer sur l'honneur qu'on est âgé de plus de dix-huit ans), sur les sites des journaux, parfois assortie de la mention « includes the drop » (avec le grand saut). Comme on pouvait s'y attendre, les respectables chaînes de télévision n'en montrent que le début, « without the drop ». Peu importe. L'Internet, lui, montre tout. Bonne audience assurée. Car on va la voir, évidemment, on descend dans les catacombes, lampe-torche à la main, redoutant délicieusement de voir ce qu'on va voir. Voici donc les marches de l'escalier de la potence, que le tyran martyr a dû gravir une à une. Le fracas métallique de la trappe qui s'ouvre, qu'il a dû entendre. L'affolement des quelques secondes qui suivent. L'obscène attente du spectateur : le filmeur anonyme va-t-il, dans le désordre, retrouver le visage du supplicié ? Mais oui. Tout va bien. La voilà, la tête du mort, la nuque brisée.</p> <p>Mais surtout, voici la bande-son. « Moqtada, Moqtada, Moqtada ! » crie à trois reprises un témoin, scandant le nom d'un jeune leader chiite dont le père a été assassiné par le régime de Saddam Hussein. Et la cérémonie change de nature. Le meurtre légal, la digne exécution d'une décision de justice prise dans « la jeune démocratie irakienne » par des magistrats en robe noire, image si difficile à imposer tout au long des mois d'un procès chaotique ponctué d'assassinats d'avocats, se transforme tout à coup en lynchage sommaire, en vendetta clanique. Derrière ces images attendues, reste à vagabonder sur les mots choisis par les commentateurs. Et notamment cette phrase de Claire Chazal, cette phrase prononcée de sa voix retenue, qui n'en finit pas de tendre un voile de gaze entre ses téléspectateurs et tous les malheurs du monde : « Il n'a opposé aucune résistance. » Comme si elle évoquait un forcené se laissant capturer par les gendarmes d'élite. A quelle sorte de « résistance » s'attendait-elle ? A un pugilat de dernière minute ? A voir le condamné casser les vitres et sauter par la fenêtre, sous laquelle son cheval l'attendait ? Ou encore cette autre : « Il semble que Saddam Hussein soit mort sur le coup. » Il semble : on est prié de savourer la précaution. On n'est pas tout à fait certains de ce point capital. Restons prudents.</p> <p>On pourrait trouver d'autres mots, pour décrire le calme du condamné. On pourrait dire (comme sur LCI) qu'il a fait preuve de dignité, voire oser le terme de « courage ». Mais Chazal ne peut pas. Il suffit de fermer les yeux, et d'imaginer Claire Chazal prononçant la phrase : « Saddam Hussein a fait preuve de courage lors de son exécution », pour se rendre compte que cette phrase est inimaginable au 20 heures de TF1. Chacun son rôle, et celui de Saddam est depuis longtemps celui d'un méchant univoque.</p> <p>Dans le défilé de rétrospectives qui ornent, au 20 heures de TF1, l'image capitale, on sait qu'on aura droit à tout l'album de vignettes. Les cadavres d'enfants kurdes gazés. La capture de l'ours au fond de sa trappe. Saddam doigt levé à son procès. Les réactions de la « rue arabe ». Le point de vue de Washington. Mais on sait qu'un sujet n'y sera pas traité : les fournitures d'armes occidentales au tyran, hélicoptères, usines chimiques, à l'époque de sa splendeur. Là encore, il suffit de fermer les yeux, et d'imaginer Claire Chazal annonçant : « Et nous vous rappellerons comment les principales entreprises occidentales se battaient pour décrocher des contrats avec le dictateur, comme avec tous les dictateurs », pour réaliser que cette annonce est impossible au 20 heures de TF1. Seuls, au fond d'un reportage, trois mots glissent comme des ombres : « encouragé et soutenu par les Occidentaux » . A-t-on bien entendu ? A peine prononcés, ils ont déjà disparu.</p> <p><a href='http://www.liberation.fr/rebonds/226759.FR.php' class='spip_out' rel='nofollow'>http://www.liberation.fr/rebonds/22...</a></p></div> Frappes médiatiques sur le Liban http://sindibad.fr/spip.php?article27 http://sindibad.fr/spip.php?article27 2006-12-16T09:02:33Z text/html fr Sindibad <p>Quand une guerre éclate entre une puce et un éléphant – ou entre un allié des États-Unis doté d'une aviation moderne et un allié de la Syrie et de l'Iran qui recourt à la guérilla –, les alliés médiatiques de l'éléphant connaissent la musique. Il leur faut, d'une part, humaniser le pachyderme, faire oublier le troupeau qui l'entoure. Et, d'autre part, diaboliser le plus faible, forcément plus fourbe, en particulier s'il est arabe.</p> - <a href="http://sindibad.fr/spip.php?rubrique7" rel="directory">Médias</a> <div class='rss_texte'><p>Les caporaux de la glose à l'assaut des « barbares »</p> <p><strong>Frappes médiatiques sur le Liban</strong></p> <p><span class='spip_document_6 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:225px;'> <img src='http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L225xH287/Le_Plan_B_no_4-97ecf.gif' width='225' height='287' alt="" style='height:287px;width:225px;' /></span> Quand une guerre éclate entre une puce et un éléphant – ou entre un allié des États-Unis doté d'une aviation moderne et un allié de la Syrie et de l'Iran qui recourt à la guérilla –, les alliés médiatiques de l'éléphant connaissent la musique. Il leur faut, d'une part, humaniser le pachyderme, faire oublier le troupeau qui l'entoure. Et, d'autre part, diaboliser le plus faible, forcément plus fourbe, en particulier s'il est arabe.</p> <p>Humaniser l'armée israélienne ? Rien de plus facile ; il suffira d'évoquer sans relâche le nom du moindre soldat prisonnier : qui ne connaît celui du caporal Gilad Shalit, « dix-neuf ans », enlevé par le Hamas le 25 juin dernier ? Et qui n'a pas entendu s'exprimer cent fois l'angoisse de sa famille ? En revanche, qui peut réciter le nom d'un seul des huit civils assassinés sur une plage de Gaza par un bateau de guerre israélien, ou celui d'un seul des centaines de Palestiniens – ministres et députés compris – enlevés par l'armée de Tel-Aviv ?</p> <p><strong> Israël « frappe », le Hezbollah « bombarde »</strong></p> <p>Vous voulez dire par Tsahal ? Justement, parlons-en ! En avril 2002, un auditeur de France Inter, « Frédéric », avait interrogé les journalistes de la station sur leur utilisation, qu'il jugeait partisane, de ce nom de « Tsahal ». Bertrand Vannier, directeur de l'information, avait expliqué : « Tsahal, c'est un acronyme. Cela veut dire “Tsiva Hagana Lei Israël”, l'armée de défense d'Israël. J'ai demandé aux journalistes de la rédaction de France Inter de ne plus prononcer le mot de “Tsahal”, car il y a risque de confusion à partir du moment où les Israéliens en ont fait une sorte de surnom, diminutif affectueux. » En juillet-août 2006, ce « diminutif affectueux » fut employé plusieurs fois par jour – et même par heure – sur France Inter pour évoquer une « armée de défense d'Israël » qui défendait Israël en envahissant le Liban. Le jour où le Hezbollah baptisera son armée « Mon chéri », l'appellation sera-t-elle aussi couramment reprise par France Inter ?</p> <p>En temps de guerre, les mots tuent. Bernard-Henri Lévy le sait tellement bien qu'il s'offusqua, dans Le Monde naturellement, de l'emploi du mot « roquette » pour parler des projectiles tirés contre l'État hébreu. « Pourquoi ne pas dire “obus” ? ou “missile” ? Pourquoi ne pas rendre, en utilisant le juste mot, toute sa dimension de violence barbare à cette guerre voulue par les iranosaures du Hezbollah et par eux seuls ? »(1) Quelques jours avant que Le Monde publie l'interminable tartine béachélienne (deux pages !), la mort de dizaines de civils libanais et palestiniens avait pourtant inspiré au quotidien vespéral un titre qui n'avait pas indigné le philosophe préféré de « Tsahal » : « Les frappes israéliennes se multiplient sur le Liban, le Hezbollah bombarde Tibériade » (lemonde.fr, 15.7.06). Et pourquoi pas la formulation inverse, avec le Hezbollah qui « frappe » et les Israéliens qui « bombardent » ? Le Plan B connaît la réponse. Pendant la guerre du Kosovo, les sondages – trafiqués, comme toujours – employaient plus volontiers le terme de « frappes » occidentales que celui de « bombardements » ou d'« intervention » de l'Otan. L'une de ces enquêtes, réalisée les 26 et 27 mars 1999 par l'institut CSA pour Le Parisien, avait révélé qu'une majorité relative de Français (46%, contre 40%) désapprouvait les « bombardements aériens des forces de l'Otan contre la Serbie ». Le « problème » était corrigé dès le lendemain : une nouvelle enquête d'opinion (Ipsos-Le Journal du dimanche) pouvait proclamer triomphalement qu'une majorité absolue de Français (57%, contre 30%) approuvait « l'intervention militaire de l'Otan en Yougoslavie ». Un sondeur expliqua ce renversement : « “Bombardement” donne un poids de chair et de sang à la question qui est posée. “Frappe”, c'est plus chirurgical et aseptisé que “bombardement” » (2).</p> <p>On résume : de temps en temps, un membre de Tsahal, le jeune et sympathique Gilad par exemple, « frappe » avec ses camarades. De braves garçons tout juste un peu rugueux, mais c'est de leur âge.</p> <p><strong>Une « joyeuse bousculade »</strong></p> <p>Titré « Irresponsabilités », un lumineux éditorial du Monde (ils le sont tous) analysa dès le 16 juillet 2006 : « La crise de Gaza a conduit à celle du Liban, qui, elle-même, n'a été possible que parce que la Syrie et l'Iran ne sont pas opposés au coup de force de leur protégé libanais, le Hezbollah. » Relisons ce résumé : à aucun moment Israël n'est mis en cause. « La crise de Gaza », c'est pourtant dix Palestiniens tués par jour. Et quand BHL pleure sur « ces photos de quinze jeunes gens, parfois des enfants, qui sont morts... », à qui pense-t-il ? Eh oui, à ceux « qui sont morts sous le feu des artificiers palestiniens » (3) ! Les artificiers israéliens en revanche sont sympathiques et humanistes. « Le chef de guerre, roucoule Bernard-Henri, s'appelle Ephraïm Sneh. Il a ce physique de père tranquille, à la fois cordial et bourru. » Quant aux soldats d'Ephraïm, BHL admire « leurs moqueries de gamins », « l'allure décontractée ensuite, j'allais dire débraillée et même désœuvrée, d'une petite troupe qui me rappelle irrésistiblement la joyeuse bousculade des bataillons de jeunes républicains décrits, une fois encore, par Malraux » (4). Vite, un nouveau film ! <strong></p> <p>« Oui mais c'est le Hezbollah qui a commencé ! »</strong></p> <p>Une ânerie journalistique se consommant toujours en boucle, procédons à la revue (partielle) des troupes et des troupiers. Jean Daniel : « Les premières réactions d'Israël contre les agressions du Hezbollah relevaient de l'autodéfense » (Le Nouvel Observateur, 20 juillet). Philippe Val approuve Daniel : « Mets-toi deux minutes à la place des Israéliens : ils se sont retirés du Liban contre la paix. Ils ont eu des roquettes. Ils se sont retirés de Gaza contre la paix. Ils ont eu des roquettes... » (Charlie Hebdo, 26 juillet). Colombani s'inspire de Val : « La crise n'a de précédent que dans celle des missiles soviétiques installés à Cuba en 1962 : en laissant l'Iran et la Syrie installer, via le Hezbollah, de douze mille à dix-sept mille missiles, le Liban a placé Israël à la portée de l'Iran » (Le Monde, 1er août). Attali plagie Colombani : « En mars 1936, face à la remilitarisation de la Rhénanie par Hitler, Halifax puis Blum ont laissé faire, et nous avons eu la guerre. En octobre 1962, face à l'arrivée de fusées soviétiques à Cuba, les frères Kennedy n'ont pas laissé faire, et nous avons eu la paix » (L'Express, 3 août). Au vu de ce qui précède, on comprend qu'interpellé le 11 août par un lecteur du New York Times – « Pourquoi n'écrivez-vous votre histoire que du point de vue des Israéliens ? » – BHL ait aussitôt répliqué : « Parce que seul l'autre point de vue est considéré et je n'aime pas le conformisme, et encore moins l'injustice. » Dina Sorek, ministre-conseiller à l'information auprès de l'ambassade d'Israël à Paris, qui n'aime pas non plus le conformisme, spamma à ses milliers de correspondants les textes de BHL et de son chouchou Philippe Val.</p> <p>Au demeurant, des penseurs-chansonniers-humoristes aussi subtils allaient-ils s'encombrer du rappel des dix-huit années d'occupation du Liban par Israël, des milliers de détenus – certes arabes – non encore libérés ? Eux que la fourniture d'armes iraniennes au Hezbollah incommodait tant, allaient-ils s'offusquer des livraisons de missiles américains, y compris à longue portée, y compris à tête nucléaire, à l'État hébreu ? Devaient-ils vraiment se souvenir que la veille du jour où le soldat Gilad Shalit fut capturé, les forces « d'autodéfense » israéliennes avaient kidnappé deux civils de Gaza – bien qu'il s'agisse d'Arabes, Le Plan B dévoile leur nom –, Osama et Mustafa Muamar ? Évidemment non.</p> <p><strong>« Fiefs du Hezbollah »</strong></p> <p>Il faut dire qu'Israël ne bombardait pas des villages chiites libanais, des villes comme Tyr, Saada, Baalbek, Beyrouth, mais frappait des « fiefs du Hezbollah ». Claude Angéli, qui nota ce langage « politiquement correct » de « certains confrères » (5), omit de désigner les coupables. Le Plan B les a aussitôt démasqués dans sa banque de données obèse. Palme d'or à Libération, qui, le 22 juillet, annonce : « Vendredi, les chasseurs bombardiers israéliens ont pilonné Baalbek, fief du Hezbollah ». Puis récidive le 9 août : « Raids sur la banlieue sud de Beyrouth, fief du Hezbollah. » Ex-æquo, Le Monde du 26 juillet : « Israël s'empare de Bint Jbeil [une ville, pas un hameau], fief du Hezbollah au Liban sud ». Même chose le 4 août : « L'aviation a bombardé la banlieue de Beyrouth, fief du Hezbollah chiite ».</p> <p>Une guerre comporte toujours ses moments de détente. Le géographe Philippe Val nous les offrit dans son nouvel éditorial antiarabe « Garçon, un demi et un atlas ! » : « Si l'on regarde une carte du monde, en allant vers l'est : au-delà des frontières de l'Europe, c'est-à-dire de la Grèce, le monde démocratique s'arrête. On en trouve juste un petit confetti avancé au Moyen-Orient : c'est l'État d'Israël. Après, plus rien, jusqu'au Japon. [...] Entre Tel-Aviv et Tokyo règnent des pouvoirs arbitraires dont la seule manière de se maintenir est d'entretenir, chez des populations illettrées à 80%, une haine farouche de l'Occident, en tant qu'il est constitué de démocraties » (6). Mais selon le Rapport des Nations unies sur le développement humain de 2003, seuls trois pays au monde avaient alors un taux d'illettrisme supérieur à 80%. Et aucun d'entre eux n'était situé entre Tel-Aviv et Tokyo, puisqu'il s'agissait du Burkina Faso, du Mali et du Niger. Ailleurs, entre Tel-Aviv et Tokyo, le taux d'illettrisme était de 23% en Iran, de 9% en Chine, de 7% aux Philippines. Et... de 13% au Liban.</p> <p>Mais c'était avant que les écoles y soient (à nouveau) « frappées » par les amis lettrés de Philippe Val et de Charlie Hebdo.</p> <p><strong>Le casse-pieds du téléphone et l'amateur de vinaigrette</strong></p> <p>Jeudi 3 août, vers 13 h 15, Claude Lanzmann a pensé tristement à feu Jean-François Revel. Lanzmann venait de publier une nouvelle ode affectueuse aux tankistes de l'armée israélienne. Il escomptait ainsi ne pas être distancé par BHL sur ce créneau qu'il juge lui appartenir en propre depuis la sortie en 1994 de son péplum d'amour sur Tsahal (7). Or, jusqu'au trépas de Revel, il y a quelques mois, sitôt que Lanzmann se débarrassait d'un de ses textes dans les pages du Monde (son vide-poche préféré), il appelait Revel pour en être complimenté... Ce 3 août, Claude Lanzmann – d'une fatuité telle qu'elle excède parfois celle de Jean Daniel ( !) – était plus fier de lui encore que d'habitude. Même s'il n'injuriait pas cette fois les pacifistes israéliens (des « fripouilles sans foi ni loi », avait-il estimé quelques semaines plus tôt [8]), son texte n'en demeurait pas moins un bijou lanzmannien. Il chantait la douce armée israélienne. Le prix qu'elle « attache à la vie de ses hommes ». Sa politesse envers les Libanais : « Israël avait averti, par tracts et par radio, la population d'avoir à quitter les lieux. » Toute cette « population », qui disposait assurément de jets privés et de résidences secondaires, n'avait qu'à s'envoler à destination d'un ryad aussi voluptueux que celui de BHL à Marrakech. Pour y attendre la fin de la guerre en dégustant des olives. Lanzmann, en transe, ne cessait de relire à voix haute (devant un miroir) le début de son article. Il avait en effet réussi à juxtaposer à intervalles très rapprochés les mots de « clameur », « rues arabes », « voracité » et « hypocrite ». Mais, jurait-il, la vertu l'emporterait : en dépit des Arabes hypocrites qui avaient profité des accords d'Oslo pour « s'armer jusqu'aux dents », « Israël, n'en doutons pas, prendra le dessus ». La guerre gagnée sur le papier, Lanzmann se demanda qui appeler pour s'entendre couvrir d'éloges. Revel était mort. Or, dans ses Mémoires de l'année 2000, l'ancien immortel raconte l'histoire d'un casse-pieds qui le harcèle au téléphone en plein été. Extrait :</p> <p>« Samedi 1er juillet. Arrivé hier au soir en Bretagne, je me rends ce matin au marché de Pleubian, qui a lieu tous les samedis. [...] Rentré à la maison vers midi, j'entends mon téléphone sonner. Tiens, me dis-je, même le premier jour de mes vacances et en plus un samedi, ils ne peuvent pas me laisser tranquille. Je décroche. C'est Claude Lanzmann. – Tu n'es donc pas à Paris ? me dit-il. Je sens une tristesse dans sa voix. Que mon éloignement l'afflige à ce point n'est pas loin de me bouleverser. – Eh bien, non, lui dis-je, mais nous nous verrons en septembre. Un silence. – Dans le lieu écarté où tu te trouves, reprend-il, tu ne reçois pas les journaux ? – Bien sûr que si. Je viens de les acheter au village. Long silence. – Est-ce que tu as lu mon article ? – Écoute, je viens juste de poser ma pile sur mon bureau et ensuite je suis revenu dans la cuisine, où j'ai commencé à confectionner ma vinaigrette montée. Tu sais à quel point c'est difficile à réussir ! – J'ai un article qui commence à la une du Monde et qui, à la tourne, occupe une page entière. – Excellente nouvelle ! – C'est un très bon article. – J'en suis convaincu. – Lis-le tout de suite. – Je laisse tomber et retomber ma vinaigrette et je te rappelle dans vingt minutes »(9).</p> <p>En achevant sa vinaigrette, Revel sourit. Il se souvint que, moins de quatre mois plus tôt...</p> <p>« Mercredi 15 mars. [...] Lundi prochain, je suis invité à une émission de Thierry Ardisson, avec, m'a-t-on dit, et je m'en suis réjoui, Claude Lanzmann comme interlocuteur. C'est du moins ce que je croyais. Mais Claude Lanzmann me détrompe en me précisant, d'une voix sépulcrale, au téléphone : “C'est une émission sur moi. Toi, tu n'interviens qu'à la fin pour parler de moi” »(10).</p> <p>Le 3 août 2006, faute de mieux, Lanzmann se résigna à appeler cet âne de Romain Goupil, que chacun laisse braire dans son étable depuis des années. Malheureusement pour Claude, Romain n'achète Le Monde que lorsqu'il y signe une nouvelle tribune à la gloire de W. Bush avec ses collègues du Club de la coupe au bol, Bruckner et Glucksmann. Pour se consoler, Lanzmann a revu Tsahal.</p> <p>Notes :</p> <p>(1) Le Monde, 27.7.06. Acrimed, notre rutilante vitrine universitaire, a réfuté chacune des assertions conjointes de BHL et du Monde le 1er août 2006.</p> <p>(2) Sondages et commentaire cités dans Serge Halimi, Dominique Vidal et Henri Maler, L'opinion, ça se travaille, Agone, Marseille, réédition poche, septembre 2006, p. 25.</p> <p>(3) BHL, op. cit.</p> <p>(4) Ibid.</p> <p>(5) Le Canard enchaîné, 9.8.06.</p> <p>(6) Charlie Hebdo, 26.7.06. Val fut ravi de lire deux jours plus tard l'édito de Denis Jeambar sur le site de L'Express : « Cette défaite d'Israël, si elle devait survenir, serait aussi la première défaite de la seule démocratie existant, à l'exception de la démocratie indienne, entre la Méditerranée et les rivages du Pacifique. » Toutefois, Jeambar se garda bien de répéter l'ânerie de Val sur les « populations illettrées à 80% ».</p> <p>(7) Lire à ce sujet Amnon Kapeliouk, « “Tsahal”, ou les mésaventures de la vérité historique au cinéma », Le Monde diplomatique, novembre 1994.</p> <p>(8) Les Temps modernes, mars-juin 2006.</p> <p>(9) Jean-François Revel, Les Plats de saison, journal de l'année 2000, Le Seuil, 2001, p. 215-216. (10) Id., Ibid, p. 83.</p></div> Le tourisme de propagande de BHL en Israël http://sindibad.fr/spip.php?article21 http://sindibad.fr/spip.php?article21 2006-12-14T20:32:43Z text/html fr Sindibad Pendant que les civils libanais mourraient sous les bombes de l'armée israélienne, BHL faisait du tourisme de propagande en Israël. Le texte qui suit avait été publié sur le site Acrimed, le mardi 1er août 2006 : http://www.acrimed.org/, en réponse au texte nauséabond de BHL publié par Le Monde le 28 juillet 2006. Une « exclusivité » du Monde : le tourisme de propagande de BHL en Israël Par Henri Maler et Patrick Champagne Publié le mardi 1er août 2006 Dans une lettre, publiée le 18 juin 1979, (...) - <a href="http://sindibad.fr/spip.php?rubrique7" rel="directory">Médias</a> <div class='rss_chapo'><p>Pendant que les civils libanais mourraient sous les bombes de l'armée israélienne, BHL faisait du tourisme de propagande en Israël. Le texte qui suit avait été publié sur le site Acrimed, le mardi 1er août 2006 : <a href='http://www.acrimed.org/' class='spip_out' rel='nofollow'>http://www.acrimed.org/</a>, en réponse au texte nauséabond de BHL publié par Le Monde le 28 juillet 2006.</p></div> <div class='rss_texte'><p>Une « exclusivité » du Monde : le tourisme de propagande de BHL en Israël</p> <p>Par Henri Maler et Patrick Champagne</p> <p>Publié le mardi 1er août 2006 Dans une lettre, publiée le 18 juin 1979, Pierre Vidal-Naquet, indigné de la promotion de l'essai bâclé de Bernard-Henri Lévy, noblement intitulé Le Testament de Dieu, proposait aux lecteurs du Nouvel Observateur « une simple anthologie de "perles" dignes d'un médiocre candidat au baccalauréat ». Et s'interrogeait : « Comment peut-il se faire que, sans exercer le moindre contrôle, un éditeur, des journaux, des chaînes de télévision lancent un pareil produit, comme on lance une savonnette ? ». La même question demeure.</p> <p>Alors que Pierre Vidal-Naquet vient de décéder, les lignes qui suivent sont un modeste hommage à sa mémoire.</p> <p>La prose de Bernard-Henri Lévy (comme son auteur lui-même..) est inclassable. Peut-être est-ce la raison pour laquelle Le Monde a éprouvé quelques difficultés à définir le genre auquel appartiennent les deux pages de publi-reportage dont il a gratifié ses lecteurs, dans son édition du 28 juillet 2006.</p> <p>Si l'on en croit l'appel de la « une », il s'agirait d'un « témoignage » : un « témoignage, nourri de rencontres avec la population et certains dirigeants du pays ». Si l'on en croit le « chapeau » de l'article, sobrement intitulé « La guerre vue d'Israël », il s'agirait d'un « récit » : « Comment la population et les dirigeants de l'Etat juif ressentent-ils les événements ? Récit d'un semaine de vie sous les obus ».</p> <p>En vérité, il s'agit surtout d'un long tract de propagande consacré à la prise de position de Bernard-Henri Lévy sur la guerre en cours et d'un chapitre de son interminable autobiographie.</p> <p>Peut-être est-ce la raison pour laquelle il figure dans la rubrique « L'été » dans les pages « Débats ». Débat ? Manifestement, il ne s'agit pas d'une « tribune libre » gratuitement envoyée au Monde et publiée au même titre que d'autres. Plus prudent, le site du Monde présente ce récit estival comme un « point de vue ».</p> <p>BHL a-t-il été sollicité par Le Monde ou s'est-il proposé lui-même pour délayer la prise position belliqueuse qu'il avait déjà exprimée dans Le Point ? Nous l'ignorons. En tout cas, à la lecture de cet article, tous ceux qui seraient tentés de regretter le silence (médiatique) des intellectuels sur l'intervention militaire des Israéliens au Liban [1] ne pourront que déplorer que Le Monde ait rompu ce silence en proposant, en guise de pseudo-reportage et de contribution au débat, deux pleines pages de tourisme de propagande et d'autopromotion.</p> <p>On le sait : BHL ne laisse à personne le soin de décider à sa place à quelle lignée d'intellectuels prestigieux il appartient. Succédant à Mauriac, il lui emprunte le titre de sa chronique hebdomadaire dans Le Point : « Le Bloc-notes ». Se prenant pour Malraux, il cite autant qu'il le peut (ici, à deux reprises) le témoin et l'acteur de la guerre civile espagnole. Rivalisant avec Sartre, il se veut à la fois philosophe, écrivain, auteur de pièces de théâtre. Et mimant Camus rompant avec Sartre, c'est en excommunicateur qu'il congédie Régis Debray pour cause de délit de concurrence dans un article théâtralement intitulé : « Adieu Régis Debray » (Le Monde, 14 mai 1999). Ce dernier avait eu l'audace, dans une « Lettre d'un voyageur au président de la République » (Le Monde, 13 mai 1999) d'écrire ce qu'il avait vu parce que cela ne correspondait pas à ce que certains, nombre de médias en tête, prétendaient qu'il fallait voir afin de justifier l'intervention occidentale [2]. On sait aujourd'hui que la réalité était plus proche de ce qu'il avait alors rapporté que de ce que BHL et nombre de médias s'évertuaient déjà à nous faire croire [3].</p> <p>On le sait également (et la rédaction du Monde aussi...) : Bernard-Henri Lévy est un pseudo-journaliste dont la plupart des « reportages » ont livré non seulement des commentaires controversés, mais des informations plus qu'approximatives. On se souvient ou l'on devrait se souvenir du séjour du même BHL en Algérie. En 1998, il devient, pour Le Monde, journaliste de la guerre civile algérienne. En deux articles (« Le jasmin et le sang » et « La loi des massacres », les 8 et 9 janvier 1998), pour nous dire tout le mal qu'il pense des islamistes égorgeurs, il déclame tout le bien qu'il faut penser du gouvernement algérien qui avait d'ailleurs largement organisé son voyage [4]. On se souvient, ou l'on devrait se souvenir, de son « enquête » en Colombie intitulée « Les maux de tête de Carlos Castaño » (Le Monde, 2 juin 2001) [5]. Inoubliables, également ses séjours en Afghanistan et son « roman'quête » sur l'assassinat de Daniel Pearl, etc.</p> <p>Cette fois-ci, c'est en Israël que notre philosophe-trotteur nous emmène. Comme à son habitude, il ne s'agit pas pour lui de rendre compte d'une situation mais, sous couvert d'une « enquête », de nous servir ses convictions, de publier son journal de voyage et, à cette occasion, de se mettre avantageusement en scène.</p> <p>De retour d'Israël, comme toujours, Bernard-Henri Lévy ne se borne pas à livrer un témoignage personnel qui assume sa part de subjectivité. S'il est écrit à la première personne, c'est parce que Bernard-Henri, comme partout, a d'abord rencontré BHL.</p> <p><img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> Ses goûts : « Haïfa. Ma ville préférée en Israël. »</p> <p><img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> Sa biographie, dont on sait qu'il la réécrit et la révise sans cesse [6] : « Dès mon arrivée, oui, dès les premiers contacts avec les vieux amis que je n'avais, depuis 1967, jamais vus si tendus ni si anxieux [...] ». 1967 : date de la guerre des Six jours, dont on ne savait pas jusqu'à aujourd'hui, que BHL, qui avait alors 19 ans (quelle précocité !), en avait été le témoin en Israël même.</p> <p><img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> Ses interlocuteurs d'importance qu'il rencontre ou a rencontrés (pour ne pas dire : qui ont absolument voulu le rencontrer) : Tzipi Livni, « la jeune et brillante ministre des affaires étrangères », Amir Peretz qu'il compare à ses prédécesseurs (« J'ai connu, depuis quarante ans, bien des ministres de la défense d'Israël. De Moshé Dayan à Shimon Pérès, Itzhak Rabin, Ariel Sharon [...] », Ephraïm Sneh (« le patron de la zone de sécurité d'Israël au Liban sud à partir de 1981 »), le romancier David Grossman (« l'un des grands romanciers israéliens d'aujourd'hui » pour parler de son dernier livre) et enfin Shimon Pérès (« Je ne voulais pas achever ce voyage sans aller, comme chaque fois mais, cette fois, plus que jamais, rendre visite à Shimon Pérès »).</p> <p><img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> Ses œuvres. Si BHL rencontre Ephraïm Sneh dont on croit comprendre qu'il est général de réserve, c'est que celui-ci l'a « convoqué » ». Mais pourquoi ? Une cascade de questions - tempête sous un crâne - ménage le suspense, jusqu'au dénouement : « Mais je m'aperçois vite que, s'il m'a fait venir jusqu'ici, c'est pour me parler d'une affaire qui le passionne, qui n'a rien à voir avec cette guerre et qui n'est autre que le kidnapping, la captivité, la décapitation de Daniel Pearl. »... C'est-à-dire du « roman'quête » de BHL lui-même...</p> <p>BHL rencontre surtout les lambeaux de son propre imaginaire : un imaginaire qui tient lieu d'analyse de la complexité de la situation.</p> <p>BHL en Israël, ce serait Malraux en Espagne ! La guerre du Liban de 2006 ? L'équivalent de la guerre d'Espagne de 1936 : semblable aux Républicains Espagnols combattant le fascisme d'hier, l'armée israélienne affronte le fascisme d'aujourd'hui. Telle est la leçon d'histoire qui ouvre l'article de Bernard-Henri Lévy et qui en résume le sens : « C'est, aujourd'hui, lundi 17 juillet, l'anniversaire du déclenchement de la guerre d'Espagne. Cela fait soixante-dix ans, jour pour jour, qu'eut lieu le putsch des généraux qui donna le coup d'envoi à la guerre civile, idéologique et internationale voulue par le fascisme de l'époque. Et je ne peux pas ne pas y penser, je ne peux pas ne pas faire le rapprochement, tandis que j'atterris à Tel-Aviv. » Et encore : « Il faut entendre Zivit Seri expliquer, devant un immeuble crevé par un obus et dont les dalles de béton se balancent au bout de leur ferraille tordue, qu'il était minuit moins cinq, dans le siècle, en Israël. » (souligné par nous)</p> <p>BHL en Israël raconte BHL à Sarajevo. Une évocation le rappelle : « Zivit Seri, cette jolie mère de famille, toute menue, dont les gestes maladroits, sans défense, m'émeuvent comme m'émouvaient les corps de Sarajevo ». Car Israël est un autre Sarajevo : « La grande faute du Hezbollah [...] est de faire régner un climat de terreur, donc d'inquiétude de chaque instant, qui, là encore, et toutes proportions gardées, me rappelle la façon qu'avaient les Sarajéviens de spéculer à perte de vue sur le fait qu'il s'en est fallu d'un cheveu, d'un hasard, d'un changement de programme de dernière minute, d'un rendez-vous qui s'est prolongé, ou qui s'est abrégé, ou qui a miraculeusement changé de lieu - et voilà, ils se trouvaient au point d'impact de la roquette ! » Une telle angoisse, évidemment, n'est nullement partagée par le libanais ou les Palestiniens de Gaza sous les bombes israéliennes.</p> <p>La rhétorique belliqueuse de notre pseudo-Malraux (cité à deux reprises pour qu'on ne s'y trompe pas) ne recule devant aucun procédé.</p> <p><img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> Jeux de mots pitoyables : « Ce Hezbollah dont chacun sait qu'il est un petit Iran, ou un petit tyran », « les Iranosaures du Hezbollah » ;</p> <p><img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> Mensonges éhontés. Tantôt sous forme d'insinuations : « D'où vient que l'on parle si peu, finalement, de ces victimes juives tombées après qu'Israël s'est retiré de Gaza ? ». Tantôt sous forme d'allégations grossières : « une armée plus sympathique que martiale ; plus démocratique que sûre d'elle et dominatrice ; une armée qui, ici, en tout cas, me semble aux antipodes de ces bataillons de brutes, ou de Terminators sans principes ni pitié, qu'ont si souvent décrits les grands médias européens. » (souligné par nous). Notre écrivain n'est pas en panne d'imagination ! Le Monde figure-t-il parmi les grands médias qui alimentent ses fictions ?</p> <p>Admettons-le : toute prise de position, même quand elle repose sur une argumentation détaillée, peut être simplificatrice. Mais pourquoi faudrait-il qu'elle s'énonce au détriment de toute analyse ?</p> <p>Car on ne peut tenir pour une analyse de la situation cette déclaration de guerre du Bien contre le Mal : « En fond de décor, ce fascisme à visage islamiste, ce troisième fascisme, dont tout indique qu'il est à notre génération ce que furent l'autre fascisme, puis le totalitarisme communiste, à celle de nos aînés... ». Et contre cette hydre totalitaire : « une armée plus sympathique que martiale ; plus démocratique que sûre d'elle et dominatrice [...] ».</p> <p>D'un côté, des engins de guerre du Hezbollah, terrifiants : « C'est fou ce que ces engins, quand on les voit de près, créent de dégâts. Et c'est fou le boucan qu'ils peuvent faire quand on ne dit plus rien et que l'on guette juste le bruit de leur trajectoire mêlé à celui du moteur de la voiture - choc sourd et sans fumée de la roquette tombée au loin ; détonation stridente, énervée, quand elle passe au-dessus des têtes ; vibration longue, tenue comme un point d'orgue, quand elle éclate à proximité et fait tout trembler autour de vous. ». Et de l'autre : « un véritable laboratoire de guerre où des savants-soldats déploient une intelligence optimale pour, le nez collé sur leurs écrans, tentant d'intégrer jusqu'aux plus impondérables données de terrain qui leur arrivent, calculer la distance de la cible, sa vitesse de déplacement ainsi que, last but not least, le degré de proximité d'éventuels civils dont l'évitement est, ici au moins, j'en témoigne, un souci prioritaire - et pourtant... ». Et pourtant, en effet, un Liban détruit, un demi-million de réfugiés, des catastrophes écologiques, probablement 700 morts à ce jour, bref des informations rapportées par de vrais journalistes qui font leur travail en prenant de vrais risques.</p> <p>Quelle compréhension de la situation peut-on attendre d'une telle pseudo-analyse dévorée par un parti-pris aussi outrancier ? Que reste-t-il à « débattre » quand les arguments sont dissous dans un témoignage qui se prend aussi largement pour objet ?</p> <p>Que BHL soutienne la politique du gouvernement israélien et contribue à son effort de guerre est un choix politique qui, à défaut d'être raisonnable, pourrait être raisonné. Mais qu'il soumette au « débat », avec le soutien du Monde, un tract de propagande, voilà qui en dit long sur l'intellectuel dont il s'agit et sur le journal qui le publie.</p> <p>Patrick Champagne et Henri Maler, le 1er août 2006.</p> <p><img src="http://sindibad.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> Addendum : La méthode BHL [7] -. L'article de Bernard-Henri Lévy repose sur un certain nombre de procédés, toujours les mêmes, qu'il utilise depuis longtemps et qui lui permettent d'intervenir sur tous les conflits avec quasiment les mêmes mots et les mêmes stéréotypes (ou « schèmes de pensée », ...si l'on peut dire). Lors d'une journée d'études (organisée le 18 juin 2003 par le Centre de recherche en information spécialisée de l'Université de Paris 10 avec le concours de l'inathèque de France) qui était consacrée aux « intellectuels de médias », l'un des intervenants, Erwan Poiraud, pointait déjà la méthode BHL à propos d'une émission diffusée sur Arte le 20 septembre 2001 consacrée à l'Afghanistan après les attentats du 11 septembre [8]. Non seulement BHL assume le fait qu'il n'est pas un spécialiste ou un expert de quoi que ce soit, mais il affirme avec tout le culot qu'on lui connaît que c'est précisément ce qui fait sa force à lui. Contre la connaissance froide des experts, il revendique en effet une proximité avec les grands personnages (« Je ne suis pas un spécialiste de l'Afghanistan, mais je connaissais Massoud »). Il met aussi dans la balance les risques physiques qu'il aurait pris, lui, et sa présence sur le terrain, bravant courageusement tous les dangers. (« Moi, j'ai été , il y a deux ans, sur la ligne de front »). Et revendiquant fièrement sa collaboration avec Le Monde, il propose une explication passe-partout à partir de l'évocation du fascisme, mettant dans le même sac Milosevic, Khomeiny, Hitler et les talibans. Il ne manque pas d'évoquer le conflit yougoslave, Sarajevo et son rôle important. Il truffe enfin ses propos des mêmes citations de Malraux sur la guerre d'Espagne (« comme disait un grand écrivain français, Massoud faisait la guerre sans l'aimer ») que l'on retrouve à propos d'Amir Peretz : « Un ministre de la défense répondant si exactement au mot célèbre de Malraux sur ces commandants de miracle qui "font la guerre sans l'aimer" [...] » On pouvait donc savoir d'avance, dès 2001, ce que seraient ses prochains articles. Après son escapade en Israël, on sait encore mieux ce que seront les suivants.</p> <hr class="spip" /> <p>[1] Mais ce ne fut pas un silence total. Ainsi, un collectif de chercheurs, d'universitaires et d'amis du Liban a fait publier dans le même journal un encart intitulé « Halte à la destruction du Liban »(édition du 26/07, p. 3). Mais, selon l'un des signataires, pour accéder à cet espace « public » (que le Monde appelle « publicitaire »), il a fallu débourser 5934,60 euros. Le texte et la liste des pétitionnaires peuvent être consultés sur le site de l'association Babelmed. Le Monde, Le Figaro et Libération datés du 20 juillet 2006 avaient publié un encart du CRIF sous le titre : « Le Hezbollah est une menace pour la paix ». (note d'Acrimed, 25 août 2006)</p> <p>[2] Voir sur le traitement médiatique du conflit du Kosovo, Serge Halimi et Dominique Vidal, L'opinion, ça se travaille... Les médias & les « guerres justes ». Du Kosovo à l'Afghanistan, Ed. Agone, Coll. Contrefeux, Quatrième édition actualisée et augmentée, 2002. Et, ici même, notre rubrique « Guerre du Kosovo ».</p> <p>[3] Cet épisode a été évoqué par Régis Debray dans L'Emprise, Débat/Gallimard, 2000, 145 p.</p> <p>[4] Ce pseudo reportage a donné lieu à une très violente réaction de Bourdieu. Voir « L'Intellectuel négatif » in Contrefeux, Paris, Editions Raisons d'Agir,1998, p. 105-107.</p> <p>[5] Rigoureusement dépecée par Maurice Lemoine : « La Colombie selon Bernard-Henri Lévy, Le Monde Diplomatique, juin 2001.</p> <p>[6] Sur le sujet, voir, par exemple, de Philippe Cohen, BHL, une biographie, Fayard, décembre 2004. En particulier le chapitre V : « Un homme de paroles », pp. 101-122.</p> <p>[7] Publié ici le 2 août 2006/</p> <p>[8] Les actes de ce colloque ont été publiés dans Les intellectuels de médias en France, Paris, INA-L'Harmattan, 2005, (coll. « Les Médias en actes »). Sur la contribution d'Erwan Poiraud, voir notamment p. 149-151.</p> <p>Acrimed, 17 avenue des Sycomores - 93 310 Le Pré Saint Gervais. Tel : 06 21 21 36 13 - acrimed@wanadoo.fr</p></div> Un déjeuner de C.. avec Sarkozy http://sindibad.fr/spip.php?article19 http://sindibad.fr/spip.php?article19 2006-12-14T19:04:22Z text/html fr Sindibad UN DÉJEUNER DE C... AVEC SARKOZY Publié le 12-12-2006 sur www.europalestine.com Un journaliste qui a le courage de rompre les lois de l'omerta, ce n'est pas courant. Saluons donc le geste de Laurent Bazin de I>Télé, qui a publié sur son blog un récit savoureux (au moins autant que le repas) d'un déjeuner de c... avec Sarkozy. Et qu'importe si la direction d'i > Télé le lui a fait retirer : il navigue déjà sur de nombreux sites et en dit long sur les pratiques mafieuses des politiciens qui invitent les (...) - <a href="http://sindibad.fr/spip.php?rubrique7" rel="directory">Médias</a> <div class='rss_chapo'><p><strong>UN DÉJEUNER DE C... AVEC SARKOZY</strong></p> <p>Publié le 12-12-2006 sur <a href='http://www.europalestine.com/' class='spip_out' rel='nofollow'>www.europalestine.com</a></p> <p>Un journaliste qui a le courage de rompre les lois de l'omerta, ce n'est pas courant. Saluons donc le geste de Laurent Bazin de I>Télé, qui a publié sur son blog un récit savoureux (au moins autant que le repas) d'un déjeuner de c... avec Sarkozy. Et qu'importe si la direction d'i > Télé le lui a fait retirer : il navigue déjà sur de nombreux sites et en dit long sur les pratiques mafieuses des politiciens qui invitent les journalistes à des "rencontres off" et sur le peu de dignité de ces derniers qui acceptent de s'y rendre, d'être méprisés... et de se taire.</p></div> <div class='rss_texte'><p>Voilà ce qu'avait écrit Laurent Bazin sur son blog :</p> <p>"Ce mercredi midi, la rédaction d'I>télé était invitée à manger place Beauvau avec le ministre de l'Intérieur. Un déjeuner off dans la plus pure tradition, bien entendu. R.V. 13 heures... 13h15, arrivée du Ministre de l'Intérieur, souriant, costume gris élégant, chemise bleue ciel, cravate bleue soutenue. Jolie montre au poignet. Le portable est posé sur la table à sa droite. Un bouton-pressoir noir à coté du verre pour sonner les serveurs.</p> <p>Entrée en matière simple et de bon aloi : "Ah, vous êtes plus sympas là que lorsque je vous écoute parler de moi à la télé. Vous m'épargnez pas... La petite là (Valentine Lopez du service politique, assise à sa gauche, ndlr) : visage d'ange, mais elle jamais un mot gentil. Que des méchancetés. Elle me loupe jamais. Le tout, bonhomme, sans cesser de plaisanter, en fixant la directrice Générale de la chaine et le directeur de la rédaction assis en face de lui.</p> <p>Suit le refrain désormais bien connu (Charles Pasqua, l'avais étrenné en 1986 lors des manifs étudiantes) : "les journalistes de toute façon, vous pouvez pas vous en empécher. La campagne de Ségolène Royal c'est formidable, mon entrée en campagne, c'est nul. C'est sociologique, chez vous : vous êtes 2/3 de gauche, pour 1/3 de droite."</p> <p>L'entrée vient d'arriver : Coquilles Saint Jacques poëlées. Salade mélangée et volaille émincée pour le Ministre. Itélé, ce n'est donc pas sa tasse de thé ? Regard vers son conseiller en communication Franck Louvrier :</p> <p>"Ah ! Franck m'a dit de ne pas y aller trop fort, alors... (sourire) Je ne dis pas tout ce que je pense de vous. Je ne veux pas qu'on se fâche. Mais Cécilia, en revanche, elle aime bien I>télé, elle dit que c'est la chaine la plus ouverte, la plus variée. Enfin, il faut reconnaitre que vous avez beaucoup progressé"".</p> <p>L'entrée en matière épuisée, le rapport de force installé, on passe aux questions politiques. Arrivée du plat de résistance : un filet de bar sur un risotto aux champignons et légumes verts pour nous, une deuxième assiette de crudités et son émincé pour Nicolas Sarkozy (régime, régime...).</p> <p>Ségolène Royal ? Elle ne l'inquiète pas, même si il s'agace des grâces que lui font les medias. "Non, elle ne va pas s'effondrer, c'est macho de dire ça. Elle est intelligente, solide, courageuse. Non, elle ne s'effondrera pas. Mais il faut lui opposer les idées. Moi, je serais sur le terrain des idées. Poli, courtois, mais intraitable sur le fond. C'est une femme, mais c'est surtout une responsable politique. Ca fait 20 ans qu'elle est là. Et puis Ségolène Royal, c'est moi qui lui ai ouvert la voie. Si je n'avais pas pris l'UMP comme ça, contre Chirac, vous croyez qu'elle aurait pu bousculer les élephants du PS. Jamais... Maintenant, les français attendent le match. Le match des nouveaux. Ils ne vont pas être décus. Je la sens bien cette campagne. Vous allez voir le sondage IPSOS qui sort cet après midi. Je repasse en tête, j'ai 51% au second tour."</p> <p>En attendant, il y a débats à l'UMP à partir de samedi. Ca compte ? Il balaie l'affaire d'un revers de main. "Le moins possible. De toute façon les jeux sont faits. Alliot Marie a perdu 9 points dans le dernier sondageMoi je serais sur une chaise, peut-être même sans cravate. J'écouterais, je répondrais. De ma chaise. Ne pas en faire trop. Et si MAM me reprend sur la discrimination positive, cette fois je répondrais calmement. La première fois (lors de la convention du projet en novembre) j'ai été surpris. C'était une erreur". Bayrou. "Je n'en parle pas, je ne critique pas. Ses électeurs voteront pour moi au second tour, je ne l'attaquerai pas. Je dis juste qu'il se trompe de chemin".</p> <p>Le Pen. Il l'aura, un jour il l'aura... "Mais on ne fait pas reculer Le Pen en étant Ministre de l'Intérieur. Il faut pouvoir agir sur tous les terrains. Redonner espoir dans l'avenir. Redonner espoir. Dans les années 50/60 l'avenir était un espoir. Au creux des années 80/90, il est devenu une peur. Il faut redonner espoir. Le Pen il est là depuis 1983, avec les magouilles de Mitterand... On ne le chasssera pas comme ça... " Et Jacques Chirac ? Il parait qu'il regarde LCI, lui. "Oui. Il regarde toute la journée mais on ne parle plus beaucoup de lui. Franchement, je ne voudrais pas être à sa place".</p> <p>Il revient sur sa gestion de medias. Pas trop, "ca use"... Depuis la rentrée il n'a fait que PPDA, Chabot ("Trois heures, six millions de télespectateurs, vous avez vu ca ? Je suis le seul à faire ça."), Inter une fois, RTL une fois et deux fois Europe 1. "Elkabbach c'est le meilleur. Lui, il travaille. Ca me rassure". Le dessert arrive. Un flan au pomme, très fin avec sa boule de vanille couronnée d'une chips de pomme. Pour nous... Nicolas Sarkozy se contente d'un bol de fromage blanc avec son coulis de fraise (sans sucre ?) et enchaine sur sa vision de l'ecole.</p> <p>Spectaculaire mémoire. Il connait par coeur, mot après mot le discours prononcé quelques semaines plus tôt sur l'Education. "entre l'uniforme et le jean qui laisse beaucoup trop voir, il y a une marge", dit-il (mais il ne dit pas "string", parce Ségolène Royal l'a déjà fait). Je veux une école sans casquettes vissées sur la tête, sans portables, ou les élèves se lèvent lorsque le prof entre dans la pièce".</p> <p>Nostalgie ? Non, retour à quelques bonne vieilles valeurs dans un monde qui "change si vite". Les parents attablés acquiessent. Nathalie (Ianetta) demande dans un éclat de rire si il ne veut pas venir chez elle donner quelques leçons à son fils Oscar. Nicolas Sarkozy rigole à son tour.</p> <p>A cet instant, les assiettes ont disparu. On sert le café avec de joli truffes carrées et du sucre de canne. Sarkozy le guerrier, l'homme dont la jambe droite n'a pas cessé de s'agiter depuis une heure, se laisse - apparemment - aller à l'évocation de quelques souvenirs. Il raconte les plaisirs simples de son enfance. Les escapades au café avec "son grand père qui l'a élevé", le trajet en métro, le jus d'orange presque rituel de ces sorties magiques, la main dans celle du Docteur Malah. Sarkozy enfant se damnait, dit-il, pour ces moment là. Pour aller au spectacle on reservait quatre mois à l'avance. Ma mère nous achetait des vètements neufs, pour y aller... Des vètement neufs, c'était quelque chose. Attention, hein... On n'était pas pauvres. On était des bourgeois. Ca allait. Mais c'était tout de même quelquechose".</p> <p>Il parle de sa première emotion de cinéma. "Ben hur". "Avec Charlton Eston, celui de 59, hein, pas l'autre... quand je l'ai vu au Kino, ça faisait quatre ans qu'il était à l'affiche. Quatre ans, aujourd'hui un film ca rester quoi ? Trois semaines à l'affiche ?". Aujourd'hui, il adore les bronzés 3 : "14 millions d'entrées. Il faut pas cracher sur un film parce qu'il a rencontré le public. C'est comme Jonathan Littel et ses "Bienveillantes" (qu'il a lu et apprécié même si certains passages l'ont mis mal à l'aise) : "250.000 exemplaires vendus sans un seul article de presse. Il s'est bien passé quelque chose, non ? On ne peut pas le nier". Et il affirme : "moi j'ai vendu plus de 400.000 exemplaires de "Témoignages". Ca c'est quelquechose, non ?".</p> <p>Retour à la littérature. Il dit que son livre préféré c'est le "voyage au bout de la nuit" de Celine. Qu'il adore Albert Cohen, et ces quarante pages ou Ariane attend Solal dans "Belle du seigneur". Que l'écrivain ait su se glisser avec une telle précision dans la tête d'une femme l'épate. Il est très sensible à ces quarante pages ; C'est "son coté femme", dit-il. Et le voilà érudit : "C'est un livre que Cohen a écrit en 68, sur les bords du lac de Genèves. en 68... Il devait s'emmerder comme un rat". Il redevient sérieux : "Mais mon préféré de Cohen c'est le "livre à ma mère". Celui là, il l'a écrit en en 59. Et la preface, vous savez : "aux insensés qui pensent que leur mère est immortelle". Ca c'est fort, très fort. Il est 14.35, retour à la politique. Nicolas Sarkozy confie qu'il ne se voit pas faire ça toute sa vie. Surprise générale.</p> <p>"Deux mandats et c'est tout ?", glisse une journaliste. "Et encore, répond le candidat, si ca ne tenait qu'à moi je n'en ferais qu'un. Mais je ne peux pas. Tant d'espoirs reposent sur moi. Des millions de gens comptent sur moi. Je ne peux pas faire ça."</p> <p>Et après ? "Après j'irai dans le privé, gagner de l'argent. Je suis avocat, je peux réussir là. Mais j'ai aussi des amis qui me confieraient bien la tête d'une grande entreprise privée. L'argent, ça compte. Je n'ai pas de fortune personnelle. Ce qui compte dans la vie, c'est l'amour. De l'argent, c'est pour les siens, pour acheter une maison, un bel appartement. Offrir un appartement à ses enfants... Je ne veux pas être comme Giscard et Raffarin, un ancien le reste de ma vie à me trainer là, à me lamenter sur ce que je ne suis plus". 14.45. Le ministre-président-candidat est reparti avec une franche poignée de main et un petit mot pour chacun. "C'était très sympa", me dit-il en me serrant chaleureusement le coude.</p> <p>Bien entendu, cher Zbiegnew c'était off. Et oui, Charles, les cuisiners de la Place Beauvau ont le tour de main... Mais on sait maintenant à quoi servent ces rencontrent off... Alors pourquoi se priver de vous le raconter. A moins que vous ne vouliez pas savoir ?"</p> <p>lire l'article précédent Article précédent</p> <p>afficher une version imprimable de cet article Imprimer l'article envoyez cet article à un amis Envoyer cet article à un ami</p></div> le Proche-Orient pour les nuls http://sindibad.fr/spip.php?article6 http://sindibad.fr/spip.php?article6 2006-12-08T17:29:14Z text/html fr Sindibad Le Proche-Orient pour les nuls Depuis près de six ans, le gouvernement israélien tue par semaine entre 10 et 20 palestiniens, enlève les hommes et les femmes par dizaines, détruit les habitations, les champs et les infrastructures, enferme et empêche les habitants de Gaza et de Cisjordanie de circuler librement chez eux. Alors quand un groupe de résistants, "terroristes" pour les israéliens, "activistes" pour les autres, capture un soldat chargé de surveiller la grande prison à ciel ouvert qu'est (...) - <a href="http://sindibad.fr/spip.php?rubrique7" rel="directory">Médias</a> <div class='rss_texte'><p>Le Proche-Orient pour les nuls</p> <p>Depuis près de six ans, le gouvernement israélien tue par semaine entre 10 et 20 palestiniens, enlève les hommes et les femmes par dizaines, détruit les habitations, les champs et les infrastructures, enferme et empêche les habitants de Gaza et de Cisjordanie de circuler librement chez eux. Alors quand un groupe de résistants, "terroristes" pour les israéliens, "activistes" pour les autres, capture un soldat chargé de surveiller la grande prison à ciel ouvert qu'est Gaza, L'occident, l'Europe, la France et sa presse indépendante trouvent que c'en est trop pour Israël. Cet état "seule démocratie au Proche-Orient" est également le seul état à avoir le droit de tuer des civils, d'enlever des ministres et des députés élus démocratiquement, dans un pays en lambeaux seule démocratie sous occupation dans le monde.</p> <p>Il y a quelque chose d'irréel dans ce monde libre voulu par Bush et Blair. On se frotte les yeux et on tend les oreilles pour réaliser que c'est bien la réalité. Celle des bombes puissantes qui pulvérisent les réfugiés libanais sur la route de l'exode. Celle d'une télévision qui choisit de ne pas montrer ce qu'on ne doit pas voir. On se dit alors, que nous n'avons rien compris. Le malaise qu'on éprouve devant notre poste de télévision vient de notre incapacité à comprendre les nouvelles règles du jeu. Ces règles sont certainement écrites quelque part dans les cerveaux des éditorialistes de Libération, du Monde ou de France Inter.</p> <p> Il n'y a qu'à écouter et regarder ces journalistes, envoyés très spéciaux, tentant de nous vendre la version d'un conflit dont les forces en présence seraient symétriques, entre l'une des armées les mieux équipées du monde, qui en plus est soutenue par la première puissance mondiale et d'un pays dépourvu d'armée digne de ce nom.</p> <p>Depuis le début de l'Intifada, les israéliens morts suite à des tirs de roquettes palestiniennes se comptent sur les doigts de la main. Autant dire qu'un Israélien a plus de chance de mourir de la foudre que victime d'une roquette du Hamas. Pourtant on a fini par croire que les roquettes Azedine Alquassam mettaient en péril l'existence d'Israël, état dit tantôt "démocratique", tantôt "hébreu" surtout quand ça l'arrange.</p> <p>On croyait, nous les naïfs, qu'un homme valait un autre. On n'avait tort, preuve qu'on n'avait rien compris aux règles du jeu. Ce sont ces règles qui font que la vie d'un soldat israélien n'a pas de prix. Un soldat Israélien capturé, justifie que 300 arabes soient assassinés et qu'un pays tout entier soit dévasté, sans qu'on y trouve rien à redire.</p> <p>Voici, en exclusivité, ces règles que tout le monde doit avoir à l'esprit lorsqu'il regarde le JT le soir, ou quand il lit son journal le matin. Tout deviendra simple.</p> <p>Règle numéro 1 : Au Proche Orient, ce sont toujours les arabes qui attaquent les premiers et c'est toujours Israël qui se défend. Cela s'appelle des représailles.</p> <p>Règle numéro 2 : Les arabes, Palestiniens ou Libanais n'ont pas le droit de tuer des civils de l'autre camp. Cela s'appelle du terrorisme.</p> <p>Règle numéro 3 : Israël a le droit de tuer les civils arabes. Cela s'appelle de la légitime défense.</p> <p>Règle numéro 4 : Quand Israël tue trop de civils, les puissances occidentales l'appellent à la retenue. Cela s'appelle la réaction de la communauté internationale.</p> <p>Règle numéro 5 : Les Palestiniens et les libanais n'ont pas le droit de capturer des militaires israéliens, même si leur nombre est très limité et ne dépassent pas trois soldats.</p> <p>Règle numéro 6 : Les israéliens ont le droit d'enlever autant de palestiniens qu'ils le souhaitent (environ 10000 prisonniers à ce jours dont près de 300 enfants). Il n'y a aucune limite et n'ont besoin d'apporter aucune preuve de la culpabilité des personnes enlevées. Il suffit juste de dire le mot magique "terroriste".</p> <p>Règle numéro 7 : Quand vous dites "Hezbollah", il faut toujours rajouter l'expression « soutenu par la Syrie et l'Iran ».</p> <p>Règle numéro 8 : Quand vous dites "Israël", Il ne faut surtout pas rajouter après : « soutenu par les Etats-Unis, la France et l'Europe », car on pourrait croire qu'il s'agit d'un conflit déséquilibré.</p> <p>Règle numéro 9 : Ne jamais parler de "Territoires occupés ", ni de résolutions de l'ONU, ni de violations du droit international, ni des conventions de Genève. Cela risque de perturber le téléspectateur et l'auditeur de France Info.</p> <p>Règle numéro 10 : Les israéliens parlent mieux le français que les arabes. C'est ce qui explique qu'on leur donne, ainsi qu'à leurs partisans, aussi souvent que possible la parole. Ainsi, ils peuvent nous expliquer les règles précédentes (de 1 à 9). Cela s'appelle de la neutralité journalistique.</p> <p>Règle numéro 11 : Si vous n'êtes pas d'accord avec ses règles ou si vous trouvez qu'elles favorisent une partie dans le conflit contre une autre, c'est que vous êtes un dangereux antisémite.</p> <p> Sindibad</p></div>